Discussions de la communauté

Derniers messages

Les derniers messages postés.

Page 211

Mémoire 88 Tout et rien Divers

Bonsoir tous.
Cette 5ème fable est ma version de la fable "Le Corbeau et le Renard" d'Ésope reprise dans les Fables de La Fontaine. Aucune des 2 morales me plaisant, je décidais de la réécrire puis d'ajouter une seconde partie. Ma fable a reçu le second prix aux "48 h du polar" (ce n'est pas un polar et j'étais en concurrence avec des écrivains professionnels), elle a été 1ère étoile à Calipso et plusieurs éditeurs m'ont dit que si un jour je voulais la publier, ils la publieraient. Elle l'a finalement été dans la revue Etherval 16 "Fabula".
Mon texte a 2 particularités : il débute dans l'humour cynique et se termine en drame qui fait pleurer (il faut bien tuer ses héros à répétition sinon on ne fait plus que les choisir chaque fois) et il est écrit avec mon style particulier : atteindre les limites autorisées de la grammaire et de la syntaxe pour déclencher chez mon lecteur un ralentissement de sa lecture afin qu'il imagine ce que je suggère.
Il a aussi une autre spécificité : des instituteurs l'ont fait lire à leurs élèves de primaire ♥
"La saga de Rainette"
"Qui donc pourra faire taire les grondements de bête ?" (« Annihilation » - Homo plebis ultimae tour). Hubert-Félix Thiéfaine
La suite :
🐸🐸🐸
Un pont fut construit à l'endroit où sévissait Rainette et elle ne trouva plus de jeunes scorpions candides pour traverser sur son dos. Elle fut licenciée de son travail et décida de retourner à sa mare natale. Privée de drogues, elle se désintoxiqua assez vite de son poison.

