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Tout et rien

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Hier j'ai vu le film "L'Emploi du temps"

Hier j'ai vu le film "L'Emploi du temps" de Laurent Cantet librement inspiré de l'affaire Jean-Claude Romand (un autre film inspiré de la même affaire existe "L'Adversaire" de Nicole Garcia). Et cela m'a rappelé un souvenir.
J'ai travaillé beaucoup de temps dans une multinationale américaine d'informatique, d'abord en RP puis dans l'est. Étant révoltée notamment par les conditions particulièrement le harcèlement (2 suicides dans l'établissement où j'allais travailler dans l'est), je me suis syndiquée et j'ai effectué nombre de voyages à Paris pour participer aux paritaires...
C'est lors d'un de ces voyages qu'un collègue m'a raconté une histoire proche de cette affaire Romand.
Quand j'étais à Paris, je déjeunais souvent avec Joël l'ingénieur d'affaires avec qui je travaillais et lors d'un de ces retours à Paris, je me suis inquiétée de ne plus le voir et on m'a raconté alors l'"histoire".
Il avait démissionné parce que son ami d'enfance, André, s'était suicidé. Et cet ami d'enfance était comme lui chef de service dans notre entreprise. Mais il avait été licencié "à l'américaine" peu de temps après mon départ pour la province. C'est à dire un matin le cadre dirigeant arrive à son job, 2 heures plus tard il repart avec son carton d'objets personnels et un chèque (souvent pas très généreux) et comme les hauts cadres sont peu syndiqués et revendicatifs... ça passe même en France.
Et il n'avait rien dit à personne et avait rompu tout contact avec Joël. Donc tous les matins, il partait de chez lui et faisait comme s'il bossait encore. Et comme il était plutôt de la "haute", il avait maintenu ses activités : tennis, golf, chasse, écoles privées pour ses enfants et femme à la maison...
Pour garder tout cela, il s'était ruiné complètement une fois le chômage et l'indemnité de départ épuisés. Il avait souscrit des crédits à n'en plus finir. Quand les huissiers se manifestèrent pour saisir ses biens, il se suicida alors laissant sa famille ruinée et surendettée pour des années.

Réponse de Vulcain 2

Ces situations ne sont pas acceptables soyons positifs au moins celui là n'a pas assassiné sa famille....

Réponse de NEUTRON

Pourquoi mettre des histoires aussi tristes sur le forum ?
Ne sommes nous pas ici pour passer de bons moments et oublier nos soucis ?

Réponse de Glad

Comme les publications/papier: de la boîte aux lettres direct dans poubelle recyclable..

Caloukys, 26/07/2020 19:45 :
quelle honte un tel jugement et très irrespectueux !!!
CAMPHIN 83, 26/07/2020 20:05 :
Ayez au moins le respect du texte car votre réponse est à Ecrire sur papier WC
la dolce, 26/07/2020 21:05 :
et encore, tu es dur avec le papier WC...
skaya17, 27/07/2020 09:07 :
pourquoi tant d animosité..? pour un film ou envers la personne..?...pour la bonne ambiance..?..ou la mauvaise ambiance...?...pfff

Réponse de la dolce

Bonsoir,
Je ne vois dans la publication de Mémoire, qu'un souci de partage et de prévenance, voire de protection : en ce moment précis nous vivons des événements qui vont à l'encontre de toute logique humaine.
L'argent est pour certain un but, non un moyen, ce qui fait hélas toute la différence. Alors sur un site de Tarot me direz vous pourquoi ?
Dans la mesure où le forum héberge des sujets disparates, relevant de domaines très éloignés de la technique tarotistique, pourquoi ne pas permettre à notre écrivaine de venir nous enrichir de ses expériences ?
L'accueil que vous lui avez réservé dans vos posts de 17h21 et 17h57 n'est pas des plus froids, mais carrément des plus cassants. Vos messages pouvaient largement se faire via MP, et si vraiment sa publication ne vous plait pas, ayez la courtoisie de ne pas y répondre en public.
Quand vous êtes invités à un repas, vous ne dîtes pas c'est "dégueulasse", mais vous goûtez par politesse, et laissez le reste.... rassurez - vous, on ne vous proposera pas de vous resservir.
Vous perdez l'occasion de vous enrichir des multiples expériences qu'auraient pu témoigner Mémoire, fussent-elles drôles ou si peu. Tout n'est pas rose dans la vie, si celà est le cas pour vous, tant mieux...
Vous auriez pu lui accorder des réponses de Gentleman et Gentlewoman... enfin bon... Peut-être que certaines références du forum, d'un niveau proche de celui de la mer, sont plus appréciées ........
Cordialement.

Mémoire 88, 26/07/2020 19:54 :
Merci la Dolce Vita, oui cette histoire est triste comme la vie l'est parfois et peut-être même de plus en plus souvent. Cette histoire ne fut pas aussi triste que l'affaire Roman (dont on a parlé il y a peu lorsque le criminel a été libéré après avoir purgé sa peine), elle est aussi plus ordinaire (l'affaire Roman ne l'est pas) : ne pas assumer la perte de son emploi.
Oublier nos soucis, on le fait en jouant, en écoutant les propositions des contributeurs de la pause musicales, en riant parfois d'une blague sur le sujet dédié.
NEUTRON, 26/07/2020 20:30 :
Quand on met un texte en ligne sur le forum il ne faut pas s'étonner que nous répondions sur le même support La Dolce Vita.
Ce texte me fout le bourdon, devais je faire des circonvolutions pour le dire ?
Le talent des auteurs n'est pas gage de partage de ce talent, on a le droit de détester.
En plus quand je vois des commentaires de comptoir de bistrot quant à la place de l'argent dans notre société, là je dis stop, inutile de chercher à nous culpabiliser en appelant indirectement à remettre en cause un système qui par ailleurs présente bien des avantages.
Des malheurs il y en aura toujours, quelle que soit l'économie en place, ne soyez pas naif.
Je préfère lire "ce qui va bien", ne pas me flageller inutilement (bien qu'il parait que ce soit bon pour la circulation du sang)...
la dolce, 26/07/2020 21:12 :
@ Neutron, mes commentaires ne s'inspirent pas de conversation de zinc de bistrot, pour fréquenter d'autres lieux. Par contre, vous semblez avoir été touché par le parallèle fait entre l'argent, l'orgueil et le pouvoir qui certes arrangent bien les choses, selon des avis que je partage ou non. Je n'imposerai pas une pensée unique concernant ce sujet.
Pour ce qui est du bistrot, je pense que la place de certains blagues issues des "brèves de comptoir" publiées dans le salon, ne méritaient même pas les égouts.
Nous n'avons pas les mêmes échelles de valeur.

Réponse de la dolce

qu'aurait pu témoigner--

Réponse de la dolce

bonsoir,
Dans la semaine j'ai re re regardé le film intitulé "la folie des grandeurs".
Un pastiche hautement comique au premier abord, certes deux heures de franche rigolade, sur une musique de Polnareff qui anime avec brio chaque scène.
Un retour vers l'histoire de l'Espagne du 17ème siècle, décors somptueux, affaires romanesques, costumes magnifiques, on en a plein les yeux, tout n'est que beauté, rigolade, suspens... les couleurs de la vie sont magnifiquement interprétées par des acteurs illustres....
Voilà une vision simpliste, superficielle mais au deuxième abord....... personnellement j'y vois le pastiche d'une époque fort contemporaine : mensonge, marivaudage, flatteries, hypocrisie, adultère, toutes les bassesses possibles et imaginables au service de l'argent, de l'orgueil et du POUVOIR.
Alors, si drôle que celà la folie des grandeurs ?

CAMPHIN 83, 26/07/2020 20:10 :
Non pas drôle mais rendue acceptable par la qualité des acteurs
Molière avait écrit Tartuffe il était sur la bonne route

Réponse de Glad

Bonsoir @ tous.
Tous les après-midi ou le soir, j'essaye de venir jouer au tarot, pour me détendre et rencontrer des personnes sympathiques, qui comme moi aime ce jeu.
Depuis trois ans, tous les matins, je rencontre la misère , la souffrance et le désespoir, et cela de plus en plus, je ne regarde plus les infos depuis belle lurette.
Alors vos commentaires et vos copinages à trois balles ne me touche plus.
Allez dans la rue, rendez service aux démunis, et on en reparlera de ces posts, qui n'ont rien à faire sur un forum de tarot.
Sur ce, bonne soirée .

Marilyne, 26/07/2020 20:31 :
Bonsoir glad si je peux me permettrre...tu dis que ces posts n ont rien a faire sur un forum de tarot , pourtant ils ont autant de legitimité que les blagues , la pause musicale , les animatione et la poesie qu on trouve sur ce forum et qui n ont rien a voir avec le tarot , si on suit ton raisonnement.Il ne peut y avoir 2 poids ..2 mesures. Bonne soiree
CAMPHIN 83, 26/07/2020 21:22 :
@MARYLINE
Cette réponse esr bien adaptée
la dolce, 26/07/2020 21:25 :
Je rejoins Caloukys, Mémoire et Marilyne, faut savoir si on vient UNIQUEMENT pour j'essaye de jouer, .... me détendre.... sympathiques, ou pour faire des commentaires désobligeants, et revendiquer un désintérêt pour le sujet (lol). Contradiction entre la volonté de simplement jouer mais au passage on vient faire un petit tacle, juste pour supposer des "copinages à trois balles" (encore une élégance lol !!), bref...... le lecteur appréciera.

Réponse de Caloukys

rubrique du forum /

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Tout est dit , ce post a bien sur sa place sur le forum... Quant a ceux que cela gène et bien qu ils s abstiennent de commenter..

Merci MEMOIRE de ce partage

NEUTRON, 26/07/2020 20:38 :
Vous aimez, ça n'engage que vous Caloukys, mais vous n'avez surtout pas à demander à ceux qui n'apprécient pas de se taire et passer leur chemin.
Caloukys, 26/07/2020 20:48 :
Que j aime ou pas n a rien a voir la dedans, je respecte le fait de partager des choses bien écrites dans une rubrique qui s y prête.. il n est pas acceptable que des personnes interviennent pour être juste irrespectueuse et cassante
la dolce, 26/07/2020 21:08 :
@ Neutron, personne ne demande à personne de se taire, il y a des manières plus courtoises pour exprimer sa désapprobation, ou dire que le texte est triste.

Réponse de --- DIABLOTIN ---

Hello ! Des histoires tristes ou rigolotes intéressent (plus ou moins) toutes les personnes "susceptibles" de les voir et donc, ont fort bien leurs places, (malgré tout) dans ce forum hétérogène. Surtout ne pas les jeter "vraiment" dans une poubelle comme certaines pubs envahissantes ! Donc, cet « avis » contraire me parait exagéré. Bof, à réfléchir ? Good bye !

CAMPHIN 83, 26/07/2020 20:40 :
On aime ou on n'aime pas ce genre d'histoire mais je trouve la réponse de MARYLINE adaptée

Réponse de Mémoire 88

Je ne pensais pas déclencher de telles réactions... c'est d'ailleurs plutôt Glad par sa réponse désobligeante qui provoque des réactions.
Aucun joueur n'est obligé de lire tout le forum, si un sujet déplaît, on passe au suivant sans pour autant commenter si on n'a rien à dire.
Je comprends qu'on veuille se distraire bien sûr, mais s'informer de sujets réalistes, parfois tristes, c'est aussi cela l'Internet.

