Je me suis rendu compte que je vieillissais.
Mais ce n'était pas à cause des rides sur mon visage.
Ce n'est pas le miroir qui me l'a dit,
Ni ce jeune homme qui m'a cédé sa place dans le bus.
Ce ne sont pas non plus ces vêtements à la mode que je ne comprends plus,
Ni ces chansons qui me semblent n'être que du bruit.
C'était quelque chose de plus subtil. De plus profond.
Je l'ai remarqué le jour où j'ai cessé de vouloir convaincre.
Quand j'ai arrêté de courir après ceux qui s'éloignent.
Quand je n'ai plus ressenti le besoin d'avoir le dernier mot.
Quand j'ai appris à laisser partir sans faire de drame.
La vieillesse est arrivée sans prévenir.
Sans tristesse, sans crainte.
Elle s'est simplement installée, paisible.
Et elle a apporté avec elle la paix.
Je n'attends plus d'excuses de ceux qui ne savent pas en donner.
Le silence des autres ne me dérange plus.
J'ai compris que chacun combat son propre vacarme intérieur.
Et que ceux qui veulent vraiment parler le font.
Aujourd'hui, je ne cherche plus l'approbation.
Je ne veux plus rentrer dans un moule.
Je veux être en paix.
Mon corps n'est plus une source de honte.
C'est ma maison. Mon histoire. Ma mémoire.
Il a porté des amours, des deuils, des naissances et des chutes.
Comment ne pas l'honorer ?
Aujourd'hui, je vis autrement.
Sans courir. Sans *il faut *
Sans culpabilité de choisir mon bien-être.
Je bois mon café chaud.
Je réponds aux messages sans pression.
Je marche sans me presser.
Je m'écoute. Je m'enlace. Je m'appartiens.
Et pour la première fois
ça suffit.
Zaki Benameur
Bonjour,
"J'ai compris que chacun combat son propre vacarme intérieur."
Oui .. Être en paix.. dans sa tête, dans son corps.. C'est être presque mort déjà ...
Regarder, transmettre, échanger encore un peu..
* Monsieur Baudelaire
Il y a dans cette France
Quelque chose de rouillé
Comme des larmes d'enfance
Où jouent des écoliers
Et nous vivons ensemble
Uniformes déguisés
Nos sentiments ressemblent
À des nuages usés
S'il vous plaît, Monsieur Baudelaire
Encore un verre d'opium
Pour la route, le dernier
S'il vous plaît, Monsieur Baudelaire
Une page de delirium
Sous les yeux des douaniers
Il y a dans cette France
Trop d'idées poétiques
Trop de roseaux qui penchent
Trop de mots sans musique
C'est pas ma voix qui tremble
C'est moi qui suis lassé
De ces hommes qui me semblent
Intouchables et glacés
S'il vous plaît, Monsieur Baudelaire
Un peu de Fleurs du mal
Quelque chose à fumer
S'il vous plaît, Monsieur Baudelaire
Ça peut pas faire de mal
C'est du rêve imprimé
Il y a dans les cerveaux
Des cellules en vacances.
C'est à croire que les veaux
Ont pris deux tours d'avance
Moi qui reste sur place
Je me plais à penser
Que quelque chose se passe
Avant qu'on soit passé
S'il vous plaît, Monsieur Baudelaire
Une petite poésie
Pour deux mots, pour la frime
S'il vous plaît, Monsieur Baudelaire
Un peu de fantaisie
Entre nous, pour la rime
S'il vous plaît, s'il vous plaît, Monsieur Baudelaire *
Serge Reggiani
* Le jour où je vais disparaître, j'aurai été poli avec la vie car je l'aurai bien aimée et beaucoup respectée. Je n'ai jamais considéré comme chose négligeable l'odeur des lilas, le bruit du vent dans les feuilles, le bruit du ressac sur le sable lorsque la mer est calme, le clapotis. Tous ces moments que nous donne la nature, je les ai aimés, chéris, choyés. Je suis poli, voilà. Ils font partie de mes promenades et de mes étonnements heureux sans cesse renouvelés. Le passé c'est bien, mais l'exaltation du présent, c'est une façon de se tenir, un devoir. Dans notre civilisation, on maltraite le présent, on est sans cesse tendu vers ce que l'on voudrait avoir, on ne s'émerveille plus de ce que l'on a. On se plaint de ce que l'on voudrait avoir. Drôle de mentalité! Se contenter, ce n'est pas péjoratif. Revenir au bonheur de ce que l'on a, c'est un savoir vivre.*
Olivier de Kersauson, Promenades en bord de mer et étonnements heureux
Ces belles paroles sont un enchantement.
Merci à vous!
Tu es amoureux ?
- Non, elle me trouble, me séduit et m'inquiète, m'attire et m'effraye.
Je me méfie d'elle comme d'un piège, et j'ai envie d'elle comme d'un sorbet quand on a soif.
Je subis son charme. Je me sens en contact avec un être anormal, en dehors des règles naturelles, exquis ou détestable, je ne sais pas.
- Je te dis que tu es amoureux.
- C'est possible après tout.
Elle me préoccupe beaucoup.J'y songe trop, je pense à elle en m'endormant et aussi en me réveillant, c'est assez grave.
Son image me suit me poursuit, m'accompagne sans cesse toujours devant.
Guy de Maupassant ::Yvette
J'aurais pu dire :
Vieillir, c'est désolant, c'est insupportable,
C'est douloureux, c'est horrible,
C'est déprimant, c'est mortel.
Mais j'ai préféré * ch*ant *
Parce que c'est un adjectif vigoureux
Qui ne fait pas triste.
Vieillir, c'est chiant parce qu'on ne sait pas quand ça a commencé et l'on sait encore moins quand ça finira.
Non, ce n'est pas vrai qu'on vieillit dès notre naissance.
On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant.
On était bien dans sa peau.
On se sentait conquérant. Invulnérable.
La vie devant soi. Même à cinquante ans, c'était encore très bien .Même à soixante.
Si, si, je vous assure, j'étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.
Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps j'ai vu le regard des jeunes.
Des hommes et des femmes dans la force de l'âge qui ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge.
J'ai lu dans leurs yeux qu'ils n'auraient plus jamais d'indulgence à mon égard.
Qu'ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables.
Sans m'en rendre compte, j'étais entré dans l'apartheid de l'âge.
Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants.
Avec respect, En hommage respectueux,
Avec mes sentiments très respectueux.
Les salauds! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect? Les c*ns!
Et du * cher Monsieur Pivot * long et solennel comme une citation à l'ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus !
Un jour, dans le métro, c'était la première fois, une jeune fille s'est levée pour me donner sa place .
J'ai failli la gifler. Puis la priant de se rassoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué. !!! ?
- Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée. J'ai pensé que.
- Moi aussitôt : Vous pensiez que?
-Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous asseoir.
- Parce que j'ai les cheveux blancs ?
- Non, c'est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, çà été un réflexe, je me suis levée.
-Je parais beaucoup beaucoup plus âgé que vous ?
- Non, oui, enfin un peu, mais ce n'est pas une question d'âge.
-Une question de quoi, alors?
- Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois .
J'ai arrêté de la taquiner, je l'ai remerciée de son geste généreux et l'ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.
Lutter contre le vieillissement c'est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien.
Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l'amour, ni au rêve.
Rêver, c'est se souvenir tant qu'à faire, des heures exquises.
C'est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent.
C'est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l'utopie.
La musique est un puissant excitant du rêve. La musique est une drogue douce.
J'aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant soit l'adagio du Concerto numéro 23 en la majeur de Mozart,
soit, du même, l'andante de son Concerto numéro 21 en ut majeur,
musiques au bout desquelles se révèleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l'au-delà.
Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés.
Nous allons prendre notre temps.
Avec l'âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement.
Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. En années? En mois? En jours?
Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital.
Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération.
Après nous, le déluge?.Non, Mozart.
Voilà, ceci est bien écrit, mais cela est le lot de tous, nous vieillissons !
Bien ou mal, mais le poids des ans donne de son joug au quotidien.
Bernard Pivot
Ne retourne pas là où tu as été heureux.
C'est un piège de mélancolie .
Tout aura changé et plus rien ne sera comme avant, même toi.
N'essayez pas de chercher les mêmes paysages, ni les mêmes personnes.
Le temps joue sale et il aura pris soin de détruire ce qui vous a rendu heureux un jour.
Ne retourne pas là où tu as été heureux un jour.
Garde-le toujours dans ta mémoire comme il était, mais ne reviens pas.
La vie continue et il y a de nouveaux chemins à parcourir.
Nouveaux endroits à visiter.
Et d'autres personnes qui nous attendent.
Roberto De Niro
Je dis rien...mais j'apprecie tout !
Je parlais à ma grand-mère hier, je parlais de celui qui m'avait trahi, blessé.. Et elle m'a dit:
* Tu sais, à l'époque où un homme tombait amoureux d'une femme, il l'aimait et la respectait toujours. Un jour j'étais au marché, ton grand-père et moi venions de nous rencontrer et nous nous promenions en nous tenant la main.
A chaque stand, quelque chose m'émerveillait, bracelets, boucles d'oreilles, des couleurs, tout était beau mais à l'époque l'argent manquait et je ne pouvais rien me permettre.
Quand il m'a ramené à la maison il m'a salué avec un baiser, avec la promesse qu'il m'appellerait une fois à la maison.
Et il l'a fait, il l'a toujours fait, il le fait encore maintenant et ça fait 50 ans. Le lendemain matin, près de mon lit, j'ai trouvé une petite enveloppe, à l'intérieur il y avait une paire de belles boucles d'oreilles, de celles que j'aurais voulu acheter, mais que je ne pouvais pas.
Elles ont brillé la plus belle chose que j'ai jamais reçue, alors j'ai lu la note qui disait:
- Ces boucles d'oreilles ne sont pas un signe de mon amour, mais le sourire que tu auras quand tu les porteras, oui, ce sera le signe de mon amour.
Probablement maintenant une telle chose serait considérée comme trop douce de la part d'un homme, alors qu'ils ne savent pas que pour rendre une femme heureuse il suffit juste l'aimer tous les jours, sans oublier de l'appeler, sans la tromper, sans mentir, sans la laisser seule.
Je sais que c'est peut-être impossible qu'il y ait encore un homme comme ça maintenant mais je suis presque sûr que quelque part il y en a encore et n'arrête pas de le chercher, ne t'arrête jamais. Parce que l'amour n'est jamais des larmes, de la tristesse, de la peur, de l'insécurité, de la solitude, jamais. L'amour est amour, et s'il est là, il ne cesse jamais de briller. Ne te contente pas du faux-amour, sois courageuse et cherche le Vrai.
Celui que personne n'a le courage de tenter. *
Auteur inconnu
On me dit dans l'oreillette que si l'auteur est un inconnu alors c'est Passe-partout ! Celui qui m'a dit ça manque de hauteur !
* Il me semble qu'ils fabriquent des escaliers plus durs qu'autrefois. Les marches sont plus hautes, il y en a davantage. En tout cas, il est plus difficile de monter deux marches à la fois. Aujourd'hui, je ne peux en prendre qu'une seule.
A noter aussi les petits caractères d'imprimerie qu'ils utilisent maintenant. Les journaux s'éloignent de plus en plus de moi quand je les lis : je dois loucher pour y parvenir. L'autre jour, il m'a presque fallu sortir de la cabine téléphonique pour lire les chiffres inscrits sur les fentes à sous.
Il est ridicule de suggérer qu'une personne de mon âge ait besoin de lunettes, mais la seule autre façon pour moi de savoir les nouvelles est de me les faire lire à haute voix - ce qui ne me satisfait guère, car de nos jours les gens parlent si bas que je ne les entends pas très bien.
Tout est plus éloigné. La distance de ma maison à la gare a doublé, et ils ont ajouté une colline que je n'avais jamais remarquée avant.
En outre, les trains partent plus tôt. J'ai perdu l'habitude de courir pour les attraper, étant donné qu'ils démarrent un peu plus tôt, quand j'arrive.
Ils ne prennent pas non plus la même étoffe pour les costumes. Tous mes costumes ont tendance à rétrécir, surtout à la taille.
Leurs lacets de chaussures aussi sont plus difficiles à atteindre.
Le temps lui-même, change. Il fait froid l'hiver, les étés sont plus chauds. Je voyagerais, si cela n'était pas aussi loin. La neige est plus lourde quand j'essaie de la déblayer. Les courants d'air sont plus forts. Cela doit venir de la façon dont ils fabriquent les fenêtres aujourd'hui.
Les gens sont plus jeunes qu'ils n'étaient quand j'avais leur âge.
Je suis allé récemment à une réunion d'anciens de mon université, et j'ai été choqué de voir quels bébés ils admettent comme étudiants. Il faut reconnaître qu'ils ont l'air plus poli que nous ne l'étions ; plusieurs d'entre eux m'ont appelé monsieur ; il y en a un qui s'est offert à m'aider pour traverser la rue.
Phénomène parallèle : les gens de mon âge sont plus vieux que moi. Je me rends bien compte que ma génération approche de ce que l'on est convenu d'appeler un certain âge, mais est-ce une raison pour que mes camarades de classe avancent en trébuchant dans un état de sénilité avancée ?
Au bar de l'université, ce soir-là, j'ai rencontré un camarade. Il avait tellement changé qu'il ne m'a pas reconnu."
Philippe Noiret sur la vieillesse :
Merci yvan pour ces très beau textes .
Un peu de poésie dans ce monde ca fait du bien...
*beaux
:-)
** La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé ) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l'instant, incapable de projections dans le temps.
La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l'expression.
Supprimer le mot «mademoiselle» est non seulement renoncer à l'esthétique d'un mot, mais également promouvoir l'idée qu'entre une petite fille et une femme il n'y a rien.
Moins de mots et moins de verbes conjugués c'est moins de capacités à exprimer les émotions et moins de possibilité d'élaborer une pensée.
Des études ont montré qu'une partie de la violence dans la sphère publique et privée provient directement de l'incapacité à mettre des mots sur les émotions.
Sans mot pour construire un raisonnement, la pensée complexe chère à Edgar Morin est entravée, rendue impossible.
Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe.
L'histoire est riche d'exemples et les écrits sont nombreux de Georges Orwell dans * 1984 * à Ray Bradbury dans * Fahrenheit 451 * qui ont relaté comment les dictatures de toutes obédiences entravaient la pensée en réduisant et tordant le nombre et le sens des mots.
Il n'y a pas de pensée critique sans pensée. Et il n'y a pas de pensée sans mots.
Comment construire une pensée hypothético-déductive sans maîtrise du conditionnel ? Comment envisager l'avenir sans conjugaison au futur ? Comment appréhender une temporalité, une succession d'éléments dans le temps, qu'ils soient passés ou à venir, ainsi que leur durée relative, sans une langue qui fait la différence entre ce qui aurait pu être, ce qui a été, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera après que ce qui pourrait advenir soit advenu ? Si un cri de ralliement devait se faire entendre aujourd'hui, ce serait celui, adressé aux parents et aux enseignants : faites parler, lire et écrire vos enfants, vos élèves, vos étudiants.
Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variées, même si elle semble compliquée, surtout si elle est compliquée. Parce que dans cet effort se trouve la liberté. Ceux qui expliquent à longueur de temps qu'il faut simplifier l'orthographe, purger la langue de ses défauts, abolir les genres, les temps, les nuances, tout ce qui crée de la complexité sont les fossoyeurs de l'esprit humain. Il n'est pas de liberté sans exigences. Il n'est pas de beauté sans la pensée de la beauté. **
Christophe Clavé
** Avant d'entamer une dispute avec quelqu'un, demande-toi : cette personne est-elle assez mûre intellectuellement pour comprendre le concept d'une perspective différente ? Car si ce n'est pas le cas, cela n'a aucun sens.
Tous les débats ne méritent pas ton énergie. Parfois, peu importe la clarté de tes mots, l'autre ne t'écoute pas pour comprendre, mais simplement pour réagir. Enfermé dans sa propre vision du monde, il refuse de considérer un autre point de vue, et s'engager dans cette lutte ne fait que t'épuiser.
Il y a une différence entre une discussion constructive et un échange stérile. Parler avec quelqu'un d'ouvert d'esprit, qui valorise la croissance et la compréhension, peut être enrichissant, même si vous n'êtes pas d'accord. Mais tenter de raisonner avec une personne hermétique, qui refuse de voir au-delà de ses propres croyances ? C'est comme parler à un mur. Peu importe la logique ou la vérité que tu exposes, elle détournera, minimisera ou rejettera tes propos, non pas parce que tu as tort, mais simplement parce qu'elle n'est pas prête à envisager une autre réalité.
La maturité ne réside pas dans le fait de gagner une dispute, mais dans la capacité à reconnaître quand une dispute ne vaut pas la peine d'être menée. C'est comprendre que ta paix intérieure est plus précieuse que le besoin de prouver quoi que ce soit à quelqu'un qui a déjà décidé qu'il ne changera pas d'avis. Toutes les batailles ne méritent pas d'être livrées. Toutes les personnes ne méritent pas ton explication.
Parfois, le geste le plus puissant que tu puisses poser est de partir. Non pas parce que tu n'as rien à dire, mais parce que tu sais que certaines oreilles ne sont pas prêtes à entendre. Et ce fardeau-là, il ne t'appartient pas. **
Helen Mirren
** La perfection me dégoûte.
Toutes ces femmes et ces hommes qui cherchent la perfection dans les stéréotypes créés par la société me font vomir. Foutus mannequins de viande, sans personnalité ni amour pour eux-mêmes. Mêmes vêtements, même musique, mêmes expressions, mêmes aliments, mêmes galipettes, mêmes voitures, mêmes vies et finalement ? Mêmes suicides neuronaux de masse. Parce que vivre comme un automate est sans aucun doute un suicide. Quand tout le monde est pareil, tout le monde n'est personne.
La perfection est un petit oiseau en cage qui vit, mange, chie et meurt dans le seul but d'être admiré.
Je veux vivre libre, frigorifié, froid, affamé, mais libre **
Charles Bukowski
** L'un des plus beaux privilèges que l'on gagne en vieillissant, c'est l'apprentissage de l'art subtil et merveilleux d'être seul.
Ce qui autrefois ressemblait à un silence gênant est devenu un luxe.
Ma maison respire la paix.
Je peux danser dans la cuisine sans craindre le moindre regard, ou simplement ne rien faire, en toute tranquillité.
Je savoure ma propre compagnie, un café à la main, un bon film à l'écran, et cette liberté précieuse d'existe , juste exister.
La solitude, ce n'est pas l'absence des autres.