**************05- L'ombre noire.**************

Naître corbeau, sur un arbre perché de surcroît,
____________________________________ne prédispose guère à la modestie de mauvais aloi.
Dame Rainette batifolait par petits sauts au pied du saule où se trouvait le corvidé. Elle se souvenait de la gageure avec ses amies : « Tu n'oseras jamais ! » Il s'agaçait de ce manège typique, cadencé par le « on me voit, on ne me voit plus, et on me revoit, hop disparue… » conséquent de l'herbe haute. Incessant, le mouvement prit fin lorsque le batracien avisa l'oiseau sur la branche et s'approcha de sa chaire.
— Coucou Maître Corbeau, coassa la grenouille, vous guettez ?
— Non, Dame Rainette, croassa le freux, j'attends ma fiancée.
— En retard, je suppose ?
— Comme souvent, hélas.
— Est-ce un cadeau ce petit paquet posé, précaire, à votre droite ?
— Oui, pour elle.
— Laissez-moi deviner… à l'effluve… un fromage ?
— Oui, c'est si bon...
— Camembert pasteurisé : quelle faute de goût !
— Elle adore.
— Ça schlingue et pas qu'un peu. Indigne de vous, si distingué, à l'élégance rare et doté d'une intelligence supérieure.
À ces mots, le corbeau ne se sentit pas de joie : son plumage en frétilla ; il se redressa afin d'accentuer son avantage. De sa position privilégiée, il adressa un regard amène à sa minuscule laudatrice. Soudain, il se remémora l'ancienne embrouille avec le renard près de la fontaine : « Elle veut chouraver mon fromage ! » Un coassement le tira de sa rancoeur.
— Admirez ces fleurs au parfum suave ; lorsque vous lui conterez fleurette, elles suggéreront votre dessein… Abandonnez donc ce juchoir et suivez-moi !
— Et si elle arrive ici avant nous ?
— Nous n'allons pas nous éloigner, ça ne nous prendra qu'un instant.
— Et si elle nous surprend ensemble ?
— Ne craignez point le ramage… oups ! Du ravage de la jalouse renaît la flamme de la douce.
Notre curieux couple sautillant partit en vadrouille. La petite lui montra la sauge, il en cueillit quelques, la rose avec laquelle elle lui enleva le relent du cadeau maintenant oublié, et d'autres. Lié à l'aide d'un fétu de paille, le bouquet final s'enrichit de variété, chatoya de couleurs, combina les senteurs. Au retour de la balade, le camembert avait disparu, remplacé par une charmante oiselle toute de noir vêtue, l'air un tantinet énervé sur son perchoir. Le duo éphémère se sépara. Tandis que la rainette rejoignait ses amies, un vif échange opposa les deux amoureux.
— C'est à cette heure-là que tu te pointes ? croassa, stridente, la freux.
— Mais c'est toi qui…
— Et qui est cette grenouille ?
— Rien qu'une amie.
— Et ce cadeau, tu l'as mis où ?
— Je l'avais déposé là, il a dû choir.
— Elle te l'aura chapardé, grand nigaud !
— Mais non, on ne s'est pas quittés.
— Ben voyons !
— Regarde le bouquet…
— Pff ! des fleurs. Et tu cocottes en plus. La prochaine fois, je me la croque ta groupie !
Au bord de la mare, entouré de plusieurs batraciens, reposait le fromage ravi.
— Et tu crois vraiment qu'il va éclore quoi ? coassa l'un. Je ne vois que des vers.
— On parie ? défia Dame Rainette. Avisez donc ces asticots : vous pourrez dans peu de temps savourer une myriade de mouches, les fameuses Piophilæ casei !
🐸🐸🐸
Quelques jours passèrent… Maître Corbeau sous un arbre déchu tenait en sa tête ce langage : « Être ou ne pas être freux ? Ou alors se dénicher un trou, s'y coucher, se couvrir de terre ou d'immondices et se dissimuler au monde ? » Au lieu d'une sérieuse introspection, il se résolut à changer de piédestal ; un noisetier cette fois. Deux petits animaux, un lérot et un écureuil, s'amusaient, se chamaillant au-dessus de lui, à savoir qui irait au bout d'une branche effilée cueillir une ultime noisette. Ils cessèrent quand ils aperçurent l'oiseau noir.
— Tu te souviens de l'arnaque du renard ? chuinta le rat-bayard.
— Bien sûr ! glapit le mignon rouquin, et j'ai assisté à la rapine des batraciens la semaine dernière. Tu as suivi l'affaire ?
— De loin. Rien n'a éclos au final. Et Dame Rainette jura qu'on ne l'y prendrait plus.
— Il a encore acheté un fromage. Qui donc le lui chipera ?
Ils gloussèrent à l'unisson. Oui, il en avait apporté un autre et avait choisi un camembert au lait cru grâce aux conseils de la grenouille. La dulcinée se posa à l'heure, enfin. Son arrivée calma les railleurs.
— Oh ! mon chéri, tu as pensé à moi, sourit-elle d'un tendre bisou.
— Et, cette fois, personne ne me l'a dérobé, se vanta-t-il, très fier d'avoir anticipé les astuces des voleurs : il avait coincé le cadeau entre de solides branches.
— Laisse-moi à l'instant m'enivrer de son fumet. Mais il n'est…
— Le fromager l'a sélectionné pour moi…
— … pas pasteurisé ? Pouah ! Tu connais mes goûts pourtant.
— Il m'a affirmé qu'il serait bien plus savoureux.
— J'en veux pas de ton affiné.
Elle saisit l'objet avec le bec, le jeta au loin et partit sans même dire adieu. Maître Renard qui passait juste sous l'arbre profita de l'aubaine et déguerpit avec son larcin inespéré. Pauvre corvidé plaqué, humilié, incompris, risée du bocage à la prairie, des eaux aux cieux… De son perchoir, il chut au sol, terrassé par le chagrin…