Réponse de la dolce

@ Neutron, mes commentaires ne s'inspirent pas de conversation de zinc de bistrot, pour fréquenter d'autres lieux.
Par contre, vous semblez avoir été touché par le parallèle fait entre l'argent, l'orgueil et le pouvoir qui certes arrangent bien les choses, selon des avis que je partage ou non. Je n'imposerai pas une pensée unique concernant ce sujet.
Pour ce qui est du bistrot, je pense que la place de certaines blagues issues des "brèves de comptoir" publiées dans le salon, ne méritaient même pas les égouts.
Nous n'avons pas les mêmes échelles de valeur.

CAMPHIN 83, 26/07/2020 21:27 :
Pour les Brèves de comptoir écrites et imposées ,elles ne sont pas non plus d'un grand niveau et pourtant personne ne les critique

Réponse de --- DIABLOTIN ---

Salut ! Il est normal que des réactions franches de personnes équitables viennent soutenir un thème (bien mieux narré surtout, que certaines brèves de comptoir) parfois rengaines, car maintes fois serinées ! Intervenir pour dire les mêmes phrases et nous « suggérer » de faire le bien dans la rue est plutôt « risible » surtout quand on « agresse » facilement pour rien ! Donc, cette révélation me parait bien ambiguë ? La bonté « passe » toujours par une grande mansuétude humble. La misère à toujours existé partout et ce, depuis des siècles. Actuellement, c'est pire hélas, (à cause du néfaste fléau) alors une histoire, - (même triste) - peut être racontée sans être « absolument » désavouée avec hargne ! Carpe diem. Ciao !

Réponse de skaya17

bonjour tout le monde

...quelle ambiance...!
un film est un film...

il y a la pause musicale qui est intéressante par la diversité des musiques que l on peut écouter..
il pourrait peut être y avoir la création de " la pause film " pour la présentation et découverte des film anciens ou nouveaux..par thème...

bonne continuation et ZEN pour une histoire de film...

Réponse de 41elliryc

@Memoire88

Hello!!!

C'est très plaisant de te revoir poster sur le forum régulièrement et sous différents thèmes.

Tes qualités d'écrivaine ainsi que ton expérience du site sont très intéressantes pour apporter des nouvelles idées et réfléchir à celles ci de manière "démocratique" mais surtout audible à la compréhension de l'écrit.

De manière globale, il y a deux esprits chez l'être humain: ceux qui sont attirés par les lettres (côté spirituel) et ceux qui attirés par les chiffres (cartésien).

Etant donné qu'il existe sur le site, plusieurs endroits où les joueurs peuvent échanger sur des sujets autres que le tarot, je ne vois pas où est le problème que tu publies ce sujet (hormis les lois sur les droits d'auteurs et l'utilisation sur internet).

Chouette, j'ai réussi à écrire un commentaire en moins de 25 lignes^^

Bons jeux à toi

Mémoire 88, 27/07/2020 11:58 :
Merci tout plein !

Réponse de NEUTRON

Le résumé qui nous en a été proposé ne m'incite pas du tout à aller voir ce film.
Merci pour m'avoir évité de perdre mon temps.

Mémoire 88, 27/07/2020 12:49 :
Non, Neutron, je ne raconte pas le scénario du film "L'Emploi du temps", mais voir ce film m'a rappelé une histoire vécue dans mon entreprise multinationale.
J'ai vu il y a plus longtemps le film directement inspiré de l'affaire Jean-Claude Romand, "L'Adversaire", qui lui correspond à l'affaire elle-même (un ex étudiant en médecine qui fait croire à tous y compris sa femme et ses enfants qu'il a réussi brillamment ses études de médecine et qu'il travaille à l'ONU à Genève en tant que chercheur alors qu'il passe ses journées à errer sur les routes ; cela a duré 18 ans avant que la vérité ne soit découverte et... )
Le film "L'Emploi du temps" ne fait que s'en inspirer de loin et correspond à la situation de mon collègue : un haut cadre licencié qui fait croire qu'il a un emploi alors qu'il ne cherche même pas et vit grâce à la générosité de sa famille et de ses amis. la fin de "L'Emploi du temps" est d'ailleurs totalement différente de ce fait divers criminel.
--- DIABLOTIN ---, 28/07/2020 02:36 :
Contrairement à cet avis, plutôt "rêche" selon moi ou autres (pour le moment) nous "pensons" que cette tragique histoire ne doit pas être occultée. Tant mieux si un "bon film" relate alors "soigneusement" le parcours de cet homme indigne, obnubilé par diverses abjections maléfiques liées à son délire incroyable. Malheureusement il fut trop longtemps un "grand" manipulateur surtout crédible (envers son entourage) et pas découvert avant ses horribles forfaits. Hélas car, pour chaque époque, des êtres subissent de multiples violences inexcusables ! (D'autres cas presque "similaires" et impardonnables ont défrayé la chronique aussi).

Réponse de Terra Incognita

Il me semble totalement légitime que, sur ce site qui propose un forum, les joueurs s'expriment sur des sujets qui les intéressent et qui irriguent, traversent, interrogent leur vie et notre époque. Libre à chacun de les lire ou pas.....et de commenter.
Cependant, comme on le voit dans de nombreux commentaires on sent comme un désir de contrôle des sujets publiés et une violence sous jacente . Des jugements et du mépris aussi. Lorsque celui-ci émane de modérateurs, qui exercent un pouvoir de contrôle,on peut parler d'intimidation, n'est-ce pas Neutron.? On ne peut à la fois jouer sur tous les tableaux sans provoquer des polémiques.
Votre dernier post de 12 h 15 aurait suffi à mon avis.
Je soutiens la démarche de Mémoire.

NEUTRON, 27/07/2020 14:10 :
Ce n'est pas le modérateur qui s'exprime mais le joueur fréquentant ce forum avec ses goûts personnels.
Aucun désir de contrôle de ma part, juste un avis contraire affirmé.
Ne mélangez pas tout.
Heureusement que vous n'êtes pas modérateur, vous m'auriez déjà censuré...
Il ne s'agit pas de soutenir Memoire ou pas, juste de donner mon avis sur un sujet qui lui tient à coeur.

Réponse de Vulcain 2

@bonjour terra,

Mémoire poste régulièrement des sujets interessants.Je suis la première a échanger sur ses posts divers.

Ceci dit, Neutron a également le droit de s'exprimer et d'argumenter sur un sujet qui lui parait sensible.

Il est intolérable qu'il se voit accusé d'intimidation car telle n'est pas sa démarche.

Mémoire 88, 28/07/2020 20:54 :
Merci :)

Réponse de --- DIABLOTIN ---

Salut ! À chacun(e) ses avis ! Le mien positif, - comme certains - (dans cette publication réaliste) vaut les négatifs. Donc, même si on est, (pour ou contre) ce récit navrant, il ne faut être obtus ? Quand une rédaction (hors tarot) « gêne » certaines personnes axées uniquement pour le jeu, (voir de « rares » motifs plus haut) et bien, il ne « faut » pas la zieuter que pour « livrer » des gloses (plutôt antinomiques) et surtout hors sujet. Ciao !

Réponse de Terra Incognita

Neutron,
une de mes fautes est de ne pas avoir lu assez attentivement votre premier post, cela m'apprendra, Et je vous prie de m'excuser.
Mais avez-vous bien lu le mien ?
Je ne soutiens pas Mémoire mais sa démarche . Autrement dit j'aime son initiative de même que je trouve juste le texte de 41 Ellyric.
Quant à Anastasie, nous n'avons aucun atome crochu elle et moi.
Ne me prêtez pas donc pas des intentions si vous n'acceptez pas que l'on vous en prêtes aussi.

Caloukys, 27/07/2020 20:16 :
Terra, merci d avoir préciser, je profite de votre écrit clair pour dire aussi que je soutiens la démarche et initiative dans ce forum de MEMOIRE après notre avis perso sur le texte nous appartient a tous
Mémoire 88, 28/07/2020 20:51 :
Merci :)

Réponse de Mémoire 88

finalement quand on échange sereinement, tout se passe bien :)
J'en profite pour vous afficher une de mes fables qui est publiée par un de mes éditeurs pour la seconde fois depuis son écriture. Bien qu'universelle est est très actuelle et en plus c'est une fable arithmétique :)

Surpopulation.
Jadis, une jeune rainette partit en quête d'une mare inhabitée. Elle avait mal vécu toutes les mutations de sa jeunesse dans la promiscuité et le surpeuplement, et aspirait à un havre de paix et de sérénité.
Elle en dénicha une toute petite : le charme d'une fine pellicule verte, le calme du lieu et aucune autre grenouille à l'horizon. Le soir venu, gavée d'insectes volants guère effarouchés par ce mignon animal, elle se résolut à passer sa nuit sur le superbe nénuphar flottant au milieu du minuscule étang.
Au réveil, elle découvrit un second nénuphar juste à côté du sien. Sans y prêter attention et curieuse des alentours, elle explora les rives et les abords du plan d'eau. Elle perçut un aimable coassement et se dirigea vers la source de ce chant. Un charmant batracien fredonnait une douce mélodie qui émut fort la rainette. Son coeur en chavira tant que, au crépuscule, ils se retrouvèrent l'un contre l'autre à échanger de doux câlins.
Le lendemain matin, enlacés sur la rive, rassasiés de bonheur, ils aperçurent quatre nénuphars. Elle se sentit dolente en fin de matinée et son compagnon pourvut à tous ses besoins. En début de soirée, la souffrance empira ; soudain, deux petits oeufs surgirent. Le couple néophyte s'émerveilla de ces pontes inattendues. L'amant s'empressa de confectionner d'adorables berceaux emplis d'eau et les installa au pied des fleurs pour aider peut-être aux mues prochaines. Au petit jour, la flore aquatique avait encore doublé. Un quatuor de copains de son nouvel amoureux vint en visite et choisit de rester dans ce paradis. De proche en proche, d'amis en connaissances, de frères en soeurs, de cousins en cousines et d'éclosions en sus, chacun des nouveaux nénuphars, toujours prolifiques eux aussi, se trouvait occupé : certains par une grenouille, un couple, une jeune grenouillette... ou d'autres abritant des pouponnières.
Hélas, un matin, la mare se réveilla presque submergée par la multiplication de ces lis d'eau. On les tassa un peu, on optimisa leur place, et ainsi l'étendue liquide réapparut sur la moitié de la surface.
La population adulte se regroupa afin de décider des mesures à prendre pour résoudre cette crise. Fallait-il déménager avant demain vers un autre étang où la nage redeviendrait le sport favori de toutes les grenouilles de plus en plus incommodées par la pullulation végétale ? Ou alors, au prix de quelques travaux d'agrandissement, cette mare maudite se révélerait-elle suffisante pour accueillir la totalité des familles batraciennes et florales actuelles et à venir ?
D'ailleurs en fin de réunion, d'un commun désaccord, après maint calcul complexe, moult débats houleux et un vote kif-kif, le problème de la surpopulation animale ne se posa plus. Ceux qui pensaient qu'il fallait partir dans l'instant s'en allèrent alors sans attendre le lever du soleil... notamment notre jeune rainette, son galant et leurs deux cent cinquante-six rejetons : elle savait que le lendemain, les nénuphars auraient vaincu et occuperaient tout en se dédoublant une dernière fois. Comme elle, ils devaient connaître les secrets de l'arithmétique.