C'est la présence sereine de soi. C'est se sentir rempli, en paix.**
Helen Mirren
* Vous savez, on meurt parce qu'on est né. À partir du moment où vous naissez, vous passez une espèce de contrat avec la mort. Si vous êtes né, vous mourrez, ça fait partie de la vie. Donc je crois qu'il faut vraiment l'accepter avec sérénité. Peut-être que croire en Dieu, c'est tout simplement espérer qu'il existe. Et bien, j'espère qu'il existe. Vous savez pourquoi ? Parce que s'il n'existe pas, la vie est quand même trop dure. Que ce soit toujours les mêmes qui gagnent. Que ce soit toujours ceux qui sont les plus brutaux, ou les plus dissimulés, ou les plus habiles qui l'emportent sur les plus honnêtes et les plus modestes.
Si vraiment c'est ça la vie, c'est vraiment dur. Alors il vaut mieux espérer qu'il y a quelque chose.*
Jean D'Ormesson
* La vie n'est supportable que si l'on y introduit non pas de l'utopie mais de la poésie, c'est à dire de l'intensité, de la fête, de la joie, de la communion, du bonheur et de l'amour.*
Edgar Morin
** Il y a des silences qui tuent plus sûrement que des coups, et des absences qui font plus de mal que les trahisons.**
Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements ,
** La seule façon d'éviter le retour du passé est de ne pas l'oublier.**
Simone Veil
* Je l'aime tant, le temps qui reste.
Je veux rire, courir, pleurer, parler,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Voler, chanter, parti, repartir
Souffrir, aimer
Je l'aime tant le temps qui reste."
Serge Reggiani, Le temps qui reste
Parolier : Jean-Loup Dabadie
* Notre monde est fou. Tout va trop vite.
Pas seulement les transports ou les nouvelles technologies. On ne mange même plus, on bouffe dans des *fast food *. On ne parle plus, on jacasse sans arrêt. Une information-marchandise chasse la précédente. On ne regarde pas, on zappe. On ne vit pas, on survit.
Il est urgent de prendre le temps de la lenteur.
Refuse la précipitation, garde du temps pour toi. Tu apprendras que le monde est magnifique si tu sais le contempler; que la nature apporte de la joie si on la respecte et qu'on collabore avec elle ; que les humains sont passionnants, qu'ils méritent notre attention, au sein de la famille, au travail, dans le cercle de nos amis .
Et tu apprendras aussi à t'écouter, à te valoriser, à t'aimer. Alors, aie de la bienveillance pour toi-même, et goûte à la beauté du monde ! *
Guy Gilbert
Elle passait ses dernières années couchée, les jambes prises par l'arthrite, sur ce qu'elle appelait son radeau : un divan poussé contre la fenêtre de son appartement du Palais-Royal, d'où elle observait le jardin en contrebas sans plus pouvoir y descendre.
Avant cela, Colette avait jardiné toute sa vie. À Saint-Sauveur-en-Puisaye d'abord, dans le jardin de son enfance qu'elle décrira sans fin. Puis en Provence, à la Treille Muscate, où elle cultivait elle-même ses fleurs. Et jusqu'au bout, réduite à un balcon et à un radeau, elle a continué de regarder pousser ce qu'elle ne pouvait plus toucher.
Cette obstination du regard, elle la tenait de sa mère. Sido ne lui avait jamais appris à aimer les fleurs pour elles-mêmes, mais à les voir vraiment. Un ordre, presque une discipline. Colette en a fait la matière de toute son oeuvre tardive, à commencer par ce livre où elle prête à sa mère cette phrase, devenue depuis un jugement autant qu'un aveu :
* Regarde. Ne perds pas ton temps à m'aimer. Regarde plutôt. *
Colette, La Naissance du jour, 1928
Quand les ombres seront sombres
Quand je quitterai ce bal
Comme une fumée qui monte
Viendras-tu avec moi ?
Quand le froid prendra la place
De la chaleur de ton corps
Quand mon sang se fera glace
Viendras-tu avec moi ?
Quand se tariront mes sources
Quand s'écouleront mes eaux
Vers des terres bien plus douces
Viendras-tu avec moi ?
Ah !
Les derniers ouvrages de Colette !
Angus !
C'est très beau, c'est très touchant !
Il n'y a qu'en vieillissant ...bien! qu'on peut ressentir tout cela
A qui cette si belle déclaration !
Il y a des gens qui souhaitent avoir une piscine chez eux, tandis que ceux qui en ont une l'utilisent à peine.
Ceux qui ont perdu un être cher ressentent profondément son absence, alors que d'autres, qui ont leurs proches près d'eux, se plaignent souvent d'eux.
Ceux qui n'ont pas de partenaire en rêvent, mais ceux qui en ont un, parfois, ne l'apprécient pas.
Ceux qui souffrent de la faim donneraient n'importe quoi pour un plat de nourriture, tandis que ceux qui en ont en abondance se plaignent du goût.
Ceux qui n'ont pas de voiture en rêvent, tandis que ceux qui en ont une cherchent toujours quelque chose de mieux.
La clé réside dans la gratitude, dans le fait de s'arrêter pour observer ce que nous possédons et de comprendre que, quelque part, quelqu'un donnerait tout pour ce que tu as déjà et que tu n'apprécies pas.
Hiroyuki Sanada
Pendant vingt ans, mon mari m'a répété que j'étais laide. Je l'ai cru. J'ai cessé de me regarder dans le miroir. J'ai arrêté de me prendre en photo. J'ai cessé d'être moi-même. Puis il est parti avec une autre femme et un inconnu, dans un autobus, m'a dit quelque chose qui m'a fait pleurer toute la nuit.
Il ne le disait pas avec cruauté. C'est cela qui est le plus difficile à expliquer.
Il ne criait pas, ne m'insultait pas. Il le disait comme on parle de la météo ou de la liste des courses. * Cette coiffure ne te va pas du tout. * * Cette couleur te vieillit. * * Les femmes comme toi ne devraient pas porter de décolleté. *
Puis il reprenait son journal, allumait la télévision ou se resservait un verre de vin.
Comme si c'était une évidence. Un fait objectif. Moi, laide.
Je m'appelle Amparo. J'ai 53 ans. Et pendant vingt ans de mariage avec Roberto, j'ai fini par croire, peu à peu, que le miroir me mentait et que lui disait la vérité.
Au début, je protestais. Je lui disais qu'il avait tort, que j'aimais mon apparence. Il souriait avec ce sourire bien à lui , patient, légèrement condescendant et répondait : * Comme tu veux, Amparo. Moi, je te dis seulement ce que je vois. *
Ce que je vois. Comme s'il avait accès à une vérité que moi-même j'étais incapable de percevoir.
Avec les années, j'ai cessé de protester.
D'abord, j'ai arrêté de porter les grandes boucles d'oreilles que j'adorais : *on dirait celles d'une gitane *, avait-il dit un jour. Puis j'ai abandonné le rouge à lèvres rouge que je portais depuis mes vingt ans - * avec cette bouche-là, mieux vaut ne pas la maquiller *. Puis les robes colorées. Puis les photos lors des réunions de famille , je me cachais toujours derrière quelqu'un, je sortais du cadre, ou je demandais qu'on ne me photographie pas.
Aux mariages de mes neveux, je ne figure sur aucune photo de groupe. Je disais que j'avais chaud, que j'allais chercher de l'eau, que je serai sur la suivante. Je n'y suis jamais apparue.
Mes amies me disaient que j'étais belle. Je les ignorais. Roberto savait mieux que personne , il me regardait depuis vingt ans, il devait forcément mieux me connaître que quiconque.
Je ne regardais le miroir que par nécessité. Juste assez pour ne pas sortir avec une tache sur les vêtements ou les cheveux en désordre. Rien de plus.
Cesser de me regarder est devenu facile. Quand on passe des années à croire que ce qu'on voit ne mérite aucune attention, on détourne les yeux sans même s'en rendre compte.
Roberto est parti il y a deux ans.
Il me l'avait pourtant laissé deviner depuis longtemps : il rentrait tard, souriait à son téléphone d'une manière qui ne m'était pas destinée, répondait par monosyllabes.
Quand il m'a annoncé qu'il avait rencontré quelqu'un, la première pensée qui m'est venue , je vous le jure fut : * Bien sûr. Elle, au moins, elle doit être belle. *
Je n'ai pas pleuré pour lui ce soir-là. J'ai pleuré à cause de cette phrase. Parce qu'elle m'avait semblé si naturelle.
Les mois qui ont suivi furent les plus étranges de ma vie. Seule dans l'appartement qui avait été le nôtre, avec le silence et les longues après-midis d'hiver.
Mes filles venaient le week-end. Mes amies appelaient. Je souriais, je disais que tout allait bien, puis je raccrochais et restais à fixer le mur.
Un jour, ma fille aînée, Lucía, m'a prise en photo sans que je m'en aperçoive. J'étais dans la cuisine, de dos, en train d'éplucher des pommes de terre.
Elle m'a envoyé la photo avec ce message :
* Regarde comme tu es belle, maman. *
Je l'ai supprimée sans répondre.
C'était un mardi de février.
Je rentrais du travail en autobus ,la ligne 27, celle qui passe par le Passeig de Gràcia et met quarante minutes.
J'étais debout, accrochée à la barre, regardant par la fenêtre sans réellement voir quoi que ce soit.
À l'arrêt de la place Catalogne, beaucoup de monde est monté. On m'a poussée légèrement vers le centre du bus.
L'homme qui s'est retrouvé à côté de moi devait avoir une soixantaine d'années, les cheveux blancs et une écharpe verte. Il regardait son téléphone.
À l'arrêt suivant, quelqu'un m'a marché sur le pied et j'ai perdu l'équilibre. L'homme m'a retenue par le bras.
- Vous allez bien ? demanda-t-il.
- Oui, merci, répondis-je sans le regarder.
Un silence.
Puis il dit doucement, presque pour lui-même :
- Vous avez de très beaux yeux, vous savez.
Je suis restée immobile. J'ai pensé qu'il parlait à quelqu'un d'autre. J'ai regardé autour de moi , il n'y avait personne.
- Pardon ? demandai-je. Vous me parlez à moi ?
- Oui, répondit-il, un peu surpris de ma réaction. La lumière du coucher du soleil tombait directement sur vos yeux et ,enfin , je n'ai pas pu m'empêcher de vous le dire. Excusez-moi si cela vous semble déplacé.
Il est descendu à l'arrêt suivant. Moi, je suis restée agrippée à la barre, fixant l'endroit où il se trouvait quelques secondes auparavant.
Je suis rentrée chez moi, j'ai fermé la porte, me suis assise par terre dans l'entrée.
Et j'ai pleuré pendant des heures.
Pas seulement de tristesse. Ou du moins, pas uniquement.
J'ai pleuré parce qu'un homme qui ne me connaissait pas avait vu en moi quelque chose que je n'étais plus capable de voir depuis vingt ans.
J'ai pleuré parce que j'avais cru Roberto davantage que mes amies, davantage que ma fille, davantage que moi-même.
J'ai pleuré pour toutes ces années sans photos, sans grandes boucles d'oreilles, sans rouge à lèvres rouge. Pour tous ces mariages où je me cachais. Pour cette femme que j'avais laissée disparaître sans même m'en apercevoir.
Cette nuit-là, je me suis relevée du sol. Je suis allée dans la salle de bain. Je me suis regardée dans le miroir , vraiment, pour la première fois depuis des années.
Et je n'ai pas détourné les yeux.
Aujourd'hui, je porte de nouveau du rouge à lèvres rouge. Et mes grandes boucles d'oreilles. Et j'apparais sur les photos.
Pas parce qu'un inconnu me l'a dit.
Mais parce que, cette nuit-là, j'ai compris quelque chose que j'aurais dû savoir depuis longtemps :
La personne qui vous regarde depuis le plus grand nombre d'années n'est pas forcément celle qui vous voit le mieux.
Parfois, celle qui vous voit le plus mal ,c'est vous-même. Parce qu'on vous a appris à vous regarder ainsi.
Kateri Seraphina
Artiste peintre : * Le bonheur est comme un parfum , on le porte sur soi pour le faire respirer aux autres .
Vous reconnaissez-vous dans ce texte de Jodie Foster ?
*J'étais de ces personnes prêtes à traverser l'océan pour quelqu'un qui, lui, n'aurait même pas traversé la rue pour moi. Je demandais pardon, même lorsque je n'avais rien fait de mal. Il m'a fallu beaucoup de temps pour comprendre que ce n'étaient pas les autres qui me rendaient triste ou déçue, mais ma propre illusion : celle de croire que chacun porte en lui le même coeur que moi.
C'est ce qui arrive quand certaines personnes ne t'aiment pas.Et parmi elles, il y avait toi. Mais j'ai puisé en moi la force, la dignité, le courage et j'ai appris.*
Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.
Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.
Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.
Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.
Louise Labé, Sonnets, 1555 (Sonnet VIII)
* Avec les années, on apprend que les mensonges mènent à l'abandon, et que la solitude, au fond, n'est pas une si mauvaise compagne. On comprend que les déceptions ouvrent les yeux, mais ferment le coeur. Les années nous apprennent à ne plus faire confiance, à réaliser qu'il existe des personnes qui ne sont pas ce qu'elles prétendent être, que celui qui t'a trompé une fois te trompera encore, car les gens ne changent pas, ils apprennent simplement à mentir mieux.
Avec le temps, on apprend que la solitude est un luxe, qu'il n'y a rien de plus précieux que de ne dépendre de personne, pour que personne ne te blesse, ne te juge, ni ne te mente.*
Harrison Ford.
Que c'est vrai !
Merci Yvan très joli texte à lire
MON ÂME EST PRESSÉE
J'ai compté mes années et découvert que j'ai moins de temps à vivre devant moi que derrière moi.
Je me sens comme cet enfant qui a reçu un paquet de bonbons : il a savouré les premiers avec insouciance, mais, lorsqu'il a réalisé qu'ils étaient peu nombreux, il a commencé à les goûter avec une intensité nouvelle.
Je n'ai plus de temps à perdre avec des gens absurdes, ceux qui, malgré leur âge, n'ont pas mûri.
Mon temps est trop précieux pour débattre de titres ou de futilités. Je cherche l'essence, car mon âme est pressée, et il reste peu de douceurs dans mon paquet.
Je veux vivre aux côtés de personnes profondément humaines, celles qui savent rire de leurs erreurs, qui ne se gonflent pas d'orgueil face à leurs triomphes, et qui ne fuient pas leurs responsabilités.
Je veux marcher avec celles et ceux qui défendent la dignité humaine, qui s'attachent à la vérité et à l'honnêteté.
L'essentiel, voilà ce qui donne un sens à la vie, ce qui la rend belle et précieuse.
Je veux m'entourer de personnes capables de toucher le coeur, de celles dont les épreuves ont adouci l'âme au lieu de l'endurcir.
Oui, j'ai hâte. J'ai hâte de vivre avec l'intensité que seule la maturité peut offrir.
Je ne veux pas gaspiller une seule des douceurs qu'il me reste. Je sais qu'elles seront encore plus exquises que celles que j'ai goûtées jusqu'à présent.
Mon but est d'atteindre la fin en paix, le coeur serein, entouré des êtres que j'aime et en harmonie avec ma conscience.
On dit que nous avons deux vies, et que la seconde commence lorsque l'on comprend que nous n'en avons qu'une.
Je suis dans ma seconde vie.
Je n'ai plus le temps que pour le bonheur.
-Mario de Andrade. (The valuable time of maturity.)
Il arrive un moment où l'on ne ressent plus le besoin de prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. Non pas parce qu'on a abandonné, mais parce qu'on a grandi.
Morgan Freeman
Je pense que les femmes sont folles si elles prétendent être les mêmes ou égales des hommes. Elles sont tout à fait supérieures à eux et l'ont toujours été ! Tout ce que tu donnes à une femme elle le transformera en mieux ! Si vous lui donnez du sperme elle vous donnera un fils, si tu lui donne une maison, elle la transformera en un chez toi, un cocon confortable et douillet, si tu lui donne des aliments, elle les transformera en un repas délicieux, si tu lui souris, elle te donnera son coeur ! Elle magnifie et multiplie tout ce que vous lui donner !
William Golding
- Un été que je n'ai jamais vu, que je ne croyais pas possible dans nos climats tempérés : Des journées où le thermomètre montait à l'ombre à 45 degrés, plus un brin d'herbe, plus une fleur au 1 er Juillet, les arbres jaunis perdant leurs feuilles, la terre fendue s'ouvrant comme pour nous ensevelir, l'effroi d'un manque d'eau d'un jour à l'autre ...
Georges Sand décrivait la canicule en France le 15 septembre 1870 dans * le journal d'un voyageur pendant la guerre*.
*Ne restez pas à pleurer devant ma tombe,
Je n'y suis pas, je n'y dors pas.
Je suis un millier de vents qui soufflent,
Je suis le scintillement du diamant sur la neige,
Je suis la lumière du soleil sur le grain mûr,
Je suis la douce pluie d'automne,
Je suis le silence du matin,
Je suis dans la course gracieuse
Des magnifiques oiseaux qui volent,
Je suis la douce étoile qui brille la nuit.
Je suis dans chaque fleur qui s'épanouit,
Je suis dans une pièce tranquille.
Je suis dans chaque oiseau qui chante,
Je suis dans chaque belle chose.
Ne vous tenez pas devant ma tombe en pleurant,
Je n'y suis pas. Je ne suis pas mort.*
Mary Elizabeth Frye
*Ne restez pas à pleurer sur ma tombe *et il a été écrit en 1932 dans sa forme originale *Do not stand at my grave and weep*.
Bonsoir yvan,
Vos mots résonnent comme un appel à une poésie libre qui ose émouvoir questionner bousculer les certitudes.
Merci à toi pour ce magnifique partage.
Merci pour ce magnifique partage !!
- Quand ils auront coupé le dernier arbre , pollué le dernier ruisseau , péché le dernier poisson , alors ils s'apercevront que l'argent ne se mange pas .
Sitting Bull , guerrier sioux.
* La chose la plus importante dans toutes les relations humaines est la communication.
Mais malheureusement, les gens ne parlent plus, ils ne s'assoient plus pour parler et écouter.
Ils vont au théâtre, au cinéma, regardent la télévision, écoutent la radio, lisent des livres, mais ils ne parlent presque jamais.
Si nous voulons changer le monde, nous devons revenir à une époque où les guerriers se réunissaient autour d'un feu et racontaient des histoires."
Paulo Coelho : Le Zahir
Parce que l'idéal de la femme, séduisante mais pas p*te, bien mariée mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir, pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l'esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d'école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cultivée mais moins qu'un homme, cette femme heureuse qu'on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l'effort de ressembler, à part qu'elle a l'air de beaucoup s'emmerder pour pas grand-chose, de toutes façons je ne l'ai jamais croisée, nulle part.
Je crois bien qu'elle n'existe pas.
Virginie Despentes, King Kong théorie.
* J'ai appris que l'amour peut arriver par surprise ou mourir en une nuit.
Que de grands amis peuvent devenir de parfaits inconnus, et qu'au contraire, un inconnu peut devenir un ami pour la vie.
Que le * jamais plus * n'arrive jamais et que * pour toujours * a une fin .