______________________________ Et se tordit la patte.
Il claudiqua vers une haie de roseaux pour se cacher de la cruauté générale. Dans cet abri, Dame Rainette affûtait une libellule et aiguisait sa langue en vue de son gobage. L'irruption du désespéré la troubla et elle rata sa cible.
— Encore vous ! protesta-t-elle.
Devant l'air étiolé du volatile, elle refoula sa rancune. Elle aussi avait été grugée… son précédent fromage avait été ravagé par le dernier raz de mare et les asticots noyés.
Il cria, elle soigna.
______________________________ Il raconta, elle écouta.
______________________________ ______________________________ Il s'épancha, elle absorba.
______________________________ Il pleura, elle étancha.
Il chouina, elle le moucha.
— Je vais vous le chercher, ce camembert. C'est bien Maître Renard qui vous l'a barboté ?
— Oui ! Vous êtes sûre de…
— … Et certaine, par la ruse !
Elle s'éloigna, laissant son compagnon à sa mélancolie. Durant sa courte quête, elle se tracassait surtout du portage de l'objet au retour. Elle avait espéré en vain l'aide de quelques grenouilles. Certaines tentèrent de la dissuader, d'autres la traitèrent de folle, aucune ne la suivit. Déçue, elle continua sa mission, ébranlée toutefois par les incitations à la prudence de ses copines, inquiète au cas où elle devrait affronter seule ce terrifiant adversaire : elle n'aurait que sa malice et son agilité à lui opposer… Vint l'instant du doute. Regrettait-elle déjà la déraison de cette promesse irréfléchie ? Elle fut tentée de rebrousser chemin et de s'excuser auprès de son nouvel ami : la tâche s'avérait au-dessus de ses petites forces, elle s'était montrée trop présomptueuse. Bien sûr, dès demain matin, il porterait plainte et elle courrait lui en procurer un autre. Elle imagina la déception : « Si vous aussi, vous m'abandonnez… » Irait-il lui-même se faire justice ? Elle ou lui, le combat serait perdu d'avance. Et elle se sentait si coupable !
Elle décida de continuer et débusqua son Graal dans un sous-bois. Le coquin avait entamé son butin. Elle envoya d'abord des pierres espérant ainsi le distraire de son festin ; puis tâtonna le cri canin, jappa vaguement, glapit à grand peine, entonna un confus « Waaaaah » ; elle bredouilla même un dernier « Haro ! » ouï de la bouche d'un pêcheur. Aucun effet sur le canidé ; alors elle sautilla tout autour de lui afin de détourner son attention. Ce manège effronté fonctionna mieux que prévu, le renard la poursuivit… Par deux fois elle échappa à sa morsure ; hélas, elle se fatiguait et paniquait. Le prédateur réussit à la coincer ; pour éviter le troisième coup de crocs, elle effectua un saut de côté et retomba sur une pierre saillante. Elle ne se releva pas, étourdie par le choc ; le goupil s'apprêtait à la dévorer lorsqu'une ombre noire plongea sur lui. Le corvidé volait à son secours ; son attaque en piqué causa des dégâts près des yeux du carnassier qui abandonna sa proie. Les coups de rostre dissuadèrent le maraudeur de terminer son repas et il s'enfuit pantois.
Le corbeau posa sur son dos l'aventurière, un peu sonnée par l'agression, saisit en son bec le fromage et s'envola. L'oiseau atterrit près des roseaux et constata alors que Dame Rainette s'était assoupie. Il la déposa avec précaution sur un nénuphar tout juste échoué. Il s'aperçut que son plumage dorsal était taché de rouge. Inquiet, il examina la grenouille et trouva une minuscule plaie au ventre qui saignait beaucoup. Elle se réveilla.
— Alors, vous l'avez mangé ?
— Non, pas encore. Mais vous êtes blessée.
— Une égratignure, ce n'est rien, ça ne saigne déjà plus, vous voyez.
Les derniers mots furent prononcés dans un souffle. Elle toussa puis se reprit.
— Dégustez-le donc, ce mets.
— Oui… il est exquis… Vous voulez goûter ?
— Non, merci, je ne mange pas de laitages… et je n'ai guère faim. Régalez-vous !
Il picora sans enthousiasme, davantage pour faire plaisir à son héroïne. Elle somnolait en le regardant puis s'endormit et se mit à trembler. Le freux se coucha sur le dos, installa la petite bête sur son poitrail et rabattit son aile sur elle. Les frissons cessèrent, elle semblait heureuse de cette douce chaleur et souriait.
Dans la nuit, il sommeillait à demi lorsqu'il crut entendre crier son amie :
— Pas les vers ! Aide-moi.
Il ouvrit les yeux ; elle affichait toujours son sourire et dormait ou… Elle avait juste cessé de respirer. Un croassement pathétique déchira l'obscurité.
🐸🐸🐸
Au matin, les riverains de la mare découvrirent le corps sans vie de la rainette déposé sur un nid de brindilles et de paille mêlées, et une épaisse couche de plumes noires. Ses pattes avant ramenées sur sa poitrine tenaient une rose rouge. Deux silex étaient appuyés au pied de ce monticule. Personne ne revit jamais le freux, mais dans les temps qui suivirent, nombre de renards devinrent borgnes ou aveugles, et l'ombre noire hanta longtemps les alentours.