NEUTRON, 27/07/2020 22:15 :
L'histoire ne dit pas qui payat les allocations familiales...
Yareg, 28/07/2020 00:16 :
Tant va l'eau à la fontaine qu'à la fin, heu, je sais plus !
--- DIABLOTIN ---, 28/07/2020 00:55 :
Tant va l'eau à la "FONTAINE de Jean" qu'à la fin tout déborde ?
--- DIABLOTIN ---, 28/07/2020 01:12 :
Moralité : une grenouille calcule (fort bien) et anticipe parfois mieux que moi ou autres, (lol) certains problèmes de "liquides" à venir ?
Mémoire 88, 28/07/2020 03:51 :
Pourquoi 2 "grincements" ?
Terra Incognita, 28/07/2020 18:48 :
Mémoire,

Je ne m'exprime pas sur le forum à propos des deux posts publiés par Neutron et Diablotin au sujet de votre fable Surpopulation.
Je ne veux pas allumer le feu ou le réactiver.
Je comprends qu'on vous fait un procès d'opinion !
La manière de faire et de dire est indigne.

Et ce n'est pas la première fois que je constate je genre d'indignité, et des contradictions à la pelle...

Cette manière de faire vise-elle à faire taire ?
J'ignore.
On peut gloser sur le sujet.

Il me semble qu'une bonne réponse consisterait à continuer à donner des textes, à chroniquer...j'ai vu ...j'ai lu... etc, etc..
C'est le sens que je donne en postant Mon jardin, un soutien à votre démarche et un encouragement à la poursuite...Il serait tellement sympa que d'autres s'expriment!!
Je vous souhaite une bonne soirée.

Réponse de Yareg

Bonsoir les zami e s,
Quand je publie des brèves de comptoir, c'est juste pour essayer de faire sourire ou pleurer des ami e s sur des écrits qui ne sont pas de moi, mais qui m'ont touché d'une manière ou d'une autre, jamais pour me faire de la pub personnelle ou des inimitiés, libre à vous de partager ou non, la touche désamitié est facile à utiliser.
Je précise que ces brèves ne sont destinées qu'à mon salon d'amis.

Mémoire 88, 28/07/2020 03:45 :
OK, mais quel rapport avec le sujet ???
Yareg, 28/07/2020 08:20 :
On m'attaque, je me défends c'est tout !
Yareg, 28/07/2020 08:26 :
Commentaire d'une personne n'étant pas dans mon cercle d'amis et pas censée lire mes brèves : "Pour ce qui est du bistrot, je pense que la place de certains blagues issues des "brèves de comptoir" publiées dans le salon, ne méritaient même pas les égouts."
NEUTRON, 28/07/2020 09:04 :
Eh oui, les brèves de comptoir de notre Ami Tareg n'ont d'autres intentions que de nous faire sourire et je préfère de loin ce type de publication que des poésies à message politique en toile de fond et aux raccourcis démagogiques.
Tonton pourquoi tu tousses ?....
mimie., 28/07/2020 09:25 :
Les brèves de comptoir ne sont pas de la littérature et n'en ont jamais eu la prétention. Elles sont d'ailleurs dénuées de toute affectation littéraire.
Elles font partie de notre patrimoine, peuvent être de mauvais goût, emplies de sagesse populaire, humoristiques, absurdes ...
Les brèves de comptoir sont de qualité inégale, elles ne sont que la transcription écrite de propos tenus ... dans des cafés. Elles sont nous ; nous sommes tous amenés, un jour dans notre vie, à tenir ces discussions dont nous ne serions peut-être pas fiers s'ils devaient faire l'objet d'une publication. Alors sourions-en et faisons preuve d'humilité.
Bonne journée à tous
CAMPHIN 83, 28/07/2020 14:37 :
Tareg
"On m'attaque je me défends"
OK mais quand tu m'envoies un message ou que tu écris "Camphin tu trolles le sujet Pause Musicale " tout simplement parce que je mettais beaucoup de titres et autres remarques ,je me défends comment ???Tout simplement en boycottant ce sujet pause musicale Peux t'on se défendre face à un Modérateur sur ce site ? et Comment?
Les modérateurs se soutiennent à juste titre mais ne soutiennent pratiquement jamais un joueur qui reçoit à tort ou d'une manière indélicate une remarque d'un modérateur
Tu n'est pas attaqué mais critiqué pour tes brèves de comptoir et moi elles ne me font pas sourire car trop abondantes le chat du salon est d'une certaine façon trollé
Marilyne, 28/07/2020 16:10 :
@camphin.Aucune defense possible ; aucun recours face a un modérateur pour se plaindre d un autre modérateur. C est la regle...on s y soumet ou on quitte le site . Tu ne peux qu enlever ce joueur moderateur de ton salon d amis et eviter de te retrouver avec lui en partie ou sur certains themes sur le forum. C est ce que j ai fait , je ne m en cache pas. Je n appreciai pas son comportement et " ses blagues " au salon...et ça depuis un petit moment et puis il y eu un declencheur....bref. Lui meme avait ecrit que si on n etait pas content ,on n avait qu a le sortir de nos amis . Donc le message a ete clair , bien recu . Il n y a eu aucune ambiguité de sa part et de la mienne quant a ma reaction suite a " cette recommandation ".
Yareg, 28/07/2020 16:22 :
@Camphin, 30 posts musicaux en 2 ou 3 heures ce jour là ! C'est beaucoup comparé à mes 4 ou 5 lignes de brèves quotidiennes dont tu peux te dispenser, il ne tient qu'à toi !
--- DIABLOTIN ---, 28/07/2020 16:30 :
EFFECTIVEMENT, les brèves de comptoir ne sont pas vraiment de la grande littérature et peuvent faire "marrer" (selon qui les raconte) avec un phrasé (souvent vulgaire) pendant certains apéritifs (en privé) ou, lors de grosses beuveries entre "poivrots" (lol) dans un certain contexte. On peut alors rire de tout mais, pas dans une communauté hétérogène ignorant l'alcool ou se "modérant" envers lui, surtout quand on est dans ce beau site de tarot qui n'est pas conçu pour de telles choses parfois très immorales et excentriques ?
Donc, ne plus dépasser les bornes ou enfreindre le règlement dans certains cas ! (Il concerne tout le monde). HEIN ?
Yareg, 28/07/2020 16:34 :
Comme certains virevoltent aisément du côté de la liberté ou de la censure selon l'interlocuteur, sans oublier l'insulte et l'accusation gratuite au passage !
--- DIABLOTIN ---, 28/07/2020 19:59 :
Questions injures, bibi en a reçu de nombreuses dont certaines furent serinées en plusieurs fois.
J'ai du même faire quelques rapports circonstanciés avec les dates et heures.
Bien sur, je dispose les enregistrements de mes allégations et peut fournir par mails toutes les preuves irréfutables.
Le hic est que je n' insulte jamais même contre les pires !
Diablotin préfère répondre avec humour (quand cela est possible) et lorsque on lui "permet" ce droit !
Yareg, 29/07/2020 14:34 :
Comme disait Desproges : "Bonjour ma colère, salut ma hargne, et mon courroux coucou !"

Réponse de Terra Incognita

Bonjour et coucou

Il me plait que Mémoire ait publié ici, une de ses oeuvres maintenant, dans cette rubrique.
La diversité des participations, créations littéraires, petites histoires et récits, poésies et autres, que ce soient des tentatives ou des textes plus aboutis, toutes ces participations donnent à voir les facettes multiples de chacun de ceux qui fréquentent ce site et sont bien intéressantes.
C'est un grand mérite pour celui-ci que de donner cette possibilité aux joueurs. Se distraire, se changer les idées, plaisanter, échanger, sourire mais aussi de partager leurs productions les lire, les apprécier, ou bien les négliger.
Les textes publiés ici sont pour tous. Libre à chacun de faire son marché.
Il fut un temps, où tous les matins en ouvrant le journal on se précipitait, enfin moi !! sur certaines s et le feuilleton.
Chroniquons.
Feuilletonnons%u2026

Mémoire 88, 28/07/2020 20:50 :
Merci :)

Réponse de Terra Incognita

Et voila voila ... ce que m'ont inspiré les PAROLES D'OISEAUX de TONDJO

Mon Jardin et ses histoires...de WaZoo aussi...

Mon jardin, mon champ, mon pré, mon parc, si tant est qu'on le possède se trouve au sommet de l'arrondi du plateau marneux, d'argile, de craie et d'ocre bourré de silex qui domine le val où sinue la rivière.
Une zone où affleure le fond des mers secondaires du bassin parisien. Une de ses particularités, ce sont ces silex de toutes formes qui remontent sans cesse de ses entrailles.
Certains ressemblent à des boules presque parfaites, des petites, des plus grosses.
J'en ai ramassé dans la forêt. Elles sont belles les forêts de Puisaye. Mes boules de silex étaient noircies, comme si passées dans le feu.
Nous sommes ici dans une terre d'occupation ancienne. Des vestiges de descendants de Néandertal et Sapiens (cavernes et grottes de la Cure) y ont été découvertes, les Sénons, peuple celte, les gaulois et les romains s'y sont installés et des châteaux médiévaux y sont partout.
De fameuses batailles s'y sont déroulées. Je cite ici celle de Fontenoy qui opposa les petits-enfants de Charlemagne et qui s'acheva avec le partage de l'empire.
Forte de ce savoir, je me suis imaginée que ces boules de Silex étaient des boulets pour catapultes ou autre arme ancienne. Après tout, ces sphères de pierre ont peut-être servi à cela aussi.
Ah l'imagination qui arrange le monde .

Pour en revenir aux silex, jouer à les casser... C'est beau dedans ... c'est coloré, c'est poli, brillant, et ça tranche. Et parfois, oh ! surprise, une cavité, vide ou bien un fossile !

Les silex ? amis ou ennemis des hommes ?
On sait leur utilité préhistorique mais maintenant ?
L'argile ici digère, avale sans cesse la terre arable qui file dans ses tréfonds, et je ne sais pourquoi les silex font le voyage inverse. Ils remontent à la surface, inlassablement...
C'est alors la cata pour les machines agricoles. Régulièrement de grosses machines les extirpent et les entreposent le long des champs. Les recycler ? mais pas sur les routes, ça coupe.

Mon Jardin dessous ... c'est comme ça....



Je répète, je répète " MON jardin"...
Mais que possède-t-on ici-bas ?
Il m'arrive de penser que c'est lui Mon jardin qui me possède et que lui-même est possédé par toutes ces choses vertes. Les courtes et hautes herbes, celles qui coupent, irritent et agrippent, les rampantes ; les lianes qui montent à l'assaut de la moindre tige rigide et fabriquent des guirlandes fleuries, les arbustes et arbrisseaux aux fruits colorés et aux épines acérées, redoutables ; les arbres victorieux, qui se hissent, s'élargissent , volent la lumière et condamnent leurs confrères du dessous à végéter. Enfin toute une cohorte d'espèces s'y livrent de sourdes luttes, silencieuses et sans merci.
A la vie, à la mort.
Elles se tortillent s'enlacent, s'utilisent, s'appuient les unes sur les autres pour se hisser vers la lumière et s'asphyxier, s'étouffer, s'étrangler, s'exterminer.
Regardez le film en vitesse accélérée !!! Et vous la verrez la guerre des végétaux et ses 1000 et une astuces.

Cela se passe ainsi dans mon jardin, à la lumière.
Et dans les profondeurs ? sous terre, dans l'argile, sous l'humus ? Pauvre, pauvre%u2026 humus ! Là où tout pourrit, se décompose et se putréfie, là où tout se transforme et se recycle, une lutte tout aussi acharnée se mène en toute discrétion.
Entre les crevasses, les terriers et les galeries de quantités de bestioles, les racines, cheminent, s'allongent, s'épaississent, se nouent, s''enchevêtrent, s'enfoncent.
Rien d'une sinécure. Struggle for life ...Les spécialistes disent que les champignons et leur mycélium leur donnent un coup de main.
Et pourquoi ? Pourquoi ? mais pour Vivre, pour nourrir, abreuver, perpétuer la lignée !
Ah ! Mon jardin !!!
Ce n'est pas ici que se déploie la vie pépère. S'y joue la guerre. Sournoise, sans relâche, obstinément.
S''y invitent aussi et régulièrement des envahisseurs redoutables. Les scolytes. Vous connaissez ? ils ont envoyé ad patres deux grands mélèzes, anciens arbres de noël.
Et quand le vent se déchaîne, pas toujours frivolant, le vent, il assoiffe et parfois d'un seul grand souffle abat les arbres les plus fiers.
Deux grands pruniers gisent, mais en bons pruniers, bons parents, ils continuent de nourrir leurs rejetons reine-claude et leur murmurent : « Ne laissez pas la lignée disparaître, vous me devez bien ça ».
La pluie d'hiver, insistante gonfle la terre et floc, floc. Et la boue qui colle, colle et alourdit les semelles.

Il y a une suite ...

Comment vivez-vous vos jardins vous ?

NEUTRON, 29/07/2020 10:32 :
J'ai aimé ce texte
Mémoire 88, 29/07/2020 11:11 :
Jolies descriptions, beau texte, très bien écrit :)

Réponse de Yareg

Bravo Terra, ta Terra me semble très cognita !

Réponse de tondjo

hello,
les 2 textes, celui de Mémoire qui ouvre le sujet et celui de Terra qui "jardine sur du silex", j'aime beaucoup, vraiment !
L'un et l'autre font jouer des émotions dans des registres différents...les 2 me touchent. Rien de pire que l'absence d'émotion. L'art est là pour nous faire vivre des émotions, le beau et le gentil sont des émotions, mais s'il n'y avait que celles-ci...quel ennui ! Du coup la laideur et la méchanceté (visible dans certains tableaux par exemple) déclenche des émotions et laissent des traces, des empreintes, qui nous construisent et nous font grandir tout autant, elles nous font appréhender le monde et son humanité en nous montrant des facettes, il est vrai, pas toujours reluisante. L'art est complexe, utile et surtout pas dans un registre unique...parfois on n'aime, parfois pas...le pire étant quand il nous indiffère. Bravo les filles :)

Mémoire 88, 28/07/2020 20:49 :
Merci :)

Réponse de Caloukys

Qu'il est navrant de voir de tels propos et échanges personnels sur un sujet ouvert inintéressant et relevant le niveau du forum. Décidément, chacun devrait peut être rester à sa place et régler ses comptes en privé. MEMOIRE ouvre un post intéressant et avec de la hauteur, personne ne respecte

Mémoire 88, 28/07/2020 21:32 :
Merci :)
CAMPHIN 83, 29/07/2020 07:43 :
Ces 2 textes on les lit ou on ne les lit pas mais inutile de lancer une critique personnelle car franchement ça n'est pas plus intéressant
Deux écrivains sur ce site et combien de Poètes conservons les
Bee.., 25/08/2020 19:08 :
Mais si caloukys il y a des joueurs qui défendent Mémoire si tant est qu'elle ait besoin de défense. Son histoire est triste mais réelle nous ne vivons pas dans un monde de bisounours et pour une fois je ne suis absolument pas d'accord avec Neutron. Sur le forum nous pouvons parler d'autre chose que de tarot et nous pouvons partager nos émotions merci donc à tous ceux qui font appel à notre sensibilité

Réponse de Yareg

D'autres écrivains plus discrets fréquentent ce site, bonne journée à toutes et tous

Réponse de Terra Incognita

Mon Jardin ( suite)

Je suis dans une chaise longue, sous un grand sapin bleu, un arbre de noêl recyclé.
Je regarde, ça pousse partout, ça envahit, la haie est échevelée de nouveau, les berces de Mongolie s'y logent avec force et insistance.
Pffff, dirait le chat que je ne possède pas et qui se marre, là sur sa branche, entrain de rêver une partie de chasse à Wazo.
Pffff, Il faudrait mettre de l'ordre, libérer lilas de la chienjit et faire disparaître de ma vue ce bosquet tout roux de thuyas que les ronces agressent, enveloppent.
Tailler, élaguer, mettre de l'ordre un peu. Le désordre, c'est bien, c'est fort, la révèle de nouvelles beautés ...mais ça menaçe aussi, n'est-ce pas ?
J'ai lu dans un ouvrage sur les jardins que les jardins du sud, les fabuleux jardins persans et andalous, ceux des oasis, faire pousser des plantes demande des efforts considérables aux hommes pour amener l'eau ...l'eau...l'eau.
Dans notre zone tempérée le problème n'est pas là. Il s'agit ici de ne pas se laisser envahir par les choses vertes.

De la vallée, la brise du soir amène des puissantes senteurs.
Le parfum du fumier ? Vous aimez, vous ?
Moi, j'aime le chant du coq et le son des cloches claires ou fêlées.
Je rends les armes. Je vais laisser faire...

Quatrième épisode

Mon jardin a une histoire ...qui est une partie de la mienne aussi.
Lieu-dit La Ronce.
Vraiment le nom adéquat, je n'en veux pas d'autre.
La sauvagerie, l'acharnement, les épines, les ronces%u2026.
La Ronce :
-« Hey !! vous voulez m'éliminer ? Je vais résister, je vous avertis.
-Je me ressème, mes racines vont ramper et mes rejetons resurgiront, là où vous ne les attendez pas. C'est assuré.
-Quant à ma génitrice, bardée de ses larges épines, celle qui est logée au beau milieu du noisetier. Coupez-la, à ras.
-Allez, chiche ?
-Je vous préviens, l'année prochaine, elle renaîtra et avant que vous l'ayez repérée, elle aura une tige bien griffue de 3 cm de circonférence et je serai entourée de rejetons tout aussi inaccessibles. Ici, là, et plus loin encore, coupez une tête et 1000 surgiront dans le gazon. Essayez, allez %u2026. Je veille.
-Mais, peut-être, peut-on négocier ?
-Si vous me laisser prospérer, une année sur deux, pour le moins. Si vous m'abreuvez un tantinet quand je sèche, vous pourrez recueillir mes baies.
-Hey ! Pas si ignorant ! croyez-vous que je ne sais pas votre goût prononcé pour confitures, gelées et sorbets ? Et les tartes ? Et les pâtes de fruit ?
-Alors ..... entre barbares de bon aloi, on le ratifie ce pacte ? ».

5me épisode

Mon jardin existait avant que je le connaisse.
Il ne m'appartenait, si tant est qu'on puisse le posséder comme vous savez.
J'y étais invitée. Ma belle- famille, bien parisienne du 20ème arrondissement, adresse Passage Ronce, y avait jeté son dévolu.
Mon jardin était encore un pré à vaches, cerné de barbelés où s'accrochaient des ronces, des aubépines, des églantiers, des pruneliers et autres épineux. Et entre eux, de ci, de là des poiriers à poiré se tordaient, envahis de gui.
Pas une once d'ombre. Le cagnard. implacable en été.
La vie sous la tente, un robinet, un compteur électrique.
Les premières plantations : des bébés bouleaux de la forêt de Fontainebleau, un petit chêne de la forêt voisine. Croissance laborieuse, très laborieuse.
Puis une caravane, le confort !

Et la construction d'une baraque en bois nommée le Saloon, décorée comme un saloon avec une poutre pour attacher les chevaux virtuels.
A côté, les petits bouleaux, puis la cabane du Shérif pour les outils et son appentis ou lieux d'aisances. Un embryon de petit village de bois %u2026roux un plafond presque transparent qui laisse passer la lumière%u2026.

Nous étions dans les années 70. Tout était possible.

Un barbecue bricolé, une fontaine en parpaings. La vie est belle.

On fait tout dehors, la cuisine, les grillades sous les étoiles, la vaisselle.
On se balade, on explore, on joue au foot, on tire à l'arc on fait des fêtes, on collectionne les silex. Contre mon gré on en cerne des massifs. On va au marché, on découvre l'épicerie, les quincailleries, véritables cavernes d'Ali Baba.
Il y un oncle ingénieux et bâtisseur, qui parle comme on le faisait dans le 20ème et c'est vraiment drôle, et qui joue de l'harmonica et du clairon.
Rassemblement %u2026Au clairon.
Il part régulièrement en expédition à la « la Samaritaine ». « On trouve-tout à la Samar». La Samar ? autrement dit la décharge. Je n'ai pas compris instantanément.
S'ensuivait le recyclage, d'où l'intensive fréquentation de la quincaillerie !
Voilà pour les premiers pas vers la civilisation de Mon Jardin.
Le Pré à vaches ? On ne savait pas vraiment, au début, c'était là où le sol y était si pauvre qu'on ne pouvait qu'y faire paître le bétail.
Il fallait l'éprouver et admettre que la campagne, l'élevage, la culture, c'est pas si facile !! et ici en Puisaye pas facile du tout.

Avec beaucoup d'efforts, des plantations, des morts précoces, des replantations, ils, nous en avons fait Mon jardin.
D'échecs en petites réussites.
Le potager a échoué. Les framboisiers, groseillers et Cassis%u2026Morts-nés
Les rosiers vieillissent, ils sont en famille avec les églantiers et les ronces.
De grands arbres ombragent, enfin : deux immenses érables, et un plus petit asphyxié par les autres, un catalpa comme une immense ombrelle aux fleurs enivrantes en Juillet, des Bouleaux, des pins, des sapin , des épicéas, des thuyas, une allée de noisetiers surnommée l'allée du roi. Et un noyer, le second, un châtaignier le second aussi successeurs de feues les premiers, des pruniers, pommiers qui prolifèrent et s'entremêlent faute d'entretien. Les poiriers sont morts, les cerisiers ont du mal.
Un temps Mon Jardin ressembla à un petit parc presque ordonné. Tranquillement d'année en année la végétation gagne la bataille et de petits fouillis, des mini-jungles l'envahissent inexorablement.

J'abandonne la lutte, je peux plus, je regarde, je contemple.

Suivra peut-être ...si gestation arrive à son terme une suite.

Mémoire 88, 30/07/2020 12:32 :
Je continue à beaucoup aimer ton récit rédigé avec une jolie plume !