Que celui qui veut, peut et y arrive. Que celui qui prend des risques ne perd jamais rien, et que celui qui ne risque rien ne gagne jamais rien.
Que si on veut voir quelqu'un, il faut aller le chercher, car après c'est trop tard .
Qu'avoir mal est inévitable, mais que souffrir est en option, et surtout, j'ai appris que nier les choses les plus évidentes ne sert absolument a rien."
Elif Shafak
Mes premières vacances en 4 CV .
Je me souviens encore de mon premier départ en vacances. Je venais tout juste d'avoir mon permis et, pour l'occasion, j'avais acheté une 4 CV d'occasion, en 1953. Quelle aventure !
Je n'avais pas fait dix kilomètres que j'étais déjà arrêté et verbalisé. Les vacances commençaient bien !
L'agent m'expliqua qu'il me suivait depuis plusieurs kilomètres et qu'il avait remarqué que je roulais au milieu de la route. Je lui répondis que, pour moi, c'était simplement une question de sécurité : puisqu'il n'y avait personne en face, je trouvais plus prudent de rester au milieu plutôt que de serrer sur le côté !
À mes yeux, mon explication était parfaitement logique. Je pensais même avoir trouvé un bon argument pour me défendre. Mais l'agent ne semblait pas vraiment de mon avis. Il m'a tout de même dressé une contravention.
Je vous laisse imaginer ma tête ! Moi qui venais d'avoir mon permis, qui étais si heureux de partir en vacances avec ma 4 CV, je me retrouvais déjà avec une amende avant même d'avoir commencé mon voyage. Les vacances commençaient bien !
Avec le recul, cette histoire me fait sourire. Je crois que ce jour-là, j'ai compris qu'avoir son permis, ce n'était pas seulement savoir conduire une voiture, mais qu'il fallait aussi apprendre à respecter les règles de la route même quand on pensait avoir de bonnes raisons de faire autrement.
En tout cas, je n'ai jamais oublié ce premier départ en vacances. Ma 4 CV, mon permis tout neuf, l'enthousiasme de la jeunesse et cette fameuse contravention après seulement dix kilomètres : finalement, c'était peut-être ça aussi, les débuts de l'aventure automobile !
J-Yves Turquin.
Je n'ai plus de patience pour certaines choses, non pas parce que je suis devenue arrogante, mais simplement parce que je suis arrivée à un moment de ma vie où je ne veux plus perdre de temps avec ce qui, ou ceux qui, ne me conviennent pas.
Je n'ai plus de patience pour le mépris, la bêtise ou le mensonge, quels qu'ils soient. Je n'ai plus le désir de plaire à des personnes que je n'aime pas, ni la patience d'aimer quelqu'un qui ne m'aime pas.
Je ne consacrerai plus un seul instant de mon existence à quiconque ment ou cherche à manipuler les autres. Je ne supporte plus l'arrogance vide et prétentieuse.
Je crois en l'humanité, en la justice et en la bonté de l'être humain lorsqu'il se montre bienveillant, généreux et bon. Mon âme ne peut plus supporter les querelles des hommes pour des choses futiles. Je m'en lasse aussitôt.
Par-dessus tout, je n'ai plus de patience pour ceux qui ne méritent pas ma patience.
Meryl Streep
Histoire vraie.
Il pouvait lire deux pages à la fois , une par oeil. Il a mémorisé 12 000 livres mot pour mot. Les médecins recommandaient de l'institutionnaliser. Son père a refusé et ce cerveau * brisé" a inspiré Rain Man.
Quand Kim Peek est né le 11 novembre 1951, les médecins ont jeté un coup d'oeil à son crâne et ont rendu un verdict dévastateur à ses parents.
Sa tête était anormalement grande. Les scanners cérébraux révélaient des anomalies catastrophiques. Il lui manquait le corps calleux , ce faisceau de 200 millions de fibres nerveuses reliant les deux hémisphères du cerveau.
Sans lui, disaient les médecins, il ne marcherait jamais, ne parlerait jamais, ne pourrait jamais fonctionner de manière autonome. Il serait un légume.
Leur recommandation était claire : * Institutionnalisez-le immédiatement et reprenez votre vie.*
Le père de Kim, Fran Peek, regarda son nouveau-né et dit : * Non.*
Il ramena Kim à la maison. Et découvrit que le cerveau *brisé* de son fils pouvait accomplir des choses qu'aucun cerveau normal ne pourrait jamais faire.
À trois ans, pendant que les autres enfants apprenaient à compter jusqu'à dix, Kim Peek mémorisait des livres entiers après les avoir entendus lire une seule fois.
Pas seulement retenir l'histoire , mémoriser chaque mot, chaque numéro de page, chaque signe de ponctuation.
Son père lui faisait la lecture le soir. Le lendemain matin, Kim pouvait réciter le livre entier à l'endroit comme à l'envers, sans la moindre erreur.
Au fil des années, ses capacités devinrent de plus en plus extraordinaires et de plus en plus inexplicables.
Il pouvait lire un livre en environ une heure en parcourant les deux pages simultanément : son oeil gauche lisait la page de gauche, son oeil droit la page de droite, chacun traitant l'information de façon indépendante et simultanée.
Il retenait 98 pour cent de tout ce qu'il lisait.
Au cours de sa vie, Kim Peek a mémorisé environ 12 000 livres : histoire, littérature, géographie, musique, statistiques sportives, Shakespeare, la Bible, des annuaires téléphoniques, des codes postaux, des almanachs, des encyclopédies.
Son esprit absorbait tout, de façon permanente.
Demandez-lui ce qui s'est passé le 15 mars 1847, et il vous dirait instantanément que c'était un lundi, décrirait les événements historiques de ce jour, citerait des articles de journaux et énumérerait les conditions météorologiques.
Demandez-lui le code postal 84321, et il vous répondrait : * Logan, Utah. Population 48 174 habitants. Coordonnées 41,7.N, 111,8.O. Siège de l'Université d'État de l'Utah, fondée en 1888.*
Son cerveau fonctionnait comme un superordinateur à capacité de stockage illimitée sauf qu'aucun ordinateur ne pouvait rivaliser avec sa vitesse ni sa précision.
Les scientifiques ont étudié Kim de manière approfondie, cherchant à comprendre comment un cerveau dépourvu de corps calleux pouvait fonctionner du tout, et encore moins à un niveau surhumain.
Leur théorie : sans la barrière habituelle entre les hémisphères, l'information circulait librement à travers l'ensemble du cerveau, créant une capacité mémorielle extraordinaire et des connexions neuronales inhabituelles.
Mais ce don remarquable s'accompagnait de coûts dévastateurs.
Kim n'a jamais appris à boutonner sa chemise. Il ne pouvait pas se brosser les dents seul. Il marchait avec difficulté et maladresse, ses capacités motrices sévèrement altérées par ses anomalies cérébrales.
Les interactions sociales le déconcertaient , il peinait à comprendre le sarcasme, les métaphores, les concepts abstraits, ou pourquoi les gens disaient parfois des choses qu'ils ne pensaient pas.
Il avait besoin de son père, Fran, pour tout. S'habiller. Manger. Se laver. Naviguer dans le monde.
Fran devint le soignant, le protecteur et le compagnon de toute une vie de Kim , consacrant son existence à prendre soin du fils que les médecins avaient jugé indigne d'effort.
Pendant des décennies, Kim vécut discrètement avec son père à Salt Lake City, dans l'Utah. Ses capacités extraordinaires n'étaient connues que de sa famille et du personnel des bibliothèques locales, qui s'émerveillaient de cet homme ayant mémorisé l'intégralité de leurs collections.
Puis, en 1984, tout changea.
Le scénariste Barry Morrow rencontra Kim Peek lors d'une conférence pour personnes handicapées. Barry lui posa une question anodine sur des dates historiques, s'attendant à une réponse lente et laborieuse.
Au lieu de cela, Kim égrena instantanément des événements historiques, des conditions météorologiques et des manchettes de journaux de cette date précise, des décennies plus tôt , avec une exactitude parfaite et une rapidité foudroyante.
Barry était stupéfait. Il passa des heures à discuter avec Kim, lui posant des questions impossibles, observant cet homme aux handicaps sévères accéder à des informations plus vite que n'importe quelle bibliothèque de référence.
Mais ce qui frappa Barry le plus n'était pas les capacités de Kim , c'était sa chaleur, son humour doux, son intérêt sincère pour les gens, son humanité rayonnant à travers ses différences.
Barry décida d'écrire un scénario inspiré de Kim.
Ce scénario devint Rain Man.
En 1988, Rain Man sortit sur les écrans, avec Dustin Hoffman dans le rôle de Raymond Babbitt , un savant aux extraordinaires capacités mathématiques et mnémoniques, et aux profondes difficultés sociales.
Le personnage était directement inspiré de Kim Peek, bien que le film ait modifié plusieurs détails à des fins dramatiques, notamment en faisant de Raymond un autiste. (Kim n'était pas autiste , il présentait une constellation unique de conditions résultant de ses anomalies cérébrales.)
Dustin Hoffman rencontra Kim avant le tournage pour comprendre comment le portraiturer de façon authentique. Après avoir passé du temps avec lui, Hoffman déclara : * Rencontrer Kim a transformé ma compréhension de ce dont l'esprit humain est capable et de ce que signifie vraiment la compassion.*
Rain Man remporta quatre Oscars, dont celui du Meilleur film. Il devint un phénomène culturel, faisant découvrir à des millions de personnes dans le monde entier le syndrome du savant et la neurodiversité.
Et Kim Peek ? le vrai Rain Man devint soudainement célèbre.
Après la sortie du film, Fran et Kim commencèrent à voyager abondamment, donnant des conférences sur les capacités de Kim et défendant la cause des personnes handicapées.
Ils visitèrent des écoles, des universités, des hôpitaux et des conférences à travers l'Amérique et à l'international.
Le public venait s'attendre à voir une curiosité , une calculatrice humaine, un tour de passe-passe. Ce qu'il trouvait était bien plus profond : un homme qui aimait Shakespeare, qui riait aux blagues (quand il les comprenait), qui s'enquérait des familles des gens et se souvenait de chaque détail qu'ils lui avaient confié des années plus tard.
Kim montait sur scène, et les gens le testaient avec des questions impossibles :
*Quel jour de la semaine était le 17 août 1921 ?*
*Mardi. Babe Ruth a frappé son 139 ème home run en carrière ce jour-là contre les Detroit Tigers.*
* Quelle est la capitale du Burkina Faso et sa population ? *
*Ouagadougou, population d'environ 2,2 millions d'habitants en 2009.*
* Récitez l'ouverture de Hamlet.*
Kim récitait l'intégralité du premier acte, mot pour mot, didascalies comprises, sans la moindre hésitation.
Les scientifiques restaient perplexes. La NASA étudia la structure du cerveau de Kim à l'aide d'imagerie avancée. Des neurologues rédigèrent des articles. Des chercheurs proposèrent des théories sur son architecture neuronale unique.
Personne ne pouvait expliquer pleinement le fonctionnement de son esprit.
Mais Kim ne se souciait pas d'être expliqué ou étudié. Ce qui lui importait, c'était de se connecter aux gens.
Après chaque conférence, il passait des heures à rencontrer les membres du public individuellement, s'enquérant de leur vie, leur proposant des recommandations de livres selon leurs centres d'intérêt, les faisant rire, leur donnant le sentiment d'exister.
Son père Fran regardait son fils que l'on avait condamné comme sans espoir à la naissance , inspirer des milliers de personnes simplement en étant authentiquement lui-même.
Le 19 décembre 2009, Kim Peek mourut d'une crise cardiaque à l'âge de 58 ans.
Sa mort fit la une des journaux du monde entier. Les scientifiques pleurèrent la perte de l'un des esprits les plus extraordinaires jamais étudiés.
Mais ceux qui l'avaient rencontré pleuraient autre chose : sa gentillesse, son enthousiasme, sa joie sincère à se connecter aux autres, sa capacité à faire sentir à chaque personne qu'il croisait qu'elle comptait.
Après la mort de Kim, son cerveau fut donné à la science. Des chercheurs l'étudient encore aujourd'hui, cherchant toujours à comprendre comment un cerveau présentant des anomalies structurelles aussi sévères a pu produire des capacités aussi extraordinaires.
Ils ont découvert quelques réponses : son cerveau a compensé les structures manquantes en développant des connexions neuronales hautement inhabituelles. Ses centres de mémoire étaient massivement surdéveloppés. Ses voies neuronales ne ressemblaient à rien de ce qui avait été documenté dans la littérature médicale.
Mais ils ne peuvent toujours pas expliquer pleinement Kim Peek.
Comment il lisait deux pages simultanément avec un traitement oculaire indépendant. Comment il mémorisait 12 000 livres avec 98 pour cent de rétention. Comment il pouvait accéder instantanément à n'importe quelle information stockée, comme un moteur de recherche biologique.
Certains mystères ne sont pas faits pour être résolus ,seulement pour être témoignés, célébrés et honorés.
Kim Peek a prouvé que handicap et génie peuvent coexister chez la même personne. Qu'un cerveau dépourvu de structures essentielles peut tout de même produire des miracles.
Que quelqu'un qui ne pouvait pas boutonner sa propre chemise pouvait changer la façon dont le monde comprend le potentiel humain et la neurodiversité.
Il a prouvé que la * normalité * est surestimée, que différent ne signifie pas inférieur, et que les esprits les plus extraordinaires se présentent parfois dans les emballages les plus inattendus.
Les médecins disaient qu'il ne pourrait jamais fonctionner. Il a mémorisé plus de livres que la plupart des gens n'en liront en dix vies.
Ils disaient que son cerveau était brisé. Il était simplement construit différemment et meilleur dans certains domaines que n'importe quel cerveau * normal * ne pourrait jamais l'être.
Son père a refusé de renoncer à lui. Et Kim a passé 58 ans à prouver que les pronostics médicaux ne sont pas un destin, que l'amour compte plus que le diagnostic, et que chaque vie humaine a une valeur inestimable.
Kim Peek : 11 novembre 1951 - 19 décembre 2009
Le vrai Rain Man qui a lu 12 000 livres et s'est souvenu de chaque mot.
L'homme né sans la partie du cerveau qui relie gauche et droite , et qui s'est connecté à chaque personne qu'il a rencontrée malgré tout.
Le *mégasavant* qui a prouvé que le potentiel du cerveau humain est bien plus grand, bien plus étrange, et bien plus beau que nous ne l'avions jamais imaginé.
Souvenez-vous de son nom. Souvenez-vous de ce qu'il nous a appris sur les capacités humaines, sur la valeur de chaque vie, sur le fait de regarder au-delà du handicap pour voir une capacité extraordinaire.
Et souvenez-vous de Fran Peek , le père qui a dit * non * aux médecins, *oui* à son fils, et qui a passé toute une vie à prouver que l'amour et la détermination peuvent défier n'importe quel diagnostic.
Saluons cet homme.
En 1914, Marguerite Duras n'existe pas encore sous ce nom : elle s'appelle Marguerite Donnadieu, elle a neuf mois, et elle vient de naître à Gia Dinh, en Indochine, où son père enseigne les mathématiques. Elle y passera toute son enfance, dans une pauvreté que la famille ne quittera jamais vraiment, même après la mort du père, même après l'échec d'une concession de terre achetée à un fonctionnaire corrompu , cette terre rongée par le sel de la mer qui reviendra, obsédante, dans plusieurs de ses livres.
Elle a soixante-dix ans passés quand elle publie le texte qui raconte enfin, sans détour, cette enfance-là :
* L'histoire de ma vie n'existe pas. Ça n'existe pas. Il n'y a jamais de centre. *
Marguerite Duras - L'Amant, 1984
Elle aura mis presque toute une vie à écrire qu'il n'y avait rien à raconter d'un seul tenant et c'est peut-être la phrase la plus honnête qu'on puisse écrire sur soi-même.
Est-ce qu'on peut vraiment raconter sa propre vie, ou seulement des fragments qu'on choisit d'assembler ?
Je me consacre à moi-même, pour le reste de ma vie, sans hâte, sans excuses. Je ne sais combien de temps il me reste, mais je veux le dépenser en restant fidèle à ce que je suis, sans laisser quiconque troubler ma paix intérieure.
Je m'accorde désormais le droit d'ouvrir une bouteille de vin sans raison particulière, de m'offrir des fleurs sans attendre qu'on me les offre, de marcher sans jamais me retourner.
Le bonheur m'a trouvée le jour où j'ai cessé de le chercher chez les autres et que je l'ai découvert en moi.
La vie ne se rejoue pas. Et moi, j'ai décidé de la vivre pleinement.
Meryl Streep
Une histoire vraie.
Une Australienne nommée Jordan Hauenschild a quitté son emploi pour partir vivre en Amazonie après être tombée par hasard sur le profil Instagram d'un homme autochtone kichwa nommé Pitiuruk.
Fascinée par les vidéos qu'il partageait sur son mode de vie au coeur de la jungle, elle lui a envoyé un message. Après plusieurs mois de conversations, elle a décidé de traverser le monde pour le rencontrer.
Selon une analyse publiée dans Taylor & Francis Online, ce type de comportement s'inscrit dans un phénomène appelé le mythe du paysage incarné (embodied landscape myth), lié à une fascination écoprimitiviste.
En psychologie et en sociologie, ce phénomène désigne la tendance de certaines personnes occidentales à projeter leurs désirs d'authenticité, de liberté et de rupture avec la société de consommation sur les peuples autochtones et les environnements sauvages.
L'étude explique que ces récits reposent souvent sur une vision idéalisée : la nature, perçue comme vierge et préservée, est inconsciemment associée à une supposée pureté des populations qui y vivent.
Un anonyme.
Je suis en paix avec ma solitude.
Je chemine à mon rythme, concentré sur mes rêves, porté tantôt par une énergie débordante, tantôt par un calme profond. Parfois, l'envie me prend de partir, de voir le monde, de croiser des visages inconnus. D'autres fois, je préfère rester chez moi, à ne rien faire d'autre qu'exister, simplement.
Peu m'importe si le téléphone reste muet, si personne n'écrit. Je n'attends rien de personne. Ce qui m'importe vraiment, c'est la sérénité que j'ai su construire, cette paix rare et précieuse qui emplit mes jours. Je ne cours après personne, je ne réponds à personne. Mon coeur ne quémande plus.
Si un jour quelqu'un entre dans ma vie, il ou elle devra être à la hauteur de ce trésor de tranquillité que je possède. Car j'ai appris à m'aimer suffisamment pour savoir que ma paix vaut plus que n'importe quelle présence passagère.
Emmanuel Zavala, À l'aise avec ma solitude
Je suis d'accord avec ce monsieur ZAVALA.
De plus je voulais te remercier pour tes deux sujets :
Celui de l'humour et celui de la philosophie.
Cela fait du bien de voir un esprit ouvert.
Amicalement.
Bonne soirée
Et bravo à tous les modérateurs d'aider les personnes un peu perdues dans la nouvelle version de ce site.