FIN de la saga de Rainette.

Heure bleue. Tout et rien Divers
Coucou Yvan, ( Réponse pour Garcia Marquez)

Réflexe professionnel sûrement !
J'ai un principe de base lorsque je publie des textes empruntés à des auteurs, recueillis dans des revues, enfin tout texte ne provenant pas de ma réflexion propre, d'en noter précisément les sources. C'est une question d'éthique et plus que cela, c'est « rendre à césar ce qui est à César » et surtout c'est permettre au lecteur de vérifier et d'avoir confiance dans les informations qu'il reçoit. Cela permet de limiter sa propre instrumentalisation et de se laisser influencer au nom de la Culture. Un Prix Nobel ! c'est un être dont l'oeuvre pèse …
Concernant ce texte …J'ai eu comme une hésitation en le lisant. Le style … Ce n'était pas le style des romans que j'avais lu …mais je ne connaissais pas tous ses romans et puis les phrases prononcées pouvaient avoir été écrites dans quelque article. Alors ? Pourquoi pas ! Et puis le contenu me convenait.
On a tendance à croire ceux qui expriment nos idées et les gravent sur le papier !

Merci, Yvan d'avoir fait cette recherche.
CAMP59 Les news Discussions sur le jeu de tarot
Au moins j'aurai réussi à vous faire marrer. Le VIEUX ne crie pas Au secour pour qu'on lui explique tout de long en large mais apprend par lui même
NANAR30 Les news Discussions sur le jeu de tarot
Désolé j'ai oublié une troisième phrase de votre humoriste protégé qui se décrit comme étant " MOI, le VIEUX.

C'est moins drôle mais cela mérite, peut-être, une vingtaine de jetons compétition : "Apuyer sur le bouton LN, avec ou sans motif, c'est RAPIDE et à la PORTEE de TOUS"
A mon avis pas un sujet de philo ... domaine de la réflexologie ? rhumatologie? gérontologie ?
Guenhwyvar Les news Discussions sur le jeu de tarot
ah, j'oubliais
vous avez 2 heures, après je ramasse les copies;
Et ensuite on me ramasse à la pelle
Guenhwyvar Les news Discussions sur le jeu de tarot
sujet de philo
croyez-vous que la réflexion soit un moteur d'engagement pour une action qui n'a pas lieu d'être ?
A vos marques, prêt, partez
A vos jetons compétitions :)
lol
NANAR30 Les news Discussions sur le jeu de tarot

Bonjour,
Super on parle d'HUMOUR . Il faut des récompenses...surtout s'ils ne paient pas !

Je propose que celui qui écrit : "Moi, le VIEUX je ne vous félicite pas " soit récompensé par l'octroi de 100 jetons compétition!

Celui qui écrit "REFLECHIR sur l'action que l'on va réaliser nécessite un peu de REFLEXION " reçoit 50 jetons compétition à condition d'autoriser l'utilisation de cette phrase en sujet de Philo.

PARIS SG Les news Discussions sur le jeu de tarot
@ schtroumph malagauche

L'ami en question en est au même point que toi.

Si ta la réponse avant lui tu pourras glousser comme tu sais si bien le faire hihi je te taquine mon poto.

Pognes de schtroumph péteur
Nerkan Les news Discussions sur le jeu de tarot
Re...
Peut être plus dans le second cas...Le DDJ est accessible à tous, soutien ou pas. Surtout qu'avec le soutien on peut jouer ensuite un défi du jour soutien.
Nerkan Les news Discussions sur le jeu de tarot
@Camp,
Il est bien prévu , comme je l'ai indiqué plus haut, que la jouerie du DDJ, n'est pas visible tant que le défi est en cours, justement pour éviter la tricherie. Donc il n'y a pas de sujet sur ce point.
Bonne fin de journée
Piotr Szut Les news Discussions sur le jeu de tarot
ok, donc réservé aux joueurs "soutien" ou uniquement si on y a participé? N'étant ni dans l'un ni dans l'autre des 2 cas, je ne vois rien
Yvan 225 Tout et rien Divers
Coucou,
Concernant les écrits que je poste , ceux-ci proviennent d'un compte auquel je me suis abonné sur X ( ex twitter) et je les vérifie sur Google.
Celui-ci après vérification a été attribué à Gabriel Garcia Marquez en majorité mais il paraît que c'est faux .
Je n'ai pas cherché plus loin et il m'a beaucoup plu .
CAMP59 Les news Discussions sur le jeu de tarot
Et la tricherie vous en faites quoi ? Un joueur fait lle défi du jour , voit le déroulement et montre ce déroulement à un petit copain ou copine et puis voilà.......Encore une fois tout n'est pas négatif, il y a des raisons pour cette. decision de l'administrateur
.