Réponse de tondjo

il existera des chèvres génétiquement modifiées, de ces insatiables débroussailleuses, infatigables bouffeuses de ronces et de chiendent auxquelles les scientifiques auront attaché le gène dominant du paysagiste...et là, nous feront valoir notre droit à la contemplation béate...une boulimie de contemplation sans que 2 jours de répit n'ouvre la voie à la barbarie épineuses.
Il existera, dans 2000 ans des chèvres-paysagistes connectées, qui seront nos précieuses alliées...en attendant, nous mangeons du pain noir pour gagner 2 mètres sur les lignes ennemies. Comme une guerre des tranchées, avec la boue, la sueurs et le sang des ampoules éclatées, des griffures de ronces et les coups de baïonnettes de l'épine noire qui nous plante ses longues dagues qui infectent nos corps...c'est un combat qu'il est, je crois, préférable de ne pas gagner. Gagner ce combat signifierait la fin de la beauté sauvage, la fin de cette danse entre l'homme et la nature...

Mémoire 88, 30/07/2020 11:58 :
J'aime ton analyse !
Terra Incognita, 30/07/2020 12:09 :
Coucou,
Tout comme vous et avec mon amie Flore ...qui ne s'appelle pas Flore.

J'ai gardé les chèvres ...avec ma tante il a des lustres ... et il doit bien y avoir dans mon grenier un petit texte dans la veine nostalgique, ressortira-t-il de dessous la poussière ?

Réponse de Terra Incognita

Coucou,

Voila ... la fin de mon trip Jardin...

Le jardin de Flore et de ses chats,

J'ai une nouvelle amie dans le village. Elle a un curieux jardin, vraiment très original. Le Paradis dit-elle.
Il est à l'image de mon amie qui tient la gente humaine en piètre estime. Son système de valeurs est bien et solidement hiérarchisé.
Tout au sommet il y a les règnes animal et végétal, et au sommet du sommet
les Chats.
Chez elle, deux chats sacrés, pas des chats sacrés de Birmanie, mais des chats de gouttière, récupérés. Un noir et blanc et un roux. Sexe indéterminé, vous imaginez bien pourquoi.
Deux chats, puis un seul qui a survécu à tant d'amour. Larmes.

A la manière des chats, sans se fatiguer, ils gouvernent la maison, le jardin, mon amie et son tendre époux (bof) qui marchent à la baguette et, le sourire aux lèvres obéissent.
Des chats emprisonnés dans leur paradis si on regarde les choses de mon point de vue mais bof encore !
Ici les ils ont toutes les libertés, enfin presque. En sont exclues, principalement la liberté de voyager et celle de torturer les petites bêtes du genre souris et consorts et oiseaux, même pour jouer.

C'est ici que commencent les divergences avec mon amie, Flore, et renommée
Pâquerette, parfois pour taquiner.
Je précise, nos divergences concernent la manière de regarder, de se comporter, et de communiquer avec les plantes et les animaux mais aussi de regarder et gérer nos jardins.

Après de longues palabres sur l'état du monde, avant, maintenant, pourquoi ? comment ? Après des projections hasardeuses dans le futur, l'analyse pointue des gouvernances, la bonne, la mauvaise, tous ces sujets qui en général mènent à des impasses et fâchent, il faut respirer.
Dernier verre %u2026Clap de fin%u2026 Chacun chez soi%u2026
On s'appelle ?
Rien de bien original.
Et cela se répète alternativement à une terrasse de bistrot et évidemment dans Mon Jardin et au Paradis.
Conformément à sa philosophie Flore dit que Mon Jardin est un grand Paradis et le sien Le Paradis, tout simplement.

Grand Paradis ? vous avez lu plus haut comment ça se passe ? La Jungle, le purgatoire plutôt.

Le Paradis de Flore, son Royaume est étonnant, insoupçonné. Un jardin secret.
Il se profile, en douce, derrière une haute maison et de grilles enveloppées de lierre et d'une vieille glycine.
Le portail ? Par ici, sur le côté.
Non, non pas de sésame, une clochette, un tour de clé et le portail s'entre baille.

- « Attention, les chats ! ils sont où les chats ?
- Vite, il ne faut pas qu'ils sortent, ils vont se faire écraser%u2026 ».

Ici on pénètre au Paradis à l'extrémité d'une île cernée par les deux bras de la rivière qui se rejoignent. L'île est née il y a des siècles de la volonté des seigneurs du lieu, les maitres des eaux, qui aménagèrent le cours d'eau à des fins que je n'ai pas encore élucidées.
De hauts et vieux murs qui fatiguent un peu consolident l'île, la protègent des grosses eaux et se terminent par un muret bas, romantique à souhait, qui clôture le Paradis et duquel on scrute l'eau qui s'écoule, coule, coule.

Les chats, à ma connaissance, n'ont jamais plongé pour recouvrer la liberté. Ni même pour se rafraîchir la patte.
Il est à noter que là, là, où les puissantes racines des très grands et vieux arbres des rives s'étirent, se chevauchent, s'entortillent et forment des trous d'eau sombre, grouillent et rôdent d'énormes poissons au ventre blanc nommés chevennes. L'attraction et de quoi intimider un petit chat, même très décidé.

Voilà débusqué Le Paradis de mon amie et de ses chats qui, aisé à comprendre est possédé par des êtres tout droit sortis de légendes des temps les plus reculés. Des temps où d'étranges créatures cohabitaient avec les hommes.

A l'ombre de la voûte, que forme le feuillage des arbres des rives, comme une immense ogive, d'autres arbres. Qui font ce qu'ils veulent.
Des arbres que je ne vais pas nommer car Flore, la nymphe, dit que les nommer est insignifiant dans le monde des arbres et que de toute façon cela ne changerait rien à rien. Il faut se contenter de les enlacer, de s'unir à eux, de les écouter, de chuchoter des douceurs à travers leurs écorces pour les encourager à pousser et leur rendre justice de la violence des hommes.
Depuis des siècles et des siècles que cela dure !! il s'agit, ici et maintenant de les aider à s'épanouir jusqu'à leur mort, une belle mort naturelle après une vie tranquille au bord de l'eau.
En quelque sorte, dans son domaine Flore rend justice aux petits animaux et aux plantes.

Il arrive parfois, j'en suis sûre que Flore se change en sylphide et se glisse dans les troncs, les traverse sous les yeux du chat qui feule au clair de lune. Chut%u2026

« Croissez%u2026 croissez » dit-elle, « je veille au grain », « et particulièrement, sur vous, les exterminées systématiquement, les moches et les faibles, les mauvaises herbes et les moins mauvaises ».
Et d'entourer les chardons de petites barrières, les paquets de pâquerettes aussi, de tutorer les plus fragiles, d'interdire l'accès de petits espaces protégés au nom de je ne sais quel décret non publié.

F- « Non, non, ne marche pas là, ne l'écrase pas !! »
F- « regarde comme elle est belle ! »
Moi - « Non, elle est moche ».

Et de s'armer d'un ciseau de couturière et d'une pince à épiler pour lutter contre le chiendent.
Car fée ? magicienne ? ou pas ? elle a bien remarqué que cette herbe-là exagérait.
J'exagère un peu, moi aussi. Enfin presque pas.

Dans le jardin de Flore il y a quelques pots qu'on appelle Médicis, l'un d'eux est le domaine réservé du chat, un autre le plus beau, est totalement recouvert de lierre, des rosiers grimpants se partagent le mur de la resserre avec le lierre. Des touffes de buis censés border la terrasse bourgeonnent dans tous les sens et débordent. Et sous les feuillages, par les fortes chaleurs d'été, on est bien dans le Paradis de Flore.

- « Il faut les tailler, Flore, regarde, les buis se gênent »
- « Ah ! non ! » dit-elle avec les yeux aussi.
- « Ah ! non ! ils sont beaux, laisse-les vivre »
- « Mais ça va mal se terminer

Fin

Réponse de tondjo

Des tranches de vie qui respirent la vie :)

Terra Incognita, 30/07/2020 14:31 :
oh! la la, je m'épanouis, déjà en voie de fanaison !!
Mémoire 88, 01/08/2020 16:47 :
Terra Incognita , je suis d'accord avec Tondjo, votre histoire est belle, elle respire la vie, notre dame nature peuplée de belles choses et puis ces chats qui sont là pour la réguler un peu, parfois beaucoup trop, il est vrai.
Je loue depuis 6 ans une maison avec un terrain très grand (comprenant un hangar abritant une volière et des clapiers.,. déserts) et 2 choses sont remarquables dans l'esprit de votre récit :
- chaque fin d'après-midi une vieille dame vient, siffle, appelle une bande d'une demi-douzaine de chats, elle s'est engagée à les nourrir et à s'occuper de ces félins qui appartenaient à un vieux monsieur entré en EHPAD et quel que soit le temps, le confinement elle fait sa visite et ils viennent !
- pour la nature, il y a notamment parmi les arbres fruitiers un coin où des végétaux s'imbriquent entre eux, sur moins de 4m², entre un grand cerisier et un houx, plusieurs plantes cohabitent et s'emmêlent :
- un jeune cerisier
- un groseillier
Puis il y a 5 ans un pied de vigne grimpante a poussé et caresse le grand cerisier et cette année un noisetier s'est adjoint à la promiscuité. Pour l'instant tous survivent et produisent !

Réponse de Mémoire 88

Je tente un nouvel affichage d'un de mes textes primés mais je ne vais pas insister longtemps si certains continuent à dénigrer mes interventions... mais pour faire plaisir à ceux et celles qui apprécient, j'insiste un peu !
Comme on parlait de chèvre, j'ai écrit une histoire s'inspirant de « la chèvre de M Seguin » mais avec un taureau (à noter que si ce texte a été signé d'Alphonse Daudet, il a été écrit par son son prête-plume, Paul Arène, d'où le nom du vacher dans ma nouvelle).
Il y a quelques années plusieurs écrivains avaient décidé de constituer un recueil de nouvelles traitant la corrida de manière "réaliste" et qui aurait dû être distribué lors des corridas.,. Finalement ce fut abandonné par manque de textes, j'avais écrit le mien qui fut publié un peu plus tard lors du dernier concours Calipso.
Calipso était une association qui organisait en Isère des rencontres appelées "café littéraire, philosophique et sociologique" et notamment lors du concours annuel, les textes primés étaient lus et parfois joués par une troupe de théâtre. Et les lauréats étaient invités tous frais payés ! Je n'ai pu m'y rendre hélas ! Et Calipso a définitivement cessé ses activités.

Ce texte comme tous les autres est sous copyright.

La gloire de Rayo.