L'écrivain Olivier Delacroix , invité de l'émission * Libre à vous * sur Le Figaro TV, a présenté son livre *Le syndrome de l'imposteur* (Fayard). Il y critique les influenceurs, qu'il qualifie d' imposteurs , leur reprochant de donner une vision faussée de la réussite. Selon lui, leurs publications sur les réseaux sociaux, souvent centrées sur le luxe et les loisirs, créent chez certains jeunes l'illusion qu'il est possible de devenir riche sans effort ni véritable travail.
Sources des informations citées : Le Figaro
Si vous avez déjà atteint soixante ans, cessez de compter les pièces et commencez à compter les moments.
Parce que pendant que vous continuez à épargner *au cas où* les *au cas où* affûtent leurs crocs, attendant votre fatigue pour profiter de ce que vous ne vous êtes pas permis.
Vous avez déjà travaillé, déjà élevé vos enfants, déjà souffert.
Maintenant, c'est votre tour de regarder l'aube avec calme, de vous offrir ce que vous avez toujours reporté, de prendre le café le plus cher sans culpabilité et avec un sourire.
Ne vous lancez pas dans des affaires folles et ne vous laissez pas convaincre par le fils *entrepreneur* qui a toujours une *grande idée* et jamais de facture payée.
Et s'il vous plaît : ne vivez pas avec vos enfants. Visitez-les, embrassez-les, mais conservez votre porte et votre paix.
Ne portez pas les problèmes de quiconque. Les petits-enfants sont là pour rire, pas pour être élevés ; les enfants, pour aimer, pas pour subvenir à leurs besoins.
À cet âge, prenez soin de votre corps, mais surtout de votre esprit. Ne parlez pas trop de maladies ni de pilules ; parlez de voyages, de chansons, de souvenirs heureux.
Et si quelqu'un vous dit que * vous ne servez plus à rien *, souriez avec élégance et pensez que cette personne ne comprend pas encore ce que c'est d'aller loin sans rien devoir à personne.
Riez, vivez et laissez les autres s'aigrir à leur guise.
Vous avez déjà gagné : vous êtes toujours là, debout, avec une histoire et du style.
Et ça, c'est vraiment un privilège !
Gabriel García Márquez
L'histoire vraie de Waris Dirie
À l'âge de six ans, elle était déjà responsable d'une soixantaine de chèvres et de moutons, parcourant chaque jour de longues distances à la recherche d'eau et de pâturages. Son prénom signifiait * fleur du désert *, mais son enfance fut marquée par de nombreuses épreuves.
Waris Dirie est née en 1965 dans une famille nomade traditionnelle du désert somalien. La vie y était difficile, et chaque journée exigeait courage et endurance. Pourtant, le plus grand défi qu'elle allait affronter ne venait ni de la chaleur ni du manque de ressources.
Il provenait d'une ancienne tradition profondément enracinée dans certaines communautés.
À l'âge de cinq ans, elle fut conduite dans un endroit isolé du désert où elle subit une intervention traditionnelle pratiquée sur de nombreuses petites filles à cette époque.
Il n'y avait ni assistance médicale ni conditions adaptées. Sa mère et sa tante étaient présentes, convaincues d'agir conformément aux coutumes de leur société.
Cette expérience marqua profondément son enfance. Elle entraîna de lourdes conséquences pour sa santé et laissa des souvenirs douloureux qui l'accompagnèrent durant de nombreuses années.
À treize ans, son père décida de la promettre en mariage à un homme beaucoup plus âgé.
Refusant ce destin, sa mère l'aida discrètement à partir. Pieds nus, effrayée mais déterminée, Waris traversa seule de vastes étendues désertiques jusqu'à atteindre Mogadiscio.
Par la suite, un oncle occupant un poste diplomatique l'emmena à Londres, où elle travailla comme aide domestique.
Pendant plusieurs années, elle vécut dans un grand isolement. Elle ne parlait pas anglais et ne savait ni lire ni écrire.
Lorsque la mission de son oncle prit fin, elle choisit de rester en Angleterre. Pour subvenir à ses besoins, elle travailla dans un restaurant tout en suivant des cours du soir afin d'apprendre à lire et à écrire.
Un après-midi de 1987, le célèbre photographe de mode Terence Donovan remarqua sa présence singulière et son élégance naturelle.
* Avez-vous déjà pensé à devenir mannequin ? *, lui demanda-t-il.
* Je ne sais même pas ce qu'est un mannequin *, répondit-elle avec étonnement.
Cette rencontre allait transformer sa vie.
En peu de temps, Waris accéda à une renommée internationale.
Elle participa au prestigieux calendrier Pirelli aux côtés de Naomi Campbell, défila sur les podiums de Paris et de New York et collabora avec des marques prestigieuses telles que Chanel, L'Oréal et Revlon. Elle fit également une apparition dans un film de James Bond.
Aux yeux du monde, son parcours ressemblait à un conte de fées moderne. Pourtant, derrière le succès et les projecteurs, elle continuait de porter le poids de son histoire.
En 1997, alors qu'elle était au sommet de sa carrière, une journaliste du magazine Marie Claire la rencontra pour raconter son incroyable ascension. Waris décida alors de partager une part essentielle de son vécu.
* Vous avez déjà écrit beaucoup d'articles sur les mannequins *, dit-elle. * Si vous acceptez de raconter mon histoire telle qu'elle est, alors je vous parlerai de quelque chose d'important. *
Elle évoqua avec sincérité les épreuves traversées durant son enfance et attira l'attention sur la situation de nombreuses jeunes filles confrontées à des réalités similaires.
Son témoignage suscita une prise de conscience internationale et contribua à ouvrir un dialogue mondial sur cette question.
Peu après, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, la nomma Ambassadrice spéciale. À seulement trente-deux ans, elle choisit de consacrer une grande partie de son énergie à la sensibilisation et à la protection des jeunes filles.
Elle écrivit son best-seller international Fleur du désert, créa des fondations et soutint la mise en place de structures d'aide destinées aux survivantes.
Grâce à son engagement, de nombreuses initiatives virent le jour à travers le monde. Des communautés entamèrent des réflexions profondes, des lois évoluèrent et un nombre considérable de jeunes filles bénéficièrent d'une meilleure protection.
Waris Dirie a démontré qu'il est possible de surmonter les épreuves les plus difficiles, de transformer sa souffrance en force et d'inspirer un changement positif à grande échelle.
Aujourd'hui, son histoire continue d'encourager des millions de personnes. Elle rappelle que le courage, l'espoir et la détermination peuvent éclore même dans les environnements les plus difficiles, comme une fleur qui s'épanouit au coeur du désert.
Bonjour tous
J'avais remarqué ce sujet mais quand il a été créé pas le temps de m'y intéresser.
Et puis fin juin mon éditeur ÉLP a mis la clef sous la porte (retraite et décès d'un des trois créateurs). Et je suis à l'hôpital (soucis liés à la canicule).
Alors je vais y publier déjà "La saga de Rainette".
Un ensemble de 5 fables avec un personnage central, la grenouille Rainette. Presque toutes ces fables ont été publiées (4/5), et même multi-récompensée pour la dernière.
Des fables originales.,. ou réécrites par moi parce que leur morale me choquait.
Si un jour j'ai le temps et la motivation je tenterai de faire publier mon recueil de nouvelles.
"La saga de Rainette"
"Qui donc pourra faire taire les grondements de bête ?" (« Annihilation » - Homo plebis ultimae tour). Hubert-Félix Thiéfaine
**************01- Surpopulation.**************
Jadis, une jeune rainette partit en quête d'une mare inhabitée. Elle avait mal vécu toutes les mutations de sa jeunesse dans la promiscuité et le surpeuplement, et aspirait à un havre de paix et de sérénité.
Elle en dénicha une toute petite : le charme d'une fine pellicule verte, le calme du lieu et aucune autre grenouille à l'horizon. Le soir venu, gavée d'insectes volants guère effarouchés par ce mignon animal, elle se résolut à passer sa nuit sur le superbe nénuphar flottant au milieu du minuscule étang.
Au réveil, elle découvrit un second nénuphar juste à côté du sien. Sans y prêter attention et curieuse des alentours, elle explora les rives et les abords du plan d'eau. Elle perçut un aimable coassement et se dirigea vers la source de ce chant. Un charmant batracien fredonnait une douce mélodie qui émut fort la rainette. Son coeur en chavira tant que, au crépuscule, ils se retrouvèrent l'un contre l'autre à échanger de doux câlins.
Le lendemain matin, enlacés sur la rive, rassasiés de bonheur, ils aperçurent quatre nénuphars. Elle se sentit dolente en fin de matinée et son compagnon pourvut à tous ses besoins. En début de soirée, la souffrance empira ; soudain, deux petits oeufs surgirent. Le couple néophyte s'émerveilla de ces pontes inattendues. L'amant s'empressa de confectionner d'adorables berceaux emplis d'eau et les installa au pied des fleurs pour aider peut-être aux mues prochaines. Au petit jour, la flore aquatique avait encore doublé. Un quatuor de copains de son nouvel amoureux vint en visite et choisit de rester dans ce paradis. De proche en proche, d'amis en connaissances, de frères en soeurs, de cousins en cousines et d'éclosions en sus, chacun des nouveaux nénuphars, toujours prolifiques eux aussi, se trouvait occupé : certains par une grenouille, un couple, une jeune grenouillette.,. ou d'autres abritant des pouponnières.
Hélas, un matin, la mare se réveilla presque submergée par la multiplication de ces lis d'eau. On les tassa un peu, on optimisa leur place, et ainsi l'étendue liquide réapparut sur la moitié de la surface.
La population adulte se regroupa afin de décider des mesures à prendre pour résoudre cette crise. Fallait-il déménager avant demain vers un autre étang où la nage redeviendrait le sport favori de toutes les grenouilles de plus en plus incommodées par la pullulation végétale ?
Ou alors, au prix de quelques travaux d'agrandissement, cette mare maudite se révélerait-elle suffisante pour accueillir la totalité des familles batraciennes et florales actuelles et à venir ?
D'ailleurs en fin de réunion, d'un commun désaccord, après maint calcul complexe, moult débats houleux et un vote kif-kif, le problème de la surpopulation animale ne se posa plus. Ceux qui pensaient qu'il fallait partir dans l'instant s'en allèrent alors sans attendre le lever du soleil.,. notamment notre jeune rainette, son galant et leurs cent vingt-huit rejetons : elle savait que le lendemain, les nénuphars auraient vaincu et occuperaient tout en se dédoublant une dernière fois. Comme elle, ils devaient connaître les secrets de l'arithmétique.,.
FIN
Conseil d'écoute (inspiration voisine)
AURORA - Black water lilies (Hond stage) Consulter le lien externe
Tes écrits seront les bienvenus ici !
Bon rétablissement et avec les canicules successives pas de récits enflammant ou flamboyants .
Histoire vraie .
J'ai placé ma mère dans une maison de retraite et il m'a fallu des semaines pour comprendre ce que je lui avais vraiment fait.
Je m'appelle Laurent, j'ai 51 ans, et pendant longtemps je me suis convaincu que j'avais pris la décision la plus raisonnable possible.
C'est ce que je répétais à tout le monde.
Et surtout à moi-même.
Après la mort de mon père, ma mère Madeleine est restée seule dans leur ancien appartement à Lyon. Au début, j'essayais d'être présent autant que possible. Je passais la voir chaque week-end, je faisais les courses, je payais les factures, je réparais ce qui se cassait dans la maison.
Mais peu à peu, quelque chose a changé.
Ma mère a commencé à oublier.
D'abord de petites choses , où elle avait posé ses lunettes, si elle avait fermé la porte, si elle avait déjà mangé.
Puis les situations sont devenues plus inquiétantes.
Un jour, la concierge m'a appelé.
- Monsieur Laurent, votre mère est devant l'immeuble et elle dit qu'elle ne sait plus dans quel appartement elle habite.
À cet instant, j'ai senti un poids tomber sur ma poitrine.
Mais la vérité, c'est que je n'avais pas seulement peur pour elle.
J'avais aussi peur pour moi.
Je travaillais énormément. Ma femme Claire aussi. Et notre fils Lucas, adolescent, traversait une période compliquée.
Notre maison était déjà pleine de tensions.
Alors j'ai commencé à chercher une maison de retraite.
Je me disais que là-bas, elle serait en sécurité. Il y aurait des infirmières, des médecins, des gens capables de s'occuper d'elle correctement.
Quand je lui ai annoncé ma décision, elle n'a pas pleuré.
Elle ne s'est pas mise en colère.
Elle m'a simplement regardé longuement.
Un regard calme , mais qui m'a fait sentir étranger.
Le jour où je l'ai conduite à la maison de retraite, le ciel était gris et froid.
Sa chambre était propre, lumineuse, mais totalement impersonnelle.
J'ai rangé ses vêtements dans l'armoire.
J'ai posé une photo de son petit-fils sur la table de nuit.
Elle s'est assise sur le lit en serrant son sac contre elle.
Et moi , je suis parti très vite.
Trop vite.
Parce que le silence de cette pièce était insupportable.
Au début, je venais la voir régulièrement.
Puis de moins en moins.
Il y avait toujours une excuse : le travail, la fatigue, les obligations.
Au téléphone, sa voix devenait plus douce, presque fragile.
Parfois elle demandait doucement :
- Laurent ? ,quand est-ce que je rentrerai à la maison ?
Je changeais de sujet.
Un soir, mon fils Lucas m'a posé une question qui m'a bouleversé.
- Papa ? quand tu seras vieux ,est-ce que je t'emmènerai aussi dans un endroit comme ça ?
J'ai regardé ses yeux.
Et j'y ai vu de la peur.
À cet instant, j'ai compris quelque chose.
Pour lui, ce n'était pas un geste de protection.
C'était un abandon.
Cette nuit-là, je n'ai pas dormi.
Je repensais à tout ce que ma mère avait fait pour moi.
Comment elle avait travaillé dur pour que je puisse étudier. Comment elle restait à mon chevet quand j'étais malade. Comment elle avait toujours été là.
Elle ne m'avait jamais laissé seul.
Le lendemain matin, je suis allé la voir sans prévenir.
Je l'ai trouvée dans le salon commun, assise près de la fenêtre.
Quand elle m'a vu, son visage s'est illuminé.
Et c'est là que j'ai compris quelque chose de douloureux.
Je n'avais pas cherché une solution.
J'avais cherché la facilité.
Quelques jours plus tard, je l'ai ramenée chez moi.
Ce n'était pas simple.
Nous avons déplacé des meubles, organisé un coin pour elle dans le salon. Il y avait des moments difficiles, de la fatigue, parfois de la frustration.
Mais il y avait aussi autre chose.
La certitude silencieuse que je faisais enfin ce qui était juste.
Ma mère n'a pas guéri.
La maladie ne s'est pas arrêtée.
Mais ses derniers mois se sont passés à la maison.
Parfois, le soir, je l'entendais murmurer une prière.
Je savais qu'elle priait pour moi.
Quand elle est partie, la douleur était immense.
Mais il n'y avait pas de culpabilité.
À ses funérailles, mon fils m'a serré dans ses bras.
Et j'ai compris qu'il venait d'apprendre une leçon qu'aucune école n'enseigne.
S'occuper de ses parents n'est jamais un fardeau.
C'est simplement l'amour qui revient à son point de départ.
Anonyme
Mais c''était devenu ingérable et mon beau-père avait prévu une bonne réserve financière et on a pu la mettre dans un EHPAD correct pour vivre ses 5 dernières années.
Histoire vraie
En décembre 1963, après l'assassinat du président John F. Kennedy à Dallas, Jacqueline Kennedy quitta la Maison-Blanche convaincue qu'elle n'y remettrait jamais les pieds. Âgée de seulement 34 ans, elle devait désormais élever seule ses deux jeunes enfants, Caroline et John Jr., tout en portant le poids d'un drame qui avait bouleversé le monde entier.
Installée à New York, puis remariée quelques années plus tard, Jackie évita soigneusement Washington. Chaque pièce de la Maison-Blanche lui rappelait des souvenirs trop douloureux.
Pourtant, en 1971, une occasion particulière se présenta : l'inauguration des portraits officiels de John F. Kennedy et du sien, commandés par la White House Historical Association qu'elle avait elle-même fondée. Incapable d'affronter une cérémonie publique, Jackie écrivit une lettre personnelle à la Première dame Pat Nixon. Elle lui demanda si elle pouvait revenir discrètement à la Maison-Blanche avec ses enfants, sans journalistes ni protocole.
Malgré la rivalité historique entre John Kennedy et Richard Nixon, Pat Nixon accepta immédiatement et prit toutes les dispositions nécessaires pour préserver leur intimité.
Le 3 février 1971, Caroline et John Jr., alors âgés de 13 et 10 ans, furent transportés secrètement depuis New York à bord d'un avion militaire. À leur arrivée, Richard et Pat Nixon les accueillirent personnellement et leur firent visiter la Maison-Blanche.
Jackie put enfin se recueillir devant le portrait de son mari. Elle découvrit également le jardin portant son nom, visita les salons d'État et retrouva les appartements où ses enfants avaient vécu lorsqu'ils étaient tout petits. Les Nixon leur offrirent ensuite un dîner privé, avant que le président Nixon ne conduise lui-même Caroline et John Jr. dans le Bureau ovale où leur père avait travaillé.
Quelques heures plus tard, la famille Kennedy repartit discrètement pour New York. Aucun journaliste n'était présent. Aucune photographie ne fut prise. Personne ne sut que cette rencontre avait eu lieu avant de nombreuses années.
Le lendemain, Jackie écrivit une lettre émouvante à Pat Nixon pour la remercier. Elle confia qu'une journée qu'elle redoutait depuis des années était devenue l'un des souvenirs les plus précieux qu'elle partageait avec ses enfants. John Jr. envoya lui aussi un mot de remerciement, exprimant simplement combien il avait aimé cette visite.
Jacqueline Kennedy ne retourna jamais à la Maison-Blanche après ce soir-là. Ce geste n'apporta aucun bénéfice politique à Richard et Pat Nixon. Ils agirent simplement par humanité, offrant de la compassion là où beaucoup auraient attendu de la rancoeur.
Cette histoire rappelle qu'au-delà des divisions politiques, la bienveillance et la grâce peuvent parfois créer les moments les plus marquants et les plus profondément humains.
L'atelier des histoires
La Patience m'a rendu visite,
Elle m'a murmuré que les belles choses demandent du temps pour éclore,
Et qu'elles croissent lentement, dans la stabilité.
La Paix m'a rendu visite,
Elle m'a soufflé que, malgré les tempêtes de la vie,
Je pouvais demeurer calme, insensible au chaos environnant.
L'Espoir m'a rendu visite,
Il m'a rappelé que des jours meilleurs m'attendaient,
Qu'il serait toujours là pour me guider et me relever.
L'Humilité m'a rendu visite,
Elle m'a enseigné que je ne la trouverais pas
En cherchant à me réduire ou à m'effacer,
Mais en servant le monde et en élevant ceux qui m'entourent.
La Gentillesse m'a rendu visite,
Elle m'a appris à être plus douce, indulgente et compatissante,
Non seulement envers les autres,
Mais aussi envers moi-même.
La Confiance m'a rendu visite,
Elle m'a conseillé de ne pas cacher mes dons ni réprimer mes talents
Pour apaiser l'inconfort des autres,
Mais d'embrasser pleinement ce qui fait de moi ce que je suis.
La Concentration m'a rendu visite,
Elle m'a montré que les jugements et insécurités des autres
Ne sont pas mon fardeau,
Et que je devais recentrer mon attention sur moi-même.
La Liberté m'a rendu visite,
Elle m'a affirmé que nul ne peut contrôler mon esprit, mes pensées,
Ou mon bien-être, sauf moi.
Et l'Amour m'a rendu visite,
Il m'a doucement murmuré
Que je n'avais pas besoin de le chercher chez autrui,
Car il réside déjà en moi.
Texte de Tahlia Hunter
Histoire vraie
Je suis gérant d'une petite pizzeria de quartier. Samedi soir, un orage terrible s'abat sur la ville. Mon livreur, Victor, 19 ans, bosse tous les week-ends pour payer sa petite chambre d'étudiant. Il part livrer une commande de 60 euros dans les beaux quartiers.
Vingt minutes plus tard, il revient trempé jusqu'aux os, l'air abattu, avec les pizzas.
*Chef, je suis désolé*, me dit-il. *Le client a refusé la commande. Il a dit que j'avais 5 minutes de retard et que le carton extérieur était mouillé à cause de la pluie. Il a claqué la porte.*
J'ai pris une serviette pour que Victor se sèche. J'ai pris les pizzas, je suis monté dans ma voiture et j'ai roulé jusqu'à la magnifique villa du client. J'ai sonné. Il a ouvert avec un sourire narquois :
*Ah, le patron vient s'excuser en personne ?*
*Non Monsieur*, je lui ai répondu. *Je viens vous dire que Victor se lève à 5h du matin pour ses études et risque sa vie en scooter sous la tempête pour que vous n'ayez pas à cuisiner. Vos 60 euros, je n'en veux pas. Par contre, votre adresse est désormais sur liste noire dans mon restaurant.*
J'ai ramené les pizzas, on les a mangées toutes chaudes avec Victor dans la cuisine, et je l'ai payé triple pour sa soirée. Les jeunes qui se battent pour travailler sous la pluie méritent le respect absolu ! Partagez ce message si vous êtes fiers de la jeunesse qui travaille !
Anonyme
Répliques cultes de Maria Pacôme dans le film *La Crise*
* Tes problèmes de boulot, tes problèmes avec ta femme, tes problèmes de fric, tes problèmes en général et en particulier, moi ta mère, je m'en fous comme de l'an quarante, tu m'entends ? Je m'en fous, mais alors je m'en fous, je peux pas te dire à quel point je m'en fous. Je n'en ai vraiment rien, rien, rien à foutre.*
* Pendant trente ans je vous ai torchés, nourris, couchés, levés, consolés, tous les trois. J'ai repassé vos chemises, lavé vos slips, surveillé vos études. Je me suis fait des monceaux de bile, je n'ai vécu que pour vous, qu'à travers vous. J'ai écouté toutes vos histoires, vos problèmes et vos chagrins, sans jamais vous emmerder avec les miens. Alors maintenant, je prends ma retraite. Toi, il te reste une longue vie devant toi pour résoudre ta crise ; moi il me reste très peu de temps pour résoudre la mienne. Alors tu permettras que pour une fois je m'occupe de mes affaires avant les tiennes.*
* Écrire c'est aussi ne pas parler, c'est se taire, c'est hurler sans bruit.*
Marguerite Duras
* Car c'est par l'écriture toujours qu'on pénètre le mieux les gens. La parole éblouit et trompe, parce qu'elle est mimée par le visage, parce qu'on la voit sortir des lèvres, et que les lèvres plaisent et que les yeux séduisent. Mais les mots noirs sur le papier blanc, c'est l'âme toute nue. *
Guy de Maupassant
* Un homme qui ne boit que de l'eau a un secret à cacher à ses semblables.*
Charles Baudelaire
J'ai juré de ne jamais me taire quand des êtres humains endurent la souffrance et l'humiliation, où que ce soit. Nous devons toujours prendre parti. La neutralité aide l'oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté.
Elie Wiesel ,Extrait discours Nobel de la Paix, 10 décembre 1986
*La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y défilaient dans leur costume ordinaire, sans exciter d'émotion, de rire ou de rêverie*
Gustave Flaubert : Madame Bovary
Note pour mon cas : j'ai toujours inventé des histoires dans ma tête, quand j'ai su écrire, j'en écrivais certaines pour moi. Quand j'ai pu partager j'ai partagé certaines pour "amuser la galerie".
Histoire vraie
À la fin des années 1960, Angela Lansbury découvrit que sa fille adolescente passait du temps avec l'entourage de Charles Manson , avant les meurtres, avant que le monde ne connaisse son nom. Elle perçut immédiatement le danger. Sa réaction fut rapide et radicale.
Lansbury était une immense star vivant à Malibu, au sommet de sa carrière. Sa fille, Deirdre, s'était retrouvée mêlée à la culture de la drogue de l'époque et attirée par un homme charismatique qui rassemblait des jeunes dans les canyons de Los Angeles.
* Cela me peine de le dire, confia Lansbury plus tard, mais à un moment donné, Deirdre faisait partie d'un groupe mené par Charles Manson. Elle faisait partie de nombreux jeunes qui le connaissaient et ils étaient fascinés. *
Lansbury n'attendit pas que la situation se résolve d'elle-même.
Elle abandonna ses contrats, ses relations professionnelles et le sommet de sa carrière à Hollywood. Elle fit ses valises et déménagea toute la famille dans une ferme du comté de Cork, en Irlande , un lieu isolé, calme, totalement hors de portée de Los Angeles.
J'ai dit à Peter : *Nous devons partir*, se souvenait-elle. * J'étais certaine que nous devions quitter cet endroit. Je n'allais pas rester à regarder mes enfants se détruire. *
Pendant une année entière, elle n'accepta aucun rôle.
Elle cuisinait. Elle jardinaît. Elle était simplement une mère. Pas de scénarios. Pas de tapis rouges. Juste le travail quotidien, discret et sans glamour, consistant à aider ses enfants à retrouver leur chemin.
Et cela fonctionna.
Loin des sectes et du chaos, Deirdre et son fils Anthony commencèrent à aller mieux. Deirdre finit par épouser un chef italien et ouvrit un restaurant à succès en Californie. Anthony devint réalisateur de télévision.
Des années plus tard, la série qui fit d'Angela Lansbury une figure mondiale * Murder, She Wrote * serait diffusée pendant douze saisons et la rendrait l'une des personnalités les plus aimées de la télévision.
Mais avant que Jessica Fletcher ne résolve le moindre mystère, Angela Lansbury avait déjà pris la décision la plus importante de sa vie.
Elle avait choisi ses enfants plutôt que sa carrière.
Sans hésiter. Sans jamais regarder en arrière.
* Aucun niveau de célébrité ou d'argent, comprit-elle, ne vaut le prix de la paix de sa famille. *
Elle a tout abandonné pour sauver ses enfants. Et elle les a sauvés.
Histoire vraie. </b >
L'Église de France a refusé une messe d'enterrement à Colette , l'écrivaine française la plus célèbre de son temps. La République lui a répondu par des funérailles nationales. Aucune femme n'en avait jamais reçu avant elle.
Elle est morte le 3 août 1954, à quatre-vingt-un ans, dans son appartement du Palais-Royal, à Paris. Percluse de rhumatismes, elle ne descendait plus depuis des mois et passait ses journées dans un lit qu'elle appelait son radeau, face aux jardins.
Le refus de l'Église tient à sa vie. Trois maris, deux divorces, des femmes aimées sans se cacher. En 1907, sur la scène du Moulin Rouge, elle embrasse une aristocrate habillée en homme : la salle hurle, la préfecture interdit le spectacle.
Il y a aussi ce que presque personne ne sait. Ses premiers romans, la série des Claudine, ont fait un triomphe à Paris au tout début du siècle. Ils étaient signés du nom de son mari, Willy, un homme de lettres qui faisait écrire les autres à sa place. Elle a mis des années à récupérer sa propre signature.
En 1945, l'Académie Goncourt l'élit à l'unanimité. Quatre ans plus tard, elle en devient la présidente.
Le jour de ses obsèques, une foule immense défile devant son cercueil dans la cour du Palais-Royal. Sans un prêtre.
Colette a quitté Willy, son premier mari à un moment critique de sa vie. Ses parents avaient dû quitter la maison de Saint-Sauveur, dont avait hérité sa demi-soeur aînée pour vivre à Châtillon-Coligny , dans une petite maison. Pauvre , le mariage était …la solution, comme pour Sido, sa mère déjà. Et c'est à Châtillon où Willy venait voir son fils en nourrice qu'elle rencontra Willy.
Curieux bonhomme à la vie animée, séduit par la lonnnngue chevelure de Colette, un mariage fut arrangée et Colette atterrit à Paris.
Willy lui fit rencontrer le Tout Paris, du spectacle et des arts et des milieux richissimes.
La trompa, l'éduqua et signa les Claudine. Il en toucha les droits jusqu'à ce que Colette ...rétablisse ses droits…
A Paris gros changements … adaptation…Sportive, Colette faisait de la gymnastique à et écrivait dans des cahiers … que Willy retouchait…du spectacle, de la danse, du mime à la comédie …
Reçue dans de nombreux salons mondains elle cotôya dans les soirées de de l'époque (Lire Proust) de richissimes personnages, peintres et artistes, écrivains.
C'est à ce moment qu'elle rencontra Missy ! (Avant 1910)
Allez chercher qui était Missy !
Richissime, vêtue comme un homme, issue de la grande noblesse espagnole et de la famille de Napoléon 3 , toutes les deux créèrent des spectacles et vécurent ensemble.
S'intéresser à Colette…à son oeuvre magnifique, à sa personnalité complexe, à la multiplicité de ses expériences …C'est tout un univers passionnant étonnant, inépuisable.
Colette, écrivaine, Comédienne, journaliste et encore ….
Venez faire un tour à Saint-Sauveur en Puisaye : La maison de Colette et la Société des amis de Colette qui cherchent, éditent, collectionnent et animent. Vous y verrez au château la reconstitution de la chambre de Colette au Palais royal…
Merci Yvan et aussi pour Marguerite Duras !
À la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents. Et on croit qu'ils voyageront toujours avec nous.
Pourtant, à une station, nos parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage.
Au fur et à mesure que le temps passe, d'autres personnes montent dans le train.
Et elles seront importantes : notre fratrie, nos amis, nos enfants, même l'amour de notre vie.
Beaucoup démissionneront (même éventuellement l'amour de notre vie), et laisseront un vide plus ou moins grand.
D'autres seront si discrets qu'on ne réalisera pas qu'ils ont quitté leurs sièges.
Ce voyage en train sera plein de joies, de peines, d'attentes, de bonjours, d'aurevoirs et d'adieux.
Le succès est d'avoir de bonnes relations avec tous les passagers pourvu qu'on donne le meilleur de nous-mêmes.
On ne sait pas à quelle station nous descendrons, donc vivons heureux, aimons et pardonnons.
Il est important de le faire car lorsque nous descendrons du train, nous ne devrons laisser que de beaux souvenirs à ceux qui continueront leur voyage.
Soyons heureux avec ce que nous avons et remercions le ciel de ce voyage fantastique. Aussi, merci d'être un des passagers de mon train.
Et si je dois descendre à la prochaine station, je suis content d'avoir fait un bout de chemin avec vous.
Jean d'Ormesson - L'enfant qui attendait un train -
Il était rempli de fratrie, d'instituteur, de professeurs mais depuis quelques temps il ne reste que quelques amis et d'une caissière.
Le train s'est vidé avec le temps.
Nous sommes cette génération qui ne reviendra pas.
Nous avons grandi avec des chaussures couvertes de poussière, des genoux écorchés et un coeur pressé.
Non pas pour regarder un écran,
mais pour finir le goûter et courir dehors ,là où la seule chose importante était un ballon et quelques amis.
Nous étions ceux qui rentraient de l'école à pied.
Parlant fort ou rêvant en silence,
l'esprit déjà tourné vers le prochain jeu, la prochaine aventure,
entre un trou creusé dans le sable et un secret chuchoté derrière un coin de mur.
Un bâton pouvait devenir une épée.
Une flaque se transformait en océan à conquérir.
Nos trésors étaient des billes, des images à collectionner, des petits bateaux de papier.
Et le ciel, notre seule limite.
Nous n'avions pas de sauvegardes, seulement des souvenirs dans la mémoire et sur les pellicules photographiques.
Les photos se touchaient, se respiraient, se gardaient dans des tiroirs
aux côtés de lettres écrites à la main,
de cartes postales des grands-parents,
et de dessins colorés que les parents conservaient comme des bijoux.
Nous appelions * maman * celle qui soignait nos fièvres.
Et * papa * celui qui nous apprenait à faire du vélo.
Il n'en fallait pas plus.
La nuit, sous les couvertures,
nous parlions à voix basse avec le frère dans le lit voisin,
riant de bêtises,
craignant qu'un adulte entende et éteigne ce petit monde de complicité.
Cette génération s'en va, peu à peu,
comme une photographie qui perd ses couleurs,
mais que personne ne veut jeter.
Nous nous éloignons en silence, emportant une valise invisible :
l'écho des rires dans la rue,
l'odeur du pain encore chaud,
des courses insensées,
et cette liberté qui ne connaissait pas les notifications.
Nous étions des enfants quand il était encore possible de l'être.
Et peut-être que c'est là notre plus grande fortune.
anonyme
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La Gloire de mon Père
"J'étais encore un petit garçon..."
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Le Château de ma Mère
Il restera de toi . . .
Il restera de toi ce que tu as donné.
Au lieu de le garder dans des coffres rouillés.
Il restera de toi de ton jardin secret,
Une fleur oubliée qui ne s'est pas fanée.
Ce que tu as donné, en d'autres fleurira.
Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera.
Il restera de toi ce que tu as offert
Entre les bras ouverts un matin au soleil.
Il restera de toi ce que tu as perdu
Que tu as attendu plus loin que les réveils,
Ce que tu as souffert, en d'autres revivra.
Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera.
Il restera de toi une larme tombée,
Un sourire germé sur les yeux de ton coeur.
Il restera de toi ce que tu as semé
Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.
Ce que tu as semé, en d'autres germera.
Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera.
Simone Weil.
Bonsoir tous
"La saga de Rainette"
"Qui donc pourra faire taire les grondements de bête ?" (« Annihilation » - Homo plebis ultimae tour). Hubert-Félix Thiéfaine
La suite :
La rainette, son amoureux et leurs enfants s'installèrent dans une nouvelle mare sans nénuphars envahissants… et sans le révéler à quiconque cette fois ! Leur petite-fille Rainette allait donc naître quelque temps après.
**************02- Merci Lérot !**************
Une grenouille pistait un grillon sans prêter attention à son éloignement de la mare natale. Le soleil déclinait déjà lorsque le chassé, réfugié trop haut pour sa chasseresse, engagea le dialogue.
— Hé, Rainette ! Tu te trompes de proie : ta race de batraciens préfère les volants.
— Je ne veux pas te croquer, Titi Grillon, j'ai déjà dîné. Tu m'as intriguée, je t'ai suivi, c'est tout.
— Et tu t'es exilée loin de tes congénères ? La vie est dangereuse par ici. Regarde là-bas.
Un animal monstrueux, au pelage roux et aux longues moustaches, donnait de petits coups de patte à une bête bien moins grosse ; inerte, peut-être morte. Le colosse remarqua alors les deux autres et courut vers eux. L'insecte se dissimula, la batracienne sauta à perdre haleine. Le géant l'avait presque rattrapée lorsqu'une voix tonitrua : « Paprika ! Viens manger, le chat. »
La poursuite cessa faute de traqueur. « Ouf ! » pensa Rainette. Soulagée mais curieuse, elle se dirigea vers le gibier abandonné. Cela ressemblait à un jeune rat tout mignon. Il respirait encore, quoique blessé à la nuque. De nombreuses plaies apparaissaient çà et là. Elle éprouva une forte compassion envers cet être si mal en point. Il mourrait si elle n'agissait pas.
Un doux clapotis titilla le petit cerveau : lorsqu'il avait beaucoup plu, des rigoles, d'habitude asséchées, se remplissaient et écoulaient le surplus d'eau vers sa mare. Un long et violent orage de grêle avait éclaté trente minutes auparavant. Un ruisseau spontané était apparu à moins de vingt centimètres. Rainette avisa une feuille de platane de forme adaptée, tombée juste à côté du corps ; elle le roula dessus puis poussa ce brancard de fortune jusqu'aux flots. La nageuse émérite ne fut guère perturbée par le courant rapide et turbulent, son fardeau reposant à l'arrière contre ses palmes, ses pattes avant le dirigeant. Elle échappa à tous les pièges, tourbillons ou cascades naissantes, et arriva à son minuscule étang chéri.
🐸🐸🐸
La gent batracienne était fort affairée à réparer les dégâts de la tourmente : têtards affolés, oeufs éparpillés, chêne écroulé en pleine mare, nénuphars chavirés… Personne ne remarqua la revenante, sauf son grand-père, doyen et patriarche de la communauté.
— Que nous amènes-tu là, Rainette ?
— Un jeune campagnol blessé.
— Non, non, ce n'est pas ce genre de rongeur. Regarde sa queue touffue et le noir autour de ses yeux : un rat-bayard… Ou lérot.
Le second nom fut prononcé assez fort ; tout le monde entendit : « LÉROT. »
Chacun lâcha son occupation et se rapprocha.
— Tu es folle ! jugea sa mère. C'est un dangereux carnassier.
— Il va dévorer nos enfants ! cria sa tante.
— Ramène-le où tu l'as ramassé, on ne veut pas de ÇA ici ! asséna une autre tante.
— On peut l'achever, suggéra son père, il est trop faible pour se défendre.
— Noyons-le dans la vase, abonda son oncle.
Rainette était abasourdie par leurs réactions. Elle pensait sauver une vie et au lieu de l'aider, ils condamnaient le moribond, et elle dans le même rejet. Sauf son jumeau, Garulfo.
— Un animal rare, utile, il détruit les nuisibles, ceux qui nous piquent.
— Il s'en ira une fois rétabli, promit la désavouée, j'y veillerai.
— Dans son état, nous ne risquons pas grand-chose, concéda le doyen. On avisera demain, et, en attendant, on se remet au travail, les grenouilles !
Rainette, Garulfo, deux de leurs jumelles et trois grenouillettes allongèrent le blessé sur un endroit bien sec, nettoyèrent ses plaies et se relayèrent toute la nuit pour le veiller. Au matin, il avait survécu, mais il n'émergea de sa léthargie que le soir et put manger quelques moustiques capturés par sa sauveuse.
— Tu sais, Lérot, je te soigne à une seule condition : ne jamais chasser un quelconque batracien de notre mare.
— Je ne tue pas les grenouilles ! À cette saison, je ne me nourris que de fruits ou d'insectes qui veulent gâcher mon repas.
— Tu grimpes aux arbres… comme nous ?
— Mieux, je peux courir à la verticale et même marcher au plafond ou à l'envers des branches.
— Ouah ! Tu ne tombes jamais ?
— Ça m'est arrivé.
— Je reviens.
Quelques instants plus tard, elle réapparut en faisant rouler devant elle une grosse pêche.
— Il y a un pêcher pas loin, régale-toi.
— Oh merci !
Le lérot n'en mangea guère et d'ailleurs il se rendormit peu après. Elle éprouvait une sympathie grandissante pour ce rat dormant comme on le nomme parfois. Elle fut bien déçue par la réponse négative du patriarche à sa demande de soigner cet hôte jusqu'à complet rétablissement. Il accepta néanmoins de ne pas l'expulser tant qu'il resterait alité.
🐸🐸🐸
Durant plusieurs jours, le blessé ne put se lever. Cependant, le temps guérit souvent les plaies ; il réussit enfin à marcher un peu et accompagna sa cueilleuse au pied de l'arbre fruitier.
La nature avait repris le dessus après les colères du ciel et la sérénité retrouvée avait gagné tous les riverains du plan d'eau – y compris les prédateurs, et ce qui arrivait souvent se produisit.
— Au secours, au secours ! cria une jeune maman. Mes têtards ont disparu.
Une partie de la colonie se précipita ; elle leur expliqua qu'ils se baignaient sagement autour de la "branche", dernière vestige du chêne abattu, qui, restée semi-immergée, pouvait s'avérer bien utile aux tout jeunes en cas de danger. Elle avait repéré une belle libellule et l'avait poursuivie, délaissant sa surveillance quelques instants, « même pas une minute », affirma-t-elle. Cela avait suffi. Une partie des batraciens plongea, d'autres examinèrent les rives. En l'attente du résultat des recherches, certains commentèrent.
— Un poisson ?
— Lequel pourrait faire ça ?
— Une couleuvre ?
— Un oiseau ?
— Aucun des deux n'aurait pu les kidnapper tous en si peu de temps.
— Le lérot ?
— Ça ne peut être que lui.
— Je vous avais prévenus. On aurait dû le tuer quand il ne pouvait pas se défendre.
— Il faut le capturer, on va lui ouvrir le ventre et délivrer les grenouillets.
— Ce sera trop tard ! Mais il aura mérité son sort.
— On devrait exterminer cette race de rats.
— Calmez-vous ! intervint le patriarche qui venait d'accourir. Attendons le retour des équipes de secours.
Personne ne l'écouta et un cortège se forma.
— On l'a vu au pêcher en compagnie de Rainette.
La foule se dirigea dans cette direction. Le convalescent escaladait avec prudence la verticale du tronc sous les encouragements de son amie. Il avait déjà posé ses pattes avant à l'envers d'une branche lorsque la populace arriva.
— À mort le rat !
— Rends-moi mes enfants.
— Descends de là qu'on s'explique.
Les plus acrobates des vengeurs avaient entamé l'ascension de l'arbre après avoir bousculé, puis piétiné Rainette. Celle-ci se releva furieuse. Sa tante lui révéla l'affaire.
— Halte ! Lérot n'y est pour rien, il se rééduquait avec moi depuis plusieurs heures.
— Menteuse, tu couvres un assassin aux babines sanglantes.
Le présumé coupable tenta de s'échapper en évoluant au-dessous d'une branchette vers son extrémité. Garulfo accourut à son tour.
— Je confirme ce que dit ma jumelle.
Personne ne l'entendit car le bois se cassa sous le poids supplémentaire de deux batraciens obnubilés par la traque. Les trois tombèrent à terre. Déjà les plus vindicatifs se précipitaient sur le présumé coupable. Le patriarche arriva à ce moment, les bras chargés de têtards tout agités.
— Ils sont vivants !
Les agresseurs se calmèrent, le doyen raconta. Oui, ils avaient failli être attaqués et avaient pris peur. Ils s'étaient réfugiés alors dans un recoin de mare protégé par un rocher. Non, l'agresseur n'était pas l'hôte de Rainette.
— Un très gros poisson avec une énorme bouche ! affirma un des bambins.
— Il n'y a pas de brochets ici, s'étonna un justicier.
— Non, bien sûr, confirma le patriarche. Autrefois j'ai vu un monstre dans un fleuve, un silure. Je me demande si… Allons donc examiner les traces.
Tout le monde suivit le doyen délesté des jeunes qui garnissaient maintenant les pattes antérieures de la maman, et son dos. L'innocent et ses avocats emboîtèrent le pas à la procession.
Aucune marque ne fut relevée sur le refuge. L'un des têtards miraculés hurla à nouveau.
— Là.
— Où ? demanda la mère.
— Là, cria un autre.
— Ce n'est qu'une loche ! sourit le patriarche. Vous ne risquez rien, les loches ne mangent pas les grenouilles ni les enfants.
La bonne humeur, le rire même devinrent généraux ; et aussi les bisous de la mère, soulagée, à sa progéniture.
— Rainette, il te faut prendre une décision maintenant, interpella le doyen. Chaque fois qu'il se passera un drame, on soupçonnera ton ami. Tu as vu ce qui vient de se produire. Il est presque rétabli, non ?
— Oui, bien sûr. Laisse-lui encore jusqu'à demain.
— Pas question, insista le patriarche. Tout de suite !
— Il a raison, affirma Lérot. Même si jamais je n'attaquerais des batraciens, certains m'accuseront toujours. Je dois partir maintenant.
— Si c'est ta décision.
Les deux amis s'éloignèrent ensemble.
— Merci Lérot ! ironisa une tante de Rainette sur leur passage. Bon débarras, et qu'on ne te revoie jamais !
La grenouille revint seule un peu plus tard, dépitée et emplie de tristesse.
🐸🐸🐸
Quelques jours s'écoulèrent. Les têtards de trois mois avaient perdu la totalité de leur appendice caudal et ressemblaient à des adultes, en réduction toutefois. Tradition oblige, le doyen regroupa la classe et, épaulé par quatre mères, il emmena ce petit monde au pied d'un jeune aulne pour y suivre leur premier cours d'escalade. Il avait toujours pris pareille tâche à coeur, lui, l'ancêtre de cette belle famille qui constituait la majorité de la population batracienne du lieu – même après la mort de sa dulcinée qui l'avait tant affecté. L'endroit était caché de la mare par une haie afin que les petits ne ressentent pas de honte lors de leurs primes grimpettes malhabiles.
Au pêcher, Rainette et Lérot s'étaient retrouvés : il voulait montrer à son amie son complet rétablissement. Ils s'élevaient toujours plus, si haut que la grenouille ne put suivre jusqu'au faîte.
— Je vois l'aulne, s'enthousiasma-t-il, et les mamans, et le papy, et les grenouillets.
— Non, il ne faut pas les observer, ça intimide les gosses, ils vont te repérer !
— Et… il se passe quelque chose, une bête les attaque.
— Quoi ?
— Horreur ! Une hermine.
Descendant à toute allure, il lança à Rainette :
— Va vite prévenir la mare, moi je vais aider les jeunes.
Les deux grimpeurs dévalèrent le tronc bien plus vite qu'ils ne l'avaient ascensionné. Déjà trois mères avaient succombé et deux petits étaient blessés. Le doyen avait regroupé les survivants sous un buisson touffu. Au bout de sa course effrénée, le rat-bayard sauta à la gorge de la tueuse qui ne l'avait pas vu venir. La morsure n'était pas assez profonde, l'ennemie secoua la tête pour le décrocher et ils roulèrent à terre. Il se dégagea et simula la fuite. Sans succès, car la prédatrice repéra les batraciens et sembla préférer un gibier facile. Le lérot revint à la charge. Mordue douloureusement au ventre, l'herminette, cette fois, engagea la bagarre qui devint vite confuse. Blessée, elle n'insista pas, car des centaines de grenouilles vociférantes se rapprochaient maintenant, et elle s'enfuit en claudiquant..
Le sauveur ne se relevait pas, Rainette se jeta sur lui.
— Non, non, pas toi !
Il s'étouffait, elle le secoua ; il ouvrit les yeux.
— Ne meurs pas, bats-toi !
— Je ne… peux pas… respirer…
Le côté gauche de sa poitrine était enfoncé et lacéré. Elle tenta de l'aider en pressant de ses pattes avant sur les côtes. Les autres s'étaient rapprochés. Ceux qui avaient poursuivi la carnassière revinrent et racontèrent que le chat voisin s'était délecté d'une proie si estropiée.
Le lérot gémit.
— Tu me… fais… mal.
— Laisse-le, Rainette, intervint le doyen, c'est fini.
— Je sais.
Elle resta couchée sur le corps dont la vie s'évaporait.
— Lérot, tu es un héros !
Les grenouilles reprirent en choeur cette phrase. Les grenouillets entourèrent leur sauveur pour son ultime dormance.
Quelques jours après, l'aulne s'orna d'une inscription batracienne :
À LÉROT NOTRE HÉROS
LA MARE RECONNAISSANTE
C'est la préférée de mon fils.
Merci MÉMOIRE d'avoir alimenté cette rubrique !
Je connais bien cette espèce : dans la maison où j'ai habité à mon arrivée dans les Vosges, j'étais descendue au sous-sol avec mon fils pour mettre en route le chauffage et soudain il me dit :
- Y a un rat au plafond !
C'était un lérot qui avait fait son nid pour hiberner dans l'isolation du plafond 😀 et qu'on avait réveillé !
Au printemps on les a vus souvent : notre vieux chat malade ne mangeait plus beaucoup, et le matin on retrouvait plusieurs croquettes trempées dans sa gamelle d'eau. Plus tard on trouva un vrai nid dans un carton : sans doute une lérotte qui nourrissait ses petits avec des croquettes ramollies !
Ce chat et celle qui lui a succédé n'ont jamais réussi à en attraper un : ils courent en grimpant à la verticale sur un mur lisse !
Consulter le lien externe
à noter : quand on entend des pas dans les greniers, ce n'est pas toujours une chouette mais souvent des lérots qui viennent chercher les pommes ou les fruits secs qu'on y a entreposés ! Malheureusement il y en a de moins en moins alors qu'ils sont très utiles puisqu'ils s'attaquent aux insectes et aussi aux souris.
Les gens qui lisent sont moins cons que les autres, c'est une affaire entendue. Cela ne signifie pas que les lecteurs de littérature ne comptent pas d'imbéciles et qu'il n'y a pas de brillantes personnalités chez les non-lecteurs. Mais, en gros, ça s'entend, ça se voit, ça se renifle, les personnes qui lisent sont plus ouvertes, plus captivantes, mieux armées dans la vie que les personnes qui dédaignent les livres.
C'est logique, après tout. Le lecteur développe son intelligence au contact des raisonnements, au frottement des idées, au heurt des chimères ou des apories. Il devient l'intime de héros de fiction dont il a suivi les aventures avec curiosité, souvent avec passion. Il range dans sa mémoire des morceaux d'histoire de France ou d'ailleurs, des vies de personnages illustres, des récits de découvertes, d'exploits, de faits divers, d'existences obscures ou infortunées, de peuples en majesté ou en servitude, de civilisations défuntes. Bref, il collectionne des éclats de ce qui constitue la culture générale dont le livre, même s'il a aujourd'hui des concurrents, reste le principal pourvoyeur.
Beaucoup trop d'hommes politiques, de chefs d'entreprise, de hauts fonctionnaires, de manageurs, de responsables de tout poil ne lisent que des livres utiles à l'exercice de leur profession. La littérature ? Perte de temps. Les romans ? C'est bon pour les femmes. Pauvres types ! (Pas sûr qu'au même niveau de responsabilités les femmes lisent plus et mieux.) Eux qui vivent dans un monde clos de privilégiés et en connaissent les protocoles, ignorent tout de l'évolution des comportements dans les différentes strates de la population dont ils ont directement ou indirectement la charge. Romans et récits leur apprendraient bien des choses. Sur le clair-obscur des mentalités. Sur les raisons des volte-face et des fidélités. Sur les fiertés minuscules et les détresses inavouables. Sur le grand bazar du commerce des corps et des âmes. Et donc, par comparaison, par confrontation, sur eux-mêmes.
Lire des romans, c'est prendre des nouvelles des autres.
Barack Obama : * Grâce à la littérature, j'ai pu imaginer ce qui se passait dans la vie des gens. *
Milan Kundera : * La bêtise des hommes vient de ce qu'ils ont réponse à tout. La sagesse du roman, c'est d'avoir question à tout. *
Lire de la poésie, c'est soulever des chapeaux, des couvercles, des tapis, le ciel.
Lire n'est pas se retirer du monde, c'est entrer dans le monde par d'autres portes.
Lire, c'est prendre Voltaire comme professeur, Proust comme oncle de la ville et Vialatte comme tonton des champs, Duras comme cousine, Stendhal, Dumas, Camus et Semprun comme amis, La Fontaine et Vincenot comme gardes-chasse, Louise Labé comme amante, Colette comme cuisinière, Montaigne, Jean Giono et Julien Gracq comme voisins.
Lire, c'est agrandir sa famille, engager du personnel, se faire des amis, multiplier ses relations, se constituer un fabuleux carnet d'adresses.
Lire, c'est faire entrer un peu de lumière dans le dédale piégeux de nos existences.
Mais si l'on comprend mieux le monde en lisant, la lecture peut aussi le complexifier, le rendre plus énigmatique. Il y a des livres qui décoiffent, qui dérangent, dont on sort troublé et même chamboulé. Ce sont peut-être les meilleurs puisqu'ils nous atteignent au plus profond et qu'ils modifient nos façons de voir et de ressentir. Ils nous poussent à des examens de conscience.
Ils nous encouragent à prendre des résolutions, à tenter des expériences. Ce sont des perturbateurs existentiels.
Lire, c'est courir le risque de se remettre en cause.
Enfin, la lecture est l'une des dernières activités humaines avec, entre autres, la conversation et l'amour où il n'y a nulle nécessité de retenir des codes, d'appuyer sur des touches, de consulter des écrans. Technologie nulle, simplicité du contact avec les mots (à condition, bien sûr, de continuer de préférer le papier à la tablette).
Lire, c'est avoir de l'esprit jusqu'au bout des doigts.*
Bernard Pivot.
Je viens d'apprendre un nouveau mot : aporie.
De plus je suis d'accord avec Bernard PIVOT. Rien ne vaut le contact du papier.
Finalement un bon livre c'est comme un bon vin !
On se régale de cépages.
Dès lors que nous n'avons plus de presse libre, tout peut arriver. Ce qui permet à une dictature totalitaire ou à toute autre dictature de régner, c'est que les gens ne sont pas informés ; comment pouvez-vous avoir une opinion si vous n'êtes pas informé ? Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n'est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien.
C'est parce que les mensonges, de par leur nature même, doivent être modifiés, et donc un gouvernement menteur doit constamment réécrire sa propre histoire. En tant que citoyen, vous ne recevez pas seulement un mensonge , que vous pourriez continuer à croire pendant le reste de vos jours , mais vous en recevez un grand nombre, selon la façon dont le vent politique souffle.
Et un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d'agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et l'on peut faire ce que l'on veut d'un tel peuple.
Hannah Arendt .
Bonjour tous.
Cette 3ème fable a déjà été affichée sur le forum… c'est directement la suite de la seconde et c'est un tournoi de
TAROT
et elle s'inspire aussi d'une fable racontée par mon beau-père et aussi de la partie du film Marius. C'est la seule non publiée ailleurs car trop spécifique à notre jeu favori.
"La saga de Rainette"
"Qui donc pourra faire taire les grondements de bête ?" (« Annihilation » - Homo plebis ultimae tour). Hubert-Félix Thiéfaine
La suite :
🐸🐸🐸
Rainette ne supporta pas le destin tragique de son ami. Elle décida de s'éloigner, ne revenant que pour se recueillir au pied de l'aulne et se souvenir de lui… Elle était persuadée que s'il était resté près d'elle et de la mare, il n'y aurait pas eu ce drame.
**************03- À tout coeur.**************
La tortue Herman arriva enfin à la hauteur de la grenouille qu'elle observait depuis un temps certain. Elle avait pressé le pas pour arriver avant que son objectif ne s'en aille. Cet effort inhabituel l'avait fort essoufflée et elle attendit que son coeur retrouve un rythme moins rapide avant de parler.
— Je me suis approché de toi sans bruit, tu ne l'as même pas remarqué. Tu as l'air si triste, Rainette.
— Je regarde le saule. Lérot est mort et même son épitaphe disparaît. Le temps efface tout, bientôt mon ami deviendra flou dans ma propre mémoire.
— Mais non. Il est reconnu comme un vrai héros bien au-delà de la mare : donner sa vie pour sauver quelques grenouillets. Si ça t'intéresse, je connais l'effaceur.
— Qui est-ce ?
— Picpus, le pivert. Il ne respecte rien, c'est une petite frappe. Je le vois justement tantôt. Tu veux venir ?
— Oui.
— Tu sais jouer au tarot ?
— Un peu, oui.
— On cherche un quatrième pour ce soir ! Tu peux venir vers 20 heures pour un tournoi autour du cercle rocheux.
🐸🐸🐸
Le soleil ayant presque terminé son labeur quotidien, l'ombre du pêcher s'allongeait de plus belle et amorçait une douce nuit de pleine lune.
Quand Rainette arriva, les trois joueurs étaient déjà installés autour d'une pierre plate au pied de l'arbre fruitier et terminaient une partie de tarot à trois. Ils l'avaient à peine remarquée tant ils étaient concentrés sur le jeu.
— Il nous a encore plumés si on peut dire, critiqua Herman.
— Surtout moi, remarqua Picpus, et tu l'as bien aidé en lui donnant ta dame de Pique.
— J'ai cru que... Et toi, tu joues comme en divinatoire, t'évites la mort mais tu me pends.
— Je vais te picorer ta carapace, tu vas sentir les cloches résonner dans tes entrailles.
— Cool, calma Poulidor le lièvre, je crois que voilà le quatrième.
— La quatrième ! Je vous présente mam'zelle Rainette, la fiancée malheureuse de Lérot.
— Non, non, il était mon ami, je l'avais sauvé et, depuis, nous étions devenus inséparables.
— Marquons une pause avant de commencer, interrogea la tortue… Tu manques de savoir-vivre, Poulidor. Elle vient pour compléter la table à ma demande, c'est tellement mieux à quatre.
— Mais non à cinq, c'est plus cool, corrigea le pivert.
— Un champion joue à quatre, insista la tortue, seul contre trois tueurs.
— Tu bois quelque chose ? proposa le lièvre.
— Un petit mezcal avec une chenille ? suggéra Herman. Ma boisson favorite !
— Oh, non ! Une liqueur de nénuphar me conviendra très bien.
— Moi ce sera un mezcal "Pallas" au scorpion, précisa Picpus, c'est du brutal !
— Comme d'habitude, un alcool de pissenlit, annonça Poulidor.
— Tu voles commander, Picpus ? conclut la tortue. Tu précises bien une bouteille pour chacun, le Bar du Styx nous refile parfois de fausses bestioles dans notre mezcal !
L'oiseau s'envola.
🐸🐸🐸
… et revint :
— La commande sera prête dans une heure. On commence la partie ?
Les joueurs s'installèrent. La tension était palpable. Herman cachait ses cartes à l'abri de sa carapace accusant Picpus d'essayer de voir dans son jeu ; ce dernier dissimulait de même sous son aile droite, agitant l'aile gauche pour faire s'envoler les cartes des autres. Rainette et Poulidor étaient plus sereins, essayant de plaisanter sur les hasards de la distribution. L'ambiance malsaine monta soudain d'un cran quand le pivert prit le petit d'atout1 à la tortue lors du dernier pli de la huitième manche.
— Il a triché ! accusa Herman, j'ai compté 22 atouts et la reine de pique a disparu du jeu cette fois, c'est pas possible de jouer avec des filous pareils.
— Mais non, tu t'es trompé dans ton compte, calma le lièvre, ça arrive.
— Même aux meilleurs, appuya la grenouille.
— Vous prenez son parti ? claqua la tortue. Garde-moi de mes amis a dit l'autre, vous voulez ma perte, 'm'en fous, 'vous prends tous en revanche dans une course autour de la mare, i'va cracher ses poumons, le rongeur de carottes !
— Calme-toi, Herman, d'abord je ne suis pas un rongeur…
— Tu vas les croquer par la racine, tes pissenlits !
— Ça suffit, conclut Rainette, on va vérifier les cartes jouées.
Aucune anomalie ne fut constatée.
— Vous êtes tous de mèche. Jamais j'aurais dû accepter de rejouer avec vous…
— On en entame une dernière avant d'aller chercher les boissons ? temporisa la grenouille.
Elle annonça son contrat, retourna les six cartes du chien, écarta. La manche débuta. Soudain :
— Ben alors, tu joues Herman ? sollicita-t-elle.
— Je sais pas quoi jouer.
— Coeur.
— Oui, je sais. Je ne te connais pas bien, en as-tu du coeur ?
— Les mystères du tarot. Décide-toi maintenant.
— J'ose pas.
— Faut terminer, insista Picpus, la commande de boissons doit être prête…
— M'en fous de picoler.
— On a déjà ouvert cette couleur.
— Et Rainette s'est excusée, je sais. Mais pourquoi ? Elle n'a aucun coeur, elle cache son jeu ou elle est folle à lier ?
— Joue pas avec les mots et les symboles !
— Ce n'est qu'un jeu, appuya le lièvre, pas grave donc.
— Toi le suceur de racines, je vais t'enfouir si profond que t'auras même pas droit d'accéder aux racines de figuiers.
— Tu dois pas avoir de coeur, la tortue, pour être aussi méchante.
— Oui, j'en ai pas même dans ma patte, c'est bien là le problème.
— Tu veux qu'on joue cartes sur table ? condamna Rainette. Quelle ambiance, si j'avais su…
— Toi la grenouille aux amours contre-nature, un lérot, pourquoi pas un rat ? Tu pleures parce que Picpus efface l'épitaphe d'hommage à ton prétendu héros… Tiens le voilà le 1 d'atout… et hop tu le surcoupes, je le savais, tu rêvais que d'le prendre, espèce de sans coeur et sans pitié, tape-toi donc un crapaud, c'est plus dans les moeurs de ta race…
Herman jeta le reste de ses cartes sur la pierre et se retira dans sa carapace.
— Excuse-le, Rainette, atténua Poulidor, il est souvent passionné et dit n'importe quoi.
— Oui, mais quand même, c'est odieux !
— Herman m'a informé pour l'épitaphe, je ne savais pas que tu y tenais, s'excusa Picpus, je la graverai à nouveau plus profonde et plus belle qu'avant.
— Merci.
— Je vais aller les chercher vos bouteilles, proposa Herman tout juste ressorti de sa protection.
— Ça ira plus vite avec moi, suggéra Poulidor.
— Toi ? Un lièvre ? Ton espèce est presque toujours devancée depuis des générations par les chéloniens !
— Tu n'en loupes pas une !
— Je me venge, vous êtes trop nuls et n'avez pas su me conseiller : je suis dernier de la partie.
— Écoute, intervint Picpus, je ne peux pas ramener toutes les bouteilles à la fois, seulement l'une après l'autre et ce sera aussi rapide.
— Pff !
— J'irais bien, mais à petits sauts batraciens, c'est peut-être pas conseillé pour les mezcals avec larve ou scorpion.
— Non, j'm'y colle et puis je peux tout porter en une fois sur mon dos.
La tortue s'éloigna d'une patte traînante.
🐸🐸🐸
— Il est souvent comme ça ? s'enquit Rainette.
— Non, expliqua Picpus, quand il a du jeu, il est super heureux et réussit à faire partager son bonheur et à consoler tendrement ceux qui perdent ou commettent des erreurs. Il ne supporte pas de jouer mal et ça le met en fureur.
— Avec le jeu que j'avais, je lui prenais le petit de toute façon, il a très bien analysé ce coup, c'était sa seule chance de le sauver.
— Oui, mais c'est la manche d'avant qui l'a mis dans cet état.
— Pourquoi continuez-vous à jouer avec lui ?
— Parce que Poulidor et moi savons qu'il n'est pas vraiment méchant et nous sommes les seuls à l'accepter à notre table. À part quand il trouve des partenaires de rencontre comme toi, on ne joue plus ou à trois et alors on s'ennuie !
La conversation se poursuivit sur d'autres sujets. Au bout d'un certain temps, Rainette remarqua :
— Il ne revient pas… même à son rythme, il devrait être de retour.
— Oui, on se demande ce qu'il magouille encore.
Soudain la tortue réapparut… sans les boissons !
— Ben alors, tu es arrivé trop tard ? s'enquit le lièvre.
— Je suis resté caché à vous écouter. Je me doutais bien que vous attendiez que je m'absente pour médire de moi ; chaque fois, vous trouvez un prétexte pour que je m'éloigne et vous déblatérez sur mon compte ! Pas étonnant que personne ne veuille jouer avec nous, vous êtes de trop mauvais joueurs et vous découragez les nouveaux passionnés que je trouve de revenir à notre table !
FIN.
Merci beaucoup
En plus j'ai découvert l'autre de nom équivalent de tortue .
Joli clin d'oeil à la partie de cartes , j'en suis encore Raimu ;)
Alors tu joues pique , puce ?
Que vous soyez fier comme un coq
Fort comme un boeuf
Têtu comme un âne
Malin comme un singe
Ou simplement un chaud lapin
Vous êtes tous, un jour ou l'autre
Devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche
Vous arrivez à votre premier rendez-vous
Fier comme un paon
Et frais comme un gardon
Et là ! Pas un chat !
Vous faites le pied de grue
Vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin
Il y a anguille sous roche
Et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard
La tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon
Vous l'a certifié
Cette poule a du chien
Une vraie panthère !
C'est sûr, vous serez un crapaud mort d'amour
Mais tout de même, elle vous traite comme un chien
Vous êtes prêt à gueuler comme un putois
Quand finalement la fine mouche arrive
Bon, vous vous dites que dix minutes de retard
Il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard
Sauf que la fameuse souris
Malgré son cou de cygne et sa crinière de lion
Est en fait aussi plate qu'une limande
Myope comme une taupe
Elle souffle comme un phoque
Et rit comme une baleine
Une vraie peau de vache, quoi !
Et vous, vous êtes fait comme un rat
Vous roulez des yeux de merlan frit
Vous êtes rouge comme une écrevisse
Mais vous restez muet comme une carpe
Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez
Mais vous sautez du coq à l'âne
Et finissez par noyer le poisson
Vous avez le cafard
L'envie vous prend de pleurer comme un veau
(ou de verser des larmes de crocodile, c'est selon)
Vous finissez par prendre le taureau par les cornes
Et vous inventer une fièvre de cheval
Qui vous permet de filer comme un lièvre
C'est pas que vous êtes une poule mouillée
Vous ne voulez pas être le dindon de la farce
Vous avez beau être doux comme un agneau
Sous vos airs d'ours mal léché
Faut pas vous prendre pour un pigeon
Car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie
Et puis, ç'aurait servi à quoi
De se regarder comme des chiens de faïence
Après tout, revenons à nos moutons
Vous avez maintenant une faim de loup
L'envie de dormir comme un loir
Et surtout vous avez d'autres chats à fouetter.
Jean d'Ormesson.
On parle souvent des mamies d'aujourd'hui comme si elles avaient toujours été sages.
Comme si elles n'avaient jamais été jeunes.
Mais avant les cheveux gris et les sourires doux,
nous étions des jeunes femmes libres, audacieuses, vivantes.
Nous étions celles des années 60, 70, puis 80.
Celles qui osaient les mini-jupes, les regards francs, les idées trop grandes pour l'époque.
On riait fort, on marchait vite, on n'attendait pas qu'on nous donne la permission d'exister.
La musique était notre refuge et notre révolte.
Elle sortait des radios, des cafés, des chambres trop petites pour nos rêves.
Chaque chanson nous donnait l'impression que le monde pouvait changer.
On vivait dehors.
Dans les rues, les bals, les places de village.
On se parlait sans écran, on s'écrivait des mots qu'on gardait toute une vie,
et chaque souvenir avait un lieu, une voix, une émotion précise.
On n'avait pas tout.
Mais on avait la liberté d'être nous-mêmes.
Alors quand vous croisez aujourd'hui une mamie au pas tranquille,
souvenez-vous :
elle a été jeune, elle a osé, elle a aimé, elle a vécu.
Et à vous, les plus jeunes :
n'attendez pas demain pour vivre.
Le temps passe plus vite qu'on ne le croit.
Kateri Seraphina
Une lettre d' André Fribourg de 1915 adressée au journal l'opinion.
* Voilà près d'un mois que je ne me suis ni déshabillé, ni déchaussé.
Je me suis lavé deux fois : dans une fontaine et dans un ruisseau près d'un cheval mort. Je n'ai jamais approché un matelas. J'ai passé toutes mes nuits sur la terre. On dort un quart d'heure de temps en temps. On dort debout, à genoux, assis, accroupis et même couché. On dort le jour ou la nuit, à midi ou le soir. On dort sur les chemins, dans les taillis, dans les tranchées, dans les arbres, dans la boue. On dort même sous la fusillade. Le silence seul réveille.*
Leurs souffrances et leur héroïsme ont sauvé la France.
N'oublions jamais le sacrifice de ces poilus qui ont donné leur vie pour notre patrie.
Gloire à eux.
Bruno Lefebvre-Beaudelin
Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l'entraide et la solidarité visant à un but commun : l'épanouissement de chacun dans le respect des différences.
Françoise Dolto
Le seul mal qu'il faut vaincre dans ton coeur, mon enfant, c'est la peur.
Tous les autres maux : la colère, la jalousie, la tristesse, la culpabilité morbide, proviennent de cet ennemi intérieur. Si tu arrives à dominer ta peur, plus rien ne t'atteindra, plus aucune force mauvaise n'aura d'emprise sur ton coeur. Et pour vaincre la peur, il n'y a qu'un remède : l'Amour. Tout le chemin de la vie, c'est de passer de la peur à l'Amour.
Frédéric Lenoir
Je pense que l'humanité n'est pas nécessairement la favorite de la nature, que l'humanité peut très bien disparaître, que nous ne sommes pas une espèce sacrée, qu'il y a eu 10 millions d'espèces animales jusqu'ici, que neuf millions ont été éliminées. . On n'est
pas l'espèce élue, comme on l'a cru pendant longtemps ; la nature peut très bien se passer de nous. Et elle ne nous éliminera pas ; c'est
nous qui pourrions nous éliminer. Et si nous nous éliminons, la nature ne fera pas particulicrement un deuil, mais elle continuera à développer d'autres espèces, en espérant que ces espèces seront plus en mesure de se préserver et de ne pas se détruire.
Hubert Reeves, Conteur d'étoiles
Sur la grande difficulté du métier d'écrivains..
- Il faut avec les mots de tout le monde écrire comme personne.-
Colette
-Avant d'entrer en conflit avec quelqu'un, demandez-vous s'il est même assez mûr, sur le plan mental, pour comprendre ce qu'est un point de vue différent. Car si ce n'est pas le cas, cela ne sert absolument à rien.
Helen Mirren
* Faites attention, quand une démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet mais ce n'est pas pour prendre des nouvelles. *
Albert Camus
Bonjour,
Yvan,
Je suis très touchée par toutes ces phrases piochées chez des auteurs que j'ai lus ...
La seule phrase dont je doute est celle de Frédéric Lenoir ...
Vaincre la peur ? pour l'amour ? de dieu ?
Les hasards de le vie : une nomination au lycée de Semur en Auxois, un époux trouvé dans ces parages et des séjours annuels en Puisaye m'ont fait fréquenter Malicorne, là où vécut Hubert Reeves ... 10 km de chez moi. Hubert Reeves a écrit que son épouse était l'âme de Malicorne !
à quelques km : Saint-Sauveur en Puisaye le pays de Colette et à quelques km encore : Saint-Fargeau : La grande mademoiselle ( puis les Lepelletier et la famille D'Ormesson ) Et ..Et...
Cette année , la maison de Colette célèbre les 10 ans de son ouverture et sur le dépliant qui annonçait le programme , cette phrase de Colette :
"Faire peau neuve, reconstruire, renaître, ça n'a jamais été au-dessus de mes forces."
C'était en 1928, elle avait plus de cinquante ans ( "La naissance du jour"). A 80 ans c'est plus dur !
Les acteurs de la restauration de sa maison disent à cette occasion :
"Depuis 10 ans , grâce à vous, visiteuses, visiteurs, donateurs, donatrices, nous n'avons cessé de "croire au merveilleux ", fidèles à Colette et au secret qui brille au coeur de l'oeuvre : une petite fille assise dans un jardin auprès d'une m-re aimante,une féérie de bêtes et de plantes pour guérir de l'hostilité et de la méchanceté des hommes : " au-delà, tout est danger, tout est solitude..."
Je peux témoigner de l'activité et des multiples plaisirs apportés par cette équipe de fondateurs enracinés dans l'oeuvre , qui la font connaître et vivre grâce à au concours de multiples grands acteurs, écrivains, historiens, chercheurs en toute simplicité ...
France-Tv , la radio , le cinéma , le théâtre français s'en font l'écho.
J'espère ...si ... je ne dérange pas, si le courage, si le temps me le permettent retrouver quelques textes de ces personnages et ...vous les transmettre.
De mon côté, J'ai tellement peu d'interactions ici que j'ai parfois l'impression de m'être lancé dans une carrière d'écrits vains !
Cordialement
Yvan , notre gène vient aussi du fait que nous sommes sur un site dédié au tarot . Mais jouer c'est interagir avec les autres et il n'y a pas cloisons entre les échanges ...
Voici de jolis textes d'Hubert Reeves
Le banc du temps qui passe…et la beauté du Monde, enchanter le monde.
« Le banc du temps qui passe » a été posé dans un parc, à Malicorne, un joli petit village de Puisaye, à 10 km de La Ronce où je passe des étés.
Ce petit village typique de Puisaye, vallons, champs et forêts et petite église romane a été adopté par un canadien célèbre, astrophysicien mais aussi poète et Camille, « l'âme de Malicorne » dit-il, qui y planta, entre-autre, Le Banc …
Malicorne, avec ce nom qui a un goût de féérie est un de ces lieux où « il accéda à la BEAUTE DU MONDE » et je le comprends …
Pendant les décennies qu'ils passèrent à Malicorne ce couple ensemença sa région de connaissances d'Arts et de beauté grâce à un projet commun – rien de tel qu'un beau projet pour construire un couple, n'est-ce pas ?
1 - Extrait de « J'ai vu une fleur sauvage, l'herbier de Malicorne »
« Ce lieu et ce projet ne sont pas sans rappeler la demeure de Nohant, dans le Berry, où voici deux siècles George Sand recevait sa cohorte d'amis, parmi lesquels Frédéric Chopin qui y trouvait l'inspiration pour composer ses pièces sublimes : ballades, mazurkas, nocturnes…
Et je ne connais personnellement rien de comparable à ce que Camille a réalisé ici, tant pour la beauté des lieux que pour la paix qui s'en dégage. Nombreux aujourd'hui sont ceux – plus de mille ! - qui ne se lassent pas de répéter leur enthousiasme et leur reconnaissance à celle qu'à juste titre on peut appeler « l'âme de Malicorne ».
Des raisons qui donnent le Plaisir de vivre … et de savoir !!
2- Extrait de « Le banc du temps qui passe – Méditations cosmiques »
« Avant-propos
« Près de l'étang de Malicorne, face au grand saule pleureur qui se mire dans l'eau cale, nous avons placé un banc.
Nous l'avons nommé « le banc du temps qui passe ». Je m'y assieds souvent pour tenter de saisir le mince filet du temps qui nous porte tout au long de l'existence.
C'est là que, parfois, me viennent à l'esprit des questions. Elles me semblent dans le fil d'une longue interrogation sur ce monde, qui m'émerveille, me fascine et m'inquiète à la fois. Y réfléchir, c'est aussi chercher à se rassurer.
Ce livre, né de ces moments de réflexion devant l'étang, se présente comme une séquence de propos variée sur des thèmes qui me tiennent à coeur. Rien de définitif, seulement du provisoire, à remettre à jour, indéfiniment. Destiné à ceux qui s'interrogent sur le grand mystère de la réalité dans laquelle nous sommes projetés pour un temps.
Même si plusieurs thèmes ont déjà été esquissés dans mes livres précédents, par souci de complétude j'en présente ici quelque fois des synthèses. Il n'est pas nécessaire de lire cet ouvrage d'une façon continue. On peut le feuilleter comme un ensemble de notes sur des thèmes variés, vus parfois sous des angles différents. Je les présente sous cette forme, en assumant ainsi ma difficulté à les traiter sans les trahir.
Notre façon d'appréhender la réalité et de forger notre « vision du monde » est puissamment influencée par nos affects, nos goûts, et nos préjugés.
Mais aussi par la culture dans laquelle nous vivons et par l'éducation que nous avons reçue. Mon but ici est de démêler chez moi tous ces facteurs »
Je pourrais continuer à recopier jusqu' à son terme ce prologue.
J'ai le sentiment qu'Hubert Reeves dit des « choses » que je ressens, trouve les mots qui expriment la réalité de nos vies et cheminements et que nous appartenons tous à cette drôle d'espèce pensante ….
J'ouvre le livre , né sur un banc au hasard et voici quelques thèmes soutenus par des citations d'autres penseurs de tous les temps.
- L'histoire de l'univers - 3 pages
- La fin du monde –
- Des forêts de symboles chers à Baudelaire –
- Qui a créé Dieu
- Serions-nous des martiens ?
- Les étoiles sont nos grands-mères
- Le pot de fleur et le hasard.
J'arrête et je suis sûre qu'après cette lecture nous devenons …moins bêtes…et relativisons
Comme quoi commander un Uber pour changer de rive c'est utile !
Merci Heure bleue, vous êtes mon Rayon vert !
Bonjour tous.
Cette 4ème fable est la reprise d'une fable traditionnelle que j'afficherai en commentaire après. Elle a été publiée à 2 reprises dans un concours et chez un éditeur.
C'est la première que j'ai écrite, choquée qu'un membre d'un forum ait cité l'originale comme CV dont je ne supporte pas la morale qui justifie la violence. L'homme n'est pas un animal (ou plutôt un animal au cerveau si performant qu'il peut combattre des comportements innés ou surtout appris)... pour moi donc il peut modifier sa nature.
"La saga de Rainette"
"Qui donc pourra faire taire les grondements de bête ?" (« Annihilation » - Homo plebis ultimae tour). Hubert-Félix Thiéfaine
La suite :
🐸🐸🐸
Dépitée, déprimée, Rainette continua sa dérive après être passée à ce fameux bar et avoir goûté les boissons promues par ses trois partenaires de jeu.
**************04- L'artisanat du sac à main.**************
Lors de sa migration saisonnière le long du Nil, un jeune scorpion désespérait de le traverser. Tous refusaient de l'aider et arguaient du danger de sa piqûre ou se défilaient sous maint prétexte farfelu.
« Apprends donc à nager ! » chuchotait l'araignée d'eau.
« Passe dessous ! » grognait la taupe.
« Pourquoi ne voles-tu pas ? » suggérait la libellule.
« D'accord si tu déposes ta queue sur le rivage… » exigeait la lérotte.
Il repéra une grenouille assise toute pensive au bord du fleuve.
« Bonjour, salua-t-il.
— Coucou, sourit-elle.
— Toi non plus ne trouves personne qui veuille t'aider à franchir ces vagues ?
— Nul besoin, je flotte à merveille. J'attendais quelqu'un. Tu voudrais te rendre sur la berge opposée, c'est cela ?
— Oui, tu refuseras sans doute de me prendre sur ton dos pour m'éviter la noyade… Oh j'ai l'habitude !
— Mais non.
— Tu n'oseras jamais…
— On parie ? Monte et accroche-toi, ça va secouer. »
Le scorpion et la grenouille entamèrent le périple. Très angoissé au départ, il se décontracta : elle voguait à la perfection.
« J'ignorais qu'on pouvait crawler aussi bien.
— Merci ! cria-t-elle afin de couvrir la plainte des flots.
— Tu ne crains pas que ma nature reprenne le dessus et que je t'injecte mon poison mortel ?
— Et que nous coulions ensemble ? Tu ne me piqueras pas, tu ne parais point fou. »
L'autre rive était en vue quand, soudain, un crocodile se dirigea vers eux. N'écoutant que son courage, le scorpion sauta sur l'agresseur et le darda entre les deux yeux ; puis il se laissa porter par le corps à l'agonie jusqu'au rivage espéré.
La grenouille, à quai déjà, se précipita vers lui à petits sauts.
« Quelle témérité ! » rit-elle, espiègle.
Il espérait un baiser passionné en récompense. Elle entrouvrit la bouche mais avant le contact charnel, sa langue attrapa son valeureux sauveur si vite qu'il ne put réagir.
Elle se régalait de son mets préféré lorsqu'une de ses amies évalua la taille du cadavre crocodilien.
« Bravo, ta dixième prise de la semaine ! Sacrée bête, on en tirera au moins cent sacs.
— Cool, y a pas le feu ; laisse-moi d'abord planer avec le reste du venin. Après, je te les confectionnerai, tes foutues pochettes antiques… Époque Cléopâtre ou Néfertiti, c'est comme tu décideras… »
Et elle croqua le dard.
🐸🐸🐸
Méfiez-vous, jeune homme, le sourire angélique d'une jeune ingénue dissimule parfois une âme d'une noirceur abyssale !
FIN.
Consulter le lien externe
La morale est donc que certains comportements sont irrépressibles et dictés par la nature profonde d'un individu, même lorsque ces actes vont totalement à l'encontre de leur propre intérêt ou de leur survie.
Son père l'a envoyé au commissariat avec un mot, à 5 ans.
Le policier a lu le mot, et l'a enfermé dans une cellule. Quelques minutes, porte close, pour lui apprendre à se tenir.
L'enfant n'oubliera jamais. Toute sa vie, il aura une peur panique de la police et de l'autorité.
Ce petit garçon est devenu le plus grand fabricant de peur du cinéma.
Alfred Hitchcock.
Né le 13 août 1899 à Londres, au-dessus de l'épicerie de ses parents. Gros, timide, sans un ami, élevé par des prêtres sévères, dans la hantise de la faute.
La peur, il la connaît de l'intérieur.
Devenu réalisateur, il en fait sa matière première. Il a compris que l'attente fait plus peur que le choc. Alors il montre au spectateur la bombe sous la table, et le laisse mijoter pendant que les personnages, eux, ne se doutent de rien.
Une femme seule sous une douche. Des oiseaux qui se rassemblent en silence. Il transforme des scènes banales en pièges où l'on retient son souffle.
Le gamin qu'on avait enfermé dans une cellule aura passé sa vie à y enfermer le monde entier. Et à adorer ça.
Effectivement le cumul des frustrations enfant peut avoir des conséquences à l'âge adulte...
... Pour notre bien en ce qui concerne Alfred ♥
... hélas cela peut donner aussi des criminels plus tard.
Très bien analysé par Thomas Harris dans "Dragon rouge" son premier dans la série Hannibal Lecter : le tueur a été totalement traumatisé dans son enfance et dans un sens on le plaint... je n'en dis pas plus si vous lisez le livre ou allez voir les 2 adaptations.
Je te souhaite du temps
Je ne te souhaite pas un simple cadeau,
mais quelque chose de bien plus précieux,
quelque chose que tant de gens recherchent sans jamais le trouver.
Je te souhaite du temps.
Du temps pour rire, pour t'émerveiller,
pour te perdre dans la douceur de l'instant.
Si tu sais l'apprivoiser, il t'offrira bien plus que tu ne l'imagines.
Je te souhaite du temps pour créer,
pour rêver et pour réfléchir.
Pas seulement pour toi,
mais aussi pour ceux que tu aimes.
Je te souhaite du temps, non pas pour courir après,
mais pour ralentir,
pour te poser là où ton coeur se sent en paix.
Je te souhaite du temps,
non pas pour qu'il s'efface au fil des heures,
mais pour qu'il te reste,
pour que tu puisses t'arrêter et contempler le monde,
pour que tu prennes le temps d'avoir confiance,
non pas en l'aiguille d'une montre,
mais en la vie elle-même.
Je te souhaite du temps pour effleurer les étoiles,
pour grandir,
non pas seulement en âge,
mais en force, en tendresse, en toi.
Je te souhaite du temps pour espérer encore,
même lorsque tout semble vaciller.
Du temps pour aimer,
car il n'y a pas de plus belle manière de le vivre.
Je te souhaite du temps pour faire la paix avec le passé,
pour ouvrir tes bras à ce qui vient,
et pour pardonner, à toi-même comme aux autres.
Je te souhaite de recevoir le temps comme on reçoit un trésor,
de le savourer,
non pas comme une chose à posséder,
mais comme un souffle à embrasser.
Je te souhaite du temps,
pour vivre,
pleinement,
intensément,
librement.
Je te souhaite du temps,
pour ta vie,
et pour la Vie.
Elli Michler
Le 24 Août 1943 : mort de Simone Weil.
Le seul grand esprit de notre temps selon Albert Camus, elle fut passionnée de justice, toujours contre la force et du côté des faibles, des vaincus et des opprimés.
*Considérer toujours les hommes au pouvoir comme des choses dangereuses*
Simone Weil
Bonjour,
Me tombe sous la main ce livre, dans la, les (que dis-je ?) piles d'ouvrages hérités ou bien achetés et non lus.
Je lis lentement… je déguste, me mets dans la peau du narrateur. Tiens ! quoi ? pourquoi il dit ça ? Il est où l'auteur là ? ah ! vraiment quelle association parlante. Je m'évade sur la métaphore, comme au jeu … Je ne peux m'empêcher …
Bref, peut-être vous intéressera-t-il, vous que « l'amour » au masculin titille …
Il est préfacé par Philippe Delerm qui dit :
« Voici un document exceptionnel. Ces « carnets d'un vieil amoureux » n'étaient pas destinés à la publication. Marcel Mathiot les a tenus avec une constance extraordinaire, depuis l'âge de 16 ans, jusqu'à sa mort à 93 ans. Il était son propre lecteur, retrouvant dans son texte des raisons de vivre plus fort. Ainsi, le 11 Juillet 2003, peut-il noter : « Il m'arrive parfois de me demander pourquoi je poursuis la rédaction de ces carnets. Les premiers que j'appelais « agendas », de 1927 à 1931, me sont les plus précieux, ils me font revivre ma jeunesse candide et insouciante ».
De fait, le livre que vous tenez dans les mains privilégie les quatre dernières années d'écriture de la vie de Marcel Mathiot. Mais bien des passages anciens sont repris par lui, comme une fontaine …… »
Plus loin Delerm écrit : « complètement fidèle et complètement infidèle » puis « complètement infidèle à son épouse, la mère de ses enfants ».
Au sujet de Geneviève, une fois disparue, Mathiot confia : « Je l'ai trompée toute ma vie, je n'ai jamais eu le sens de la fidélité conjugale. Je me vengeais de ma liberté sacrifiée au mariage. Après tout, je ne luis appartenais pas ».
Quel bel Amour, toujours !
Bon ! un témoignage !
Il y a des jours où je me sens envahi par une grande mélancolie, par un sentiment sombre et pessimiste ; je dois l'avouer, je ressens un profond mépris pour les hommes. Et pour qu'il n'y ait aucun doute sur ce que je méprise et qui je méprise, je le dirai clairement : mon mépris est pour l'homme d'aujourd'hui, pour l'homme moderne, avec lequel je dois malheureusement vivre. Je me sens étouffé, contaminé par sa respiration sale. Son souffle impur m'étouffe, sa façon de penser m'embarrasse amèrement.
Friedrich Nietzsche
L'Antéchrist
Rien n'est plus vivant qu'un souvenir.
Federico García Lorca
Dante, pourquoi dis-tu qu'il n'est pire misère
Qu'un souvenir heureux dans les jours de douleur?
Un souvenir heureux est peut-être sur terre
Plus vrai que le bonheur.
Alfred de Musset
- Le voyage est court. Essayons de le faire en première classe.-
Philippe Noiret
- Quand j'étais enfant, je dessinais comme Raphaël, mais il m'a fallu toute une vie pour apprendre à dessiner comme un enfant. -
Pablo Picasso
Si la musique nous est si chère, c'est qu'elle est la parole la plus profonde de l'âme, le cri harmonieux de sa joie et de sa douleur.
Romain Rolland
*Le jardin le plus fertile au monde est un cerveau d'enfant.
Il suffit d'y semer un mot pour y voir verdoyer une forêt de songes.*
Fatou Diome: Impossible de grandir.
Ne soyons pas triste, enfin essayons ...
Tout a déjà été dit et joliment...
Ah! Une vie encore mais en musique !
À 30 ans, il a déjà coulé plusieurs affaires et croule sous les dettes.
Imprimeur, fondeur de caractères, éditeur. Tout échoue. Il devra de l'argent jusqu'à sa mort, poursuivi par ses créanciers, changeant d'adresse et de nom pour leur échapper.
Alors il fait la seule chose qui lui reste. Il écrit.
Pas quelques heures par jour. Des nuits entières, enfermé, en robe de moine, relancé au café noir qu'il avale par dizaines de tasses. Il tient des semaines à ce rythme, dort au petit matin, et recommence.
En vingt ans, il écrit près de 100 romans et nouvelles. Et il a une idée que personne n'avait eue avant lui : les relier tous entre eux. Les mêmes personnages passent d'un livre à l'autre, vieillissent, se recroisent.
Il appelle cet ensemble La Comédie humaine. Le projet est fou : faire tenir la société française entière dans ses romans, du bagnard au banquier, de la province à Paris.
Le Père Goriot, un vieil homme ruiné par ses filles. Eugénie Grandet, sacrifiée par un père avare. En racontant ces vies, il jette les bases du roman réaliste : peindre les gens tels qu'ils sont vraiment, menés par l'argent, l'ambition et les passions.
Et pendant tout ce temps, il mène autre chose. Depuis dix-huit ans, il écrit à une comtesse polonaise, Ève Hanska. Une histoire d'amour par lettres, à distance, qui traverse toute sa vie d'adulte.
Il finit par l'épouser, en mars 1850.
Cinq mois plus tard, le 18 août, il meurt à Paris, à 51 ans, le corps usé par le travail. Victor Hugo vient le veiller cette nuit-là.
Honoré de Balzac n'aura pas vu son oeuvre tout à fait achevée. Ses personnages, eux, n'ont jamais cessé de vivre : on lit encore La Comédie humaine, partout dans le monde, un siècle et demi plus tard.
Charlie Chaplin a vécu 88 ans.
Il nous a laissé 4 déclarations :
(1) Rien n'est éternel dans ce monde,
pas même nos problèmes.
(2) J'aime marcher sous la pluie parce que personne ne peut voir mes larmes.
(3) Le jour le plus perdu dans la vie
est le jour où nous ne le faisons pas
rire.
(4) Six meilleurs médecins du monde...
1. Le soleil
2. Repos
3. Exercice
4. Régime
5. Respect de soi
6. Amis
Respectez-les à toutes les étapes
de votre vie et profitez d'une vie saine.
Si vous voyez la lune, vous verrez
la beauté de l'Univers.
Si vous voyez le soleil, vous verrez
la puissance de l'Univers.
Si vous voyez un miroir, vous verrez
la meilleure création de l'univers.
Alors croyez-le.
Nous sommes tous des touristes, L'Univers est notre agent de voyage
qui a déjà identifié nos itinéraires,
nos réservations et nos destinations... faites confiance à l'Univers
et profitez de la vie.
La vie n'est qu'un voyage !
Par conséquent, vivez aujourd'hui! Demain ne sera peut-être pas
Arachnée
Il a tué la grosse araignée. Je le déteste. Il savait bien que je ne voulais pas qu'on tue les araignées !
Cette araignée-là ! qui vivait avec nous dans la cuisine depuis l'année dernière déjà !
Un vrai crime.
Je l'avais connue à la rentrée des vacances d'été déjà, du côté de l'évier, cachée dans la coupelle d'une plante. L'humidité, certainement !
Elle avait filé derrière les planches à découper, le mixer, la cafetière et pfft disparu je ne sais comment.
Peut-être ? sûrement... dans la fente étroite, si étroite qui s'ouvre un peu plus chaque année entre le meuble et le mur.
Comment avait-elle fait pour s'aplatir et se glisser si vite dans sa cachette ?
Chic, nous vivrons avec une grosse araignée ! Comme Sido, la maman de Colette qui a séduit une araignée … Une araignée domestique qui vient boire dans la tasse de chocolat sur sa table de nuit, chaque soir si je me souviens bien !
Je la signale … Impossible de la retrouver. Et j'y pense de temps en temps en voyant la fissure.
Araignée es-tu morte ? Sûrement ? vivre sans se montrer, dans ma cuisine ? impossible.
Cette année, j'ai oublié de jeter un bouquet de pivoines avant de partir.
Au retour, fanées, les fleurs dans l'eau verdâtre croupissante.
Pouah !
Lorsque je saisis les fleurs, pfft, la grosse araignée se laisse tomber et file.
Même itinéraire, même vitesse fulgurante et même disparition instantanée. Mais cet elle ! la même encore plus grosse !
L'araignée ! la grosse araignée ! Elle était là, dans le bouquet fané ! Elle s'est évanouie derrière la cafetière !! Tu entends ?
Il savait pourtant, que selon Ma Loi, les araignées de maison – Et les autres – on les laisse, ou bien, si trop gênantes, on les déplace délicatement, dans un mouchoir en papier. Ailleurs ?
Ailleurs, c'est sur le rebord de la fenêtre, ou sur le balcon. Et …Bonne chance !
La morale de l'histoire (destinée à Mémoire, hihi)
Il faut toujours se méfier, un peu de ses proches.
-C'est une folie de haïr toutes les roses parce qu'une épine vous a piqué, d'abandonner tous les rêves parce que l'un d'entre eux ne s'est pas réalisé, de renoncer à toutes les tentatives parce qu'on a échoué . C'est une folie de condamner toutes les amitiés parce qu'une d'elles vous a trahi, de ne plus croire en l'amour juste parce qu'un d'entre eux a été infidèle, de jeter toutes les chances d'être heureux juste parce que quelque chose n'est pas allé dans la bonne direction. Il y aura toujours une autre occasion, un autre ami, un autre amour, une force nouvelle. Pour chaque fin il y a toujours un nouveau départ.
Texte attribué à tort à
Antoine de Saint-Exupéry , Le Petit Prince
Combien d'hommes ai-je entendu dire qu'ils désirent une « femme intelligente » dans leur vie!
Je les encouragerai à y réfléchir.
Les femmes intelligentes prennent des décisions elles-mêmes, elles ont leurs propres désirs et elles mettent des limites.
Tu ne seras jamais le centre de sa vie parce que celle-ci tourne autour d'elle-même. Une femme intelligente ne se laissera pas manipuler ni faire chanter, elle assume des responsabilités.
Les femmes intelligentes remettent en question, analysent, se disputent, ne se contentent pas et avancent. Ces femmes ont eu une vie avant toi et elles savent qu'elles continueront à l'avoir une fois que tu seras parti. Elle prévient, elle ne demande pas de permission.
Ces femmes ne recherchent pas dans le couple un leader à suivre, un papa qui résout la vie, ni un fils à sauver. Elles ne veulent pas te suivre ni marquer le chemin de personne.
Elles veulent marcher à côté de toi.
Elle sait que la vie sans violence est un droit, pas un luxe ni un privilège.
Elles expriment la colère, la tristesse, la joie et la peur de la même façon, parce qu'elles savent que la peur ne les rend pas faibles de la même façon que la colère ne les rend pas masculines. Ces deux émotions et les autres, toutes ensemble, la rendent humaine c'est tout.
Une femme intelligente est libre car elