Arachnée
Il a tué la grosse araignée. Je le déteste. Il savait bien que je ne voulais pas qu'on tue les araignées !
Cette araignée-là ! qui vivait avec nous dans la cuisine depuis l'année dernière déjà !
Un vrai crime.
Je l'avais connue à la rentrée des vacances d'été déjà, du côté de l'évier, cachée dans la coupelle d'une plante. L'humidité, certainement !
Elle avait filé derrière les planches à découper, le mixer, la cafetière et pfft disparu je ne sais comment.
Peut-être ? sûrement... dans la fente étroite, si étroite qui s'ouvre un peu plus chaque année entre le meuble et le mur.
Comment avait-elle fait pour s'aplatir et se glisser si vite dans sa cachette ?
Chic, nous vivrons avec une grosse araignée ! Comme Sido, la maman de Colette qui a séduit une araignée … Une araignée domestique qui vient boire dans la tasse de chocolat sur sa table de nuit, chaque soir si je me souviens bien !
Je la signale … Impossible de la retrouver. Et j'y pense de temps en temps en voyant la fissure.
Araignée es-tu morte ? Sûrement ? vivre sans se montrer, dans ma cuisine ? impossible.
Cette année, j'ai oublié de jeter un bouquet de pivoines avant de partir.
Au retour, fanées, les fleurs dans l'eau verdâtre croupissante.
Pouah !
Lorsque je saisis les fleurs, pfft, la grosse araignée se laisse tomber et file.
Même itinéraire, même vitesse fulgurante et même disparition instantanée. Mais cet elle ! la même encore plus grosse !
L'araignée ! la grosse araignée ! Elle était là, dans le bouquet fané ! Elle s'est évanouie derrière la cafetière !! Tu entends ?
Il savait pourtant, que selon Ma Loi, les araignées de maison – Et les autres – on les laisse, ou bien, si trop gênantes, on les déplace délicatement, dans un mouchoir en papier. Ailleurs ?
Ailleurs, c'est sur le rebord de la fenêtre, ou sur le balcon. Et …Bonne chance !
La morale de l'histoire (destinée à Mémoire, hihi)
Il faut toujours se méfier, un peu de ses proches.