À l'aube, Pablo Arena entra dans le pré ; les bestiaux somnolaient encore. Tous sauf son taureau qui accourut triomphant :
-- Je suis sélectionné ! clama Rayo à son entraîneur.
Le vieil éleveur savait la raison de cet éveil matinal : la fierté juvénile. Autrefois, il avait déjà éprouvé un même sentiment de fatalité et d'impuissance face au destin glaçant.
-- C'est vrai ? répondit le vacher avec un sourire feint. Félicitations ! Le spectacle se déroulera demain ?
-- Oui. Tantôt, on viendra me chercher. Tu m'accompagneras ?
-- Bien sûr, Rayo.
Toujours, il avait escorté ses champions, avait vécu leur fin. Avec l'âge, il ne supportait plus la curée qui suivait le spectacle, s'éclipsait et laissait la foule acclamer le vainqueur. Il sortait de l'arène, ses larmes coulaient, chagrin incontrôlable noyant un pan de son existence. Il reconduisait la bétaillère vide à la ferme, déposait bien en vue sa lettre de démission adressée au patron et s'en allait à pied, ne se retournant pas sur son passé, ne saluant pas une ultime fois les bêtes dont il s'était occupé les mois précédents : il était dévasté, écoeuré par son espèce cruelle, et marchait le long des routes, sans but, la tête vide, jusqu'à n'en plus pouvoir. Après un court repos, il se remettait en chemin, s'arrêtait au premier village, prenait une chambre d'hôtel et, tout seul, diluait sa peine dans l'alcool.
Le temps efface nos douleurs et amnistie nos erreurs ; renaissait l'espoir d'un jour, une fois, sauver une âme, fût-elle animale. Sa réputation de découvreur de prodiges le précédant partout, il se résignait à accepter une même tâche.
-- Quel bonheur si tu assistes à mon sacre ! se réjouit Rayo.
-- Je t'ai élevé bébé, après la mort de ta mère ; je t'ai vu grandir et devenir le fier toro bravo que tu es maintenant et qui aurait avivé l'orgueil des parents que tu n'as pas connus.
-- Je ne te remercierai jamais assez.
-- Mais pas pour que tu te transformes en champion. Non. Que tu connaisses de nombreuses femelles, aies des enfants et sois heureux, un jour, de diriger le troupeau.
-- À l'avenir, oui ; d'abord être digne de mon père, je veux le venger !
-- Le torero qui l'a combattu n'a plus toréé.
Une corrida d'anthologie. Le taureau intraitable avait déstabilisé le matador. Celui-ci, un genou à terre, avait vu la bête revenir à la charge.,. sans ralentir, elle l'avait renversé de son mufle, avait cueilli entre ses cornes la muleta abandonnée au sol et s'était dirigée vers le toril. Blessée, elle aurait ensuite été achevée impitoyablement par le torero humilié, abattage à l'abri des regards et connu du seul milieu taurin et de quelques aficionados. Officiellement, cet animal qui avait épargné l'homme coulerait des jours heureux dans une pampa argentine.
-- Peu importe mon adversaire.
-- El Oso, il est redoutable !
Une vraie force de la nature : géant de deux mètres à la carrure et à la musculature impressionnantes. Une seconde raison avait justifié son surnom d'ours : il était tout de noir velu des yeux jusqu'au dos des mains.
-- Je gagnerai, contre lui ou un autre.
-- N'y va pas, insista le vacher. Tu te souviens de ce mur que tu n'avais pas voulu franchir à cause du dénivelé derrière l'obstacle ?
-- Oui, je risquais de me meurtrir.
-- On tente encore une fois ? Si tu te blesses, tu seras remplacé. Si tu réussis, on trouvera une nouvelle esquive qui justifiera ton renoncement.
-- Non, je suivrai mon destin et me battrai.,. au moins pour découvrir el paraiso.
-- Quoi donc ?
-- Derrière la muleta grise se cache l'entrée du paradis des taureaux. Des pâturages où l'herbe est éternellement verte, abondante, à l'odeur à nulle autre pareille, sans clôture, parcourus d'affriolantes génisses et aguichantes vachettes.
-- C'est une illusion, des hommes espèrent aussi un ailleurs après le trépas, aucun n'en est revenu.
-- Il suffit de croire pour le voir, les incrédules n'y accèdent pas. Ceux qui savent et perçoivent l'acier de l'épée, si.
-- L'épée, c'est l'estocade fatale !
À quoi bon ressasser en permanence les mêmes conseils ? Lui comme les autres toros bravos ne pouvaient sans doute pas comprendre que le tissu ou le métal n'agissent pas, qu'il faut un bras, une tête, un corps et que c'est ça qu'ils devaient cibler.,.
Oh ! Il l'avait entraîné. Il avait même réussi à le faire sauter aussi haut que n'importe quel équidé. Hélas, il touchait toujours la muleta ou l'épée, pas ce bras, ni l'épaule, pas plus que le cou.
-- Tu ne m'as jamais blessé, continua Rayo.
-- Moi non, El Oso n'hésitera pas, lui, il voudra te tuer.
-- Alors je viserai le bras.,. et le cou.
L'entraîneur savait que ça ne pourrait suffire, surtout contre un tel matador. Connu pour ses esquives exceptionnelles et son étude de l'adversaire, il s'était spécialisé dans l'avant-dernière passe. Si l'animal était encore fringant, il rusait, s'approchait d'une barrière. Lors de sa charge, le taureau, leurré par l'étoffe rouge, ne s'arrêtait pas et s'assommait à moitié contre le panneau de bois, parfois même chutait et se relevait chancelant ; l'estocade était bien facilitée. Le bruit était couvert par les vivats du public, et les cornes, limées le plus souvent, ne pénétraient pas le matériau.
Arena, ayant tiré un trait sur l'espoir d'en sauver un, avait au moins prévu une parade à la rouerie du torero, car il ne doutait pas que Rayo fût victime de cette fourberie. Depuis qu'il avait découvert petit à petit les ruses de plusieurs matadors pour affaiblir les bêtes, il ne supportait plus leur triomphe. Il analysait le déroulement de chaque corrida où l'un de ses taureaux avait péri et détectait souvent la tricherie humaine. El Oso paierait pour tous ces scélérats et pour la mort inéluctable de son Rayo qu'il chérissait et admirait tant.
* * *
L'éleveur accompagna son champion jusqu'à l'entrée de l'arène. Il s'attendait à une très forte résistance de l'animal et ne fut pas déçu. Lors des premiers assauts du taureau, plusieurs picadors furent désarçonnés sans que les chevaux n'en souffrent ; un péon fut encorné lors d'une charge et évacué sur une civière dans un état inquiétant. Rayo tenait bon ; les banderilles ne semblaient pas atténuer sa fougue malgré le flot de sang ruisselant sur la robe noire et le sable. À présent, il ne restait sur la piste que l'homme et la bête ; elle défiait son ennemi en frappant le sol de ses sabots, soulevant tout autour une poussière nauséabonde, effluve de la mort à venir. Les passes de muleta reprirent sans fatiguer plus le taureau. Certains regards d'El Oso, captés par le vacher, trahissaient son angoisse : lequel des deux était vraiment le tueur ? Arena put constater que son protégé, affaibli, était pourtant déterminé à continuer le duel, décidé à aller jusqu'au bout de son ambition, sans doute ivre du bruit incessant de la foule, des vivats et des « olé ! ». La fin approchait, le matador prépara sa pénultième passe et recula vers la barrière de sortie. Rayo chargea ; une fois franchi l'écran sournois, il heurta le bois avec une violence effroyable. Avant que l'écho du choc ne s'estompe, il se dégagea de la palissade disloquée et s'éloigna de son tourmenteur.
Celui-ci ne s'étonna pas que les cornes se fussent brisées en partie, amortissant le choc. Il ne remarqua pas le profil de celle de droite, car il ignorait que la bête pouvait être armée, préparée au combat par son entraîneur. Avant l'aurore, le vacher avait travaillé ces cornes à dessein : il les avait coupées au tiers, avait limé la fracture puis recollé le bout en fragilisant la pointe. Durant les semaines précédentes, il s'était exercé sur d'autres bovins pour que le bricolage restât indécelable à l'examen visuel.
Anticipant l'ultime charge, Pablo se leva et quitta l'amphithéâtre sans se hâter. En s'éloignant, il entendrait les hourrahs, la clameur qui suivrait et s'éteindrait dans un silence effaré, balayé par les rayons rougeoyants du soleil déclinant.
Le taureau s'élança puissamment comme s'il n'était pas déjà blessé. La muleta s'envola, il sauta. L'épée surgit et se planta en pleine chair animale tandis que la corne devenue couteau déchirait la gorge humaine. L'autre corne embrocha le bras. Rayo emporté par son élan parcourut une quinzaine de mètres en poussant le corps du matador, puis s'écroula, aveuglé d'une lumière blanche ensanglantée.
Dans la vague de sang,
il connut ses parents.

FIN

NEUTRON, 30/07/2020 14:31 :
Même principe : la corrida vue par le toro:
https://www.youtube.com/watch?v=XUQSba_X26c&list=RDXUQSba_X26c&index=1
J'adore cette chanson.

Réponse de Terra Incognita

Un sourire pour toi Mémoire

Réponse de tondjo

Texte douloureusement engagé, une belle façon de militer contre la torture. Fusse-t-elle traditionnelle, la torture n'est ni un sport, ni un art, qu'elle soit pratiquée sur des animaux ou des humains.

Réponse de --- DIABLOTIN ---

Bravos et remerciements pour les histoires de MÉMOIRE, TERRA INCOGNITA, et certaines analyses ! Dans le beau texte sur la corrida qui me désole par la mort du taureau et pour certains autres cas, forts rares parfois des matadors, je viens de trouver un ancien film. À voir en famille aussi ? Titre : LES CLAMEURS SE SONT TUES ! Synopsis : Léonardo, jeune fils d'un vaquero mexicain élève un jeune taureau baptise ''GITANO''. Mais, l'intendant lui prend le taureau pour le faire "combattre" aux arènes de Mexico. Le petit Léonardo ne voit alors qu'une solution pour sauver son ami, exposer son cas au Président de la République. Bon fin ou pas ?

--- DIABLOTIN ---, 30/07/2020 20:25 :
Encore une faute à "bien" rectifier (lol) avec un "outil scripteur virtuel" (crayon informatique) et faire un "bon" rajout pour le vocable bon mal orthographié au masculin par : bonne fin ou pas ?
Mémoire 88, 31/07/2020 14:40 :
en ce qui concerne les films sur la corrida, il y a un film dont ce n'est qu'un des sujets. Une chanteuse américaine, Pandora Reynolds (Ava Gardner), est courtisée dans un petit port espagnol par plusieurs hommes notamment un matador (particulièrement macho d'ailleurs) et sème la mort parmi ses prétendants notamment le matador.
Ce film est "Pandora" réalisé par Albert Lewin sorti en 1951. Un film à l'ambiance fantastique très particulière, notamment le traitement de a pellicule, un film qui aborde plusieurs légendes de manière inhabituelle, un must à voir si vous ne l'avez jamais vu.

Réponse de Terra Incognita

Contribution du matin,
Que j'espère non pesante.

« Le soleil du matin resplendissait
sur l'épée de bronze, où il n'y avait
déjà plus trace de sang.
- Le croirais-tu,
Ariane ? dit Thésée,
le Minotaure s'est à
peine défendu. »

Jorge Luis Borges : La demeure d'Astérion.

L'homme et le Taureau, le boeuf.
Le Taureau, le boeuf, Aleph, A, la première lettre de l'alphabet : la tête du taureau à l'envers.
Depuis l'aube de l'humanité, ils ont été si nombreux à s'intéresser à ce Sacrifice, cette Tragédie.
Extrait du site siempretango.free.fr
Le 11 août 1934, Ignacio Sànchez Mejias, torero populaire à son époque, apprécié pour son courage et son style audacieux, fut encorné dans les arènes de Manzanares et mourut deux jours plus tard à Madrid de la gangrène. Lorca dédie ce poème à la compagne du torero, Encarnaciõn Lòpez Jùlvez, La Argentinita.
Le coup de corne et la mort

A cinq heures de l'après-midi
Il était juste cinq heures de l'après-midi
Un enfant apporta le blanc linceul
à cinq heures de l'après-midi.
Le panier de chaux déjà prêt
à cinq heures de l'après-midi.
Et le reste n'était que mort, rien que mort
à cinq heures de l'après-midi.
Le vent chassa la charpie
à cinq heures de l'après-midi,
et l'oxyde sembla cristal et nickel
à cinq heures de l'après-midi.
Déjà luttent la colombe et le léopard
à cinq heures de l'après-midi.
et la cuisse avec la corne désolée
à cinq heures de l'après-midi.
Le glas commença à sonner
à cinq heures de l'après-midi.
Les cloches d'arsenic et la fumée
à cinq heures de l'après-midi.
Dans les recoins des groupes de silence
à cinq heures de l'après-midi,
et le taureau seul, le coeur offert !
à cinq heures de l'après-midi,
Quand vint la sueur de neige
à cinq heures de l'après-midi,
quand l'arène se couvrit d'iode
à cinq heures de l'après-midi,
la mort déposa ses oeufs dans la blessure
à cinq heures de l'après-midi.
A cinq heures de l'après-midi.
Juste à cinq heures de l'après-midi.
Un cercueil à roues pour couche
à cinq heures de l'après-midi.
Flûtes et ossements sonnent à ses oreilles
à cinq heures de l'après-midi.
Déjà le taureau mugissait contre son front
à cinq heures de l'après-midi.
La chambre s'irisait d'agonie
à cinq heures de l'après-midi.
Déjà au loin s'approche la gangrène
à cinq heures de l'après-midi.
Trompe d'iris sur l'aine qui verdit
à cinq heures de l'après-midi.
Les plaies brûlaient comme soleils
à cinq heures de l'après-midi,
et la foule brisait les fenêtres
à cinq heures de l'après-midi.
A cinq heures de l'après-midi.
Aie quelles terribles cinq heures de l'après-midi !
Il était cinq heures à toutes les horloges !
Il était cinq heures à l'ombre de l'après-midi !

Federico Garcia Lorca
Traduction du poème en français d'après Sylvie Corpas et Nicolas Pewny.

NEUTRON, 31/07/2020 11:20 :
Après l'enterrement d'Ignacio tous eurent une pensée émue en dégustant une gardiane (au goût de revanche), arrosée de "la sangre de toro" 'réserve 2015)...

Réponse de Vulcain 2

Bonjour,
Il est cinq heure camarade la nuit est tombée sur Grenade.....(JEAN FERRAT- Federico Garcia Lorca)

Mémoire 88, 31/07/2020 20:45 :
je ne connaissais pas cette chanson de Ferrat !

Réponse de tondjo

Rien que le titre invite à l'écoute...il en est des titres, comme celui là, qui déjà raconte une histoire.

Réponse de la dolce

Merci pour ces publications, que du bonheur :)

Réponse de Terra Incognita

Participation du matin
C'était avant, il y a si longtemps avant que les chèvres aient été génétiquement modifiées.

Quand nous allions « en champ »

Ma grand-mère, ses soeurs et ses belles-soeurs, ma tante et les femmes de sa génération dans le village avaient un petit troupeau de trois à six chèvres qui fournissaient le lait, dont elles faisaient des fromages qu'elles vendaient. Des chevreaux naissaient avant Pâques et faisaient notre joie avant de disparaître subitement. Je ne connaissais pas encore leur fin tragique.
Je pense à tous ces après-midi où, quand leurs enfants étaient à l'école, les cabrières, seules allaient en champ.
A quoi pensaient-elles, ces femmes qui calquaient leurs activités au climat et au déroulement des saisons ?
A chaque époque de l'année, chaque caprice de la météo, elles choisissaient un lieu de pâture particulier.
Fin février, début mars, quand il faisait encore froid et que la bise soufflait, tôt dans l'après-midi elles allaient dans le bois et, les premières annonçaient la renaissance, les premiers bourgeons, les perce-neige qui transperçaient le tapis de feuilles mortes, les cilles bleu clair, les hautes fanfaloches roses tigrées, les anémones blanches, les myosotis, les violettes et les primevères, les jonquilles, puis les muguets. Elles connaissaient les coins à violettes blanches, à anémones pulsatiles. Le soir elles rentraient avec un fagot de petit bois et la promesse d'emmener leurs enfants cueillir les fleurs repérées, le prochain jeudi.
Au printemps, elles longeaient les chemins et les chèvres grignotaient les pousses tendres des haies. Assises, elles profitaient du soleil, écoutaient la chanson du printemps et rapportaient de l'herbe pour les lapins. Lisaient l'écho de la mode ou bien quelque petit journal conseillé par le curé.
En été, quand le soleil inclinait sa course, elles rejoignaient les prés les plus frais et les plus ombragés.
Assises sur leur pliant, elles raccommodaient ou tricotaient. Je regardais le jeu des mains qui faisaient cliqueter les quatre aiguilles de fer nécessaires à la fabrication des chaussettes. J'espérais apprendre tous les points de tricot, les torsades et l'art des diminutions qui permettait de former le talon puis le pied de la chaussette.
Enfin à l'automne, les récoltes étaient faites, l'herbe était roussie, et elles allaient partout, dans les chaumes, le long des chemins elles récoltaient les noisettes, dans les vignes et les prés elles surveillaient la maturation des noix et des raisins.
C'était le temps radieux de l'enfance, après-guerre.

A la fin de l'été, au mois de septembre, j'aimais particulièrement accompagner ma tante, aller à « Château » le lieu-dit. Derrière le village, au rythme des chèvres nous montions jusqu'au « plâtre », (1) traversions les champs du Riollet, empruntions un sentier encaissé entre des murets qui soutenaient de petites parcelles de vigne, puis nous débouchions sur un vaste pré sur le plateau. C'était « Château ». Plus loin, le plateau se termine par une grande forêt, Servetan qui domine le Rhône, qui fut réputée pour la chasse au « gros ».

Nous arrivions au pré de « Château ». De chaque côté, un rang de vigne le bordait, un grand noyer sur une limite un mûrier au centre.
Les chèvres, le vin, le ver à soie.
Ici le ciel est immense, l'horizon sans borne, je respirais. Avec mes cousines, nous jouions dans l'abri de pierre, comme il en existe partout dans les vignes et certains champs près du village. Ouverts sur le devant, constitués de quatre grandes pierres plates. Celui-ci était aménagé, c'était la cabane dont pouvaient rêver les enfants. Il possédait un banc et une réserve d'eau, un puits artificiel bouché par une lourde pierre.
Installées sur le banc nous mangions de ces curieux raisins blancs qu'on appelle Noa et dont les grains opaques éclatent en boule âcre dans la bouche. Nous décortiquions avec peine les noix fraîches puis avec les ongles ôtions la peau amère pour manger l'amande blanche. Nous rentrions les doigts et les vêtements tachés de brou de noix.




Ce texte appartient à un ensemble dans lequel j'essayais de me mettre dans la peau des femmes si discrètes de mon enfance, qui ne s'épanchaient jamais.
J'ai une tendresse infinie pour elles.

1 - "Le plâtre" , dans ma région où le calcaire affleurant a été poli à certains endroits par le glacier du Rhône. Parfois sur ces surfaces on remarque les rayures creusées par les cailloux charriés par la glace. Les anciens se servaient de ces endroits comme ère de battage.
Nous sommes dans le plateau Crémieu, le long du Rhône en amont de Lyon.

Réponse de tondjo

Là, par moment, j'ai reconnu ma grand mère, le regard si tendre, si attentive, si présente pour les autres. Comme les femmes de ta famille, elle ne s'épanchait jamais, et pourtant...
Toute cette humanité qu'elle a donné n'est pas tombée dans un puits sans fond, elle fait tâche d'huile et je la retrouve autour de moi, discrète et courageuse et surtout, surtout...le plus étonnant était sa capacité à 90 ans, à comprendre, à avoir de l'empathie pour des gamins (es) de 16 ans qui enchaînaient toutes les stupidités que l'on peut faire à cet âge, et bien plus encore. Elle ne les jugeait pas, jamais, elle était triste de se sentir impuissante à les aider. Je crois malgré tout que le regard qu'elle portait sur eux (elles), comme autant de graines bien plantées, les ont aidé à mieux grandir.
Ton texte est simple, émouvant, il m'a ramené vers de beaux souvenirs.

Réponse de Terra Incognita

Pour toi

C'est une chanson d'Orelsan

Paroles
Des fois, ma grand-mère sort un rôti de son sac à main
Elle fait toujours en sorte que tout l'monde mange à trois fois sa faim
Elle peut vivre six mois sans mettre le pied dans un magasin
Parce que c'est pas donné, un franc est un franc même si tu changes la monnaie
J'ai cru qu'mes grands-parents étaient radins mais c'est pas vraiment vrai
C'est juste qu'ils ont connu la vraie merde, et qu'ils ont peur de manquer
À l'âge où j'goûtais mon premier McFlurry Daim
Mon grand-père braconnait des lapins dans le jardin du noble du coin
À l'âge où j'ai eu mon premier scooter
Mes grands-parents plongeaient dans un ravin quand ils entendaient un réacteur
Ma grand-mère a le même téléphone que ton dealer
Avec son numéro scotché d'ssus même si elle le connait déjà par coeur
Mon grand-père il roule les "R"
Il a l'accent de son patelin
Et ça ressemble bizarrement aux clichés d'un accent africain
Mon grand-père a creusé sa cave à la main
Il m'a déjà mis des grandes tartes en m'disant
"Fais pas l'malin"
Et il a des doigts, c'est des bites
À force d'y planter des clous, des hameçons
Des agrafes et toutes sortes de câbles électriques
Mon grand-père a plein d'phrases philosophiques qu'il répète souvent
Genre, "rien n'est illégal si personne n'est au courant"
Mes grands-parents ont souvent l'air un peu flippants
C'est sûrement parce qu'ils connaissent plus de morts que d'vivants
Et aussi parce qu'ils ont potentiellement tué des gens
Chez eux, y'a suffisamment de fusils pour alimenter tout un régiment
Mes grands-mères sont magnifiques sur les photos en noir et blanc
Autour desquelles y'a plein d'objets inutiles, fascinants
Mon grand-père pense que les joueurs de basket sont trop grands
Qu'en cas d'égalité au foot ça d'vrait se jouer au corner gagnant
Quand mon grand-père a passé le permis les feux rouges n'existaient pas
Et les clignotants, c'était ses bras
Mes grands-parents croient en l'évangile
Leurs enfants ont décidé d'laisser Jésus tranquille
Mon grand-père utilise le mot pédé pour dire pédophile
Il s'endort entre les plats comme s'il était sous Lexomil
Mon grand-père a plus d'filtres, il raconte les putes à l'armée
Ma grand-mère lui rappelle qu'à l'époque ils étaient d'jà mariés
Mes grands-parents ont l'disque-dur qui commence à ramer
On f'ra passer les histoires, laissera pas la mémoire s'effacer
J'ai suivi beaucoup de chemins
J'ai ouvert de nombreux sentiers

Réponse de Méziana

Une voix venue d'ailleurs me murmure ceci : Une noix, qu'il y a-t-il à l'intérieur d'une noix ? Qu'est-ce qu'on y voit ? En ce qui me concerne je vois dans cet article de la tragédie du quotidien (non, pas le Tournoi, l'autre), et cela me fait du bien d'avoir mal dans ce sujet qui porte une différence. Je rêve en visitant ce jardin vivant, animé par des hétéroclites. La bouffée d'oxygène qu'il me procure n'est gâchée que par le roundup ronron. Puissent les ronces en venir un jour à bout (bout d'chou, caillou, hibou, pou) et que les fruits de la sama : silex, solex, rollex, s'épanouissent. Cet article fait rêver, dans le bon sens du terme, fait réfléchir également si l'on en a la capacité. En gros, que du bonheur, de la vraie vie. Bravo et merci, une mémoire qu'on ne voudrait jamais perdre.

Réponse de Terra Incognita

Hello,
Comme il est agréable, Meziana de lire ce que tu dis sur les jardins ... Mais si tu oubliais et censurais les coups de griffes qui n'ont rien à voir avec les jardins tu te grandirais ...
Blessé tu sembles, , mais lâche le Knout s'il te plait.... Pour nous tous. Ici nous ne sommes pas dans struggle for life même si nous parlons de cela aussi.

Réponse de Bee..

D'une histoire triste et réelle contée par Mémoire nous voici au poème en prose de Mezigues. J'adore ce mélange et vous remercie de faire appel ainsi à notre sensibilité

Réponse de la dolce

Bonjour,
Les saisons en Provence sont comme partout ailleurs. Une succession de teintes et de leur infinie variation, qui nous transportent de la fécondité printanière à la rigueur hivernale, savant mélange de clair obscur de la croissance jusqu'au déclin.
Il y est aussi un jardin sans jardinier, une terre, telle une amante qui n'appartient à personne, née d'un Amour éternel entre le Ciel et Mer, et qui ne sait dormir que dans les bras du Rhône.
La Camargue en hiver, c'est un désert de sel et de roseaux couchés par un mistral violent, ou quelques "fauves" noirs tournent le dos au vent, s'abritant de leur ami paré d'une crinière blanche. La couleur n'en est point une, seulement un contraste entre noir et blanc. Le silence y règne aussi et se gorge de repos. Le ciel y est si pur que la lumière intense, nous permet d'espérer en l'avenir plus chaud.

Le printemps arrive, et quelques pluies de mars viennent enfin arroser une terre assoiffée. Alors tout reverdit, et les oiseaux partis sous des contrées plus douces, y reviennent toujours y refaire leur nid.
C'est la saison des amours et quelques aigrettes blanches viennent se retrouver, des hérons gris, des sarcelles et colvert, sont à l'ouvrage. La nature est contente de tous ces rendez-vous, dans les ruisseaux les iris jaunes déploient aussi leurs ailes, les rizières sont remises en eau, et le riz sera bientôt semé. le blé est déjà haut, mais pas à maturité, et des étendues vertes invitent presque à s'y rouler.

Ca y est, les éclosions arrivent, et voilà que les oiseaux se comptent par milliers, maman colvert apprend à ses petits à nager. Ils la suivent et serpentent derrière elle agités et pressés pour ne point la perdre de vue. Se gorgeant d'insectes et de menus poissons, ils grossiront bien vite pour à leur tour l'année prochaine, imiter leurs aînés. Il est des ragondins et des blaireaux fort sympathiques, non encore effrayés par les vilains chasseurs.

Mais la chaleur devient intense, et le blé devient doré. Au loin le paysan moissonne :
- "faut le rentrer pour fin juillet ! "
Quel bonheur du haut de la machine, de voir au loin ce plat pays, où l'horizon lointain commence et jamais ne finit... Soudain quelle surprise, la machine s'arrête, un grand cercle de blé a été dévoré par un sanglier ! il en a tant mangé que sa panse en pèterait ! :
- "Allez réveille toi, zou j'ai du boulot, si j'avais eu le fusil..."
mais voilà qu'il s'étire et, d'une foulée lourde et endormie, rattrape derrière les roseaux sa ....... douzaine de petits.
- "Tant pis pour la moisson, et mon champ qui est foutu ! Qu'est donc l'arpent de blé pour le bonheur que j'ai reçu ? "

Nous sommes en été, et sur la route au loin, ce jardin est fréquenté par de drôles de zozios. quatre roues noires, un bruit assourdissant, on dirait presque...des estivants !

Les voilà descendus tout droit d'on ne sait où, pressés de rejoindre la mer mais la route est encore longue. La terre est si lointaine, qu'elle ne semble jamais s'arrêter. Une halte, vite une halte, ils ont vu au loin le fameux « biou », qui vient, qui s'approche en levant son frontal de toute sa curiosité, l'oeil brillant mais méfiant, agitant de ses cornes et grattant du sabot juste pour impressionner.

Des cornes ou des lyres si l'on veut bien y voir, ils ne sont pas méchants, ils sont seulement noirs. Sur leur dos, l'aigrette leur voisine nettoie sa robe des insectes qui le piquent, vous l'aurez tous compris : nos amis les moustiques !

Alors l'estivant reprenant sa route, a immortalisé son souvenir non sans peur, mais tout fier d'avoir su résister aux menaces de l'autochtone, et s'en va faire le tour du Vaccarès.
L'étang est un jardin à lui tout seul, oiseaux, poissons, insectes, une vie superbement orchestrée, équilibrée, d'un bleu confondant le ciel et la terre, refuge et paradis des oiseaux, ou la main de l'homme n'est pas encore passée.

Quand le crépuscule arrive, les oiseaux passent d'une rive à l'autre. Le bruissement des grandes ailes des flamants, fait une musique et se pare de l'orange du soleil qui se couche, et qui veut épouser le rose d'une plume douce. Alors les grenouilles applaudissent de leurs chants, et toute la nature s'apaise en s'endormant.

Hélas, c'est bientôt la fin des vacances et les petits devenus gros préparent aussi leurs départs. La lune leur dira les changements de temps, le soleil leur donnera la direction et puis... Bon Vent.
Les migrateurs iront vers contrées fort belles, et rendront au repos la Camargue éternelle.

Mémoire 88, 27/08/2020 18:00 :
j'aime
Glad, 27/08/2020 19:27 :
Superbe, j'apprécie énormément ce récit, merci à la DOLCE pour ce petit voyage dans le Sud..
la dolce, 28/08/2020 09:55 :
Merci Glad.

Réponse de Terra Incognita

CC Dolce,

J'aime lire ton pays que tu aimes tant. Cela se sent tellement que tu nous fais monter les armes aux yeux !!
Et de plus tu as l'air de bien connaître le langage des gens de là-bas .... raconte un peu...., d"Arles, de la Camargue et de la campagne, moi je préfère ....

Réponse de Terra Incognita

corriger les larmes aux yeux ...mais les armes aux yeux cela inspire peut-être aussi.

la dolce, 27/08/2020 17:27 :
pas pleurer Terra ! sinon je larme aussi !! plaisir de t'avoir touchée... la Camargue appartient à nous tous, bisous.

Réponse de Méziana

Bonsoir, puisque la Dolce nous fait pleurer, moi y compris, je modérerai son post, si vous le voulez bien (sans réponse préalable j'induis que vous l'acceptez) avec ces quelques lignes datant d'un exil d'après divorce :

Canal du Midi

Le long du Canal du Midi
Les platanes ont leur coupe d'automne
Et laissent passer la tramontane.
Ils se dressent en file monotone
Tandis que les canards ricanent.
L'Homme est debout, comme abruti

Il est dix-neuf heures à l'horloge de sa vie
Il a les poings serrés dans les poches
Le vent fait frissonner ses rides
Il se sent bien loin de ses mioches
Son esprit court des terres arides
L'avenir, avec le courant s'enfuit

Ailleurs elle pense souvent à lui
Elle ne pense plus à l'amour
Ailleurs il neige, un feu crépite
Elle ne compte même plus les jours
Elle considère sa faillite
Tout en elle a été détruit

Il est dix-neuf heures à l'horloge de sa vie
Elle est assoupie devant l'âtre
Un livre ouvert sur les genoux
Du cantou tombe un bout de plâtre
Elle a sur l'épaule un chat roux
Ses amis partent eux aussi

Au-dessus d'eux passent des caresses
Des attentions et des mots doux
La douceur et la complicité.
Ils ont le regard bien trop flou
Et les yeux trop souvent baissés
Pour apercevoir la tendresse

Par terre sous les flocons de neige
Un peu d'amour fondra aussi
Qu'ailleurs le capricieux vent du sud
Emportera avec lui
On a beau dire le temps est rude
Lorsque plus rien ne nous protège

Il est dix-neuf heures à l'horloge de leur vie
Ils n'ont pas bien aimé cette journée
Ils ne savent pas trop que faire de leur soir
Leurs esprits sont trop embrumés
Pour encore distinguer l'espoir
De passer une bonne nuit

la dolce, 27/08/2020 21:44 :
Je suis touchée.

Réponse de Terra Incognita

Bon, bien.... Sortons nos mouchoirs....

Je ne sais plus pourquoi je pleure.... Un petit peu car je suis contente qu'ici se partagent des émotions et des histoires de vie que le langage sublime.

Réponse de la dolce

Bon, puisque j'ai fait pleurer tout le monde, désormais je vais vous faire rire.
En fait, je vous ai caché l'essentiel : je suis actionnaire chez Kleenex... mais chuuuut sur un délit d'initié... que celà ne sorte pas des Bouches du Rhône....

Réponse de Méziana

Hum, je voulais vous laisser tranquilles, mais suite aux 893 MP que je viens de recevoir, dont trois de modérateurs, je vous présente, de A à Z l'inventeur du W :

Çà pourrait être l'histoire d'un anaconda
Ou celle d'un fringuant abbé
Qui distribuerait des fessées
A qui ne voudrait pas l'aider
A trouver des motifs oiseux
Pour cueillir ses coquins bénéfs

Ce serait l'aventure d'un geai
Qui parerait les coups de hache
D'un fermier du Royaume Uni

Ou d'un enfant qui s'assagit
Si sa mère se fait du tracas;
Il fait bien attention à elle,
Lui dit dix mille fois je t'aime,
Qu'il ne veut pas lui faire de peine,
Qu'il avalera son sirop

Ou un conte parlant d'une poupée
Amoureuse d'un soldat vaincu
Qui s'en va courir la Terre
Pour oublier sa tristesse

Ça se passerait un soir d'été
Quand la lumière devient ténue
Lorsqu'on a du mal à trouver
L'inventeur du W

Réponse de Méziana

Vous aurez naturellement reconnu le style d' X.Yz, qui autorise chacun(e) à le mettre en musique, lui donner de l'R. Il y a-t-il également des compositeurs-trices dans la salle ?

Réponse de EMILIO

Bonjour ,
- J'ignore pourquoi mon 6ème sens m'a amené ici ?
- Etant sponsorisé par Pathé , Gaumont et Paramout , je suis obligé de diffuser des films ,pour tous les goûts , comiques , sentimentaux , de guerre , tristes etc etc..
- Actuellement , je diffuse " Intouchables " un film triste , qui prend une tournure de gaîté malgré tout..
- je pense avoir compris le pourquoi de ma présence , c'est la Camargue !!!
- J' ai des merveilleux souvenirs de celle-ci et quand j'étais Ado , c'est là que j'ai monté ma première pouliche et c'était magique.
- Bonne continuation.

la dolce, 28/08/2020 13:18 :
Bacioni Emilio ! Nous aurions tant aimé connaître la suite de l'histoire...

Réponse de la dolce

Je viens de tout relire, que du bonheur à resservir, up :)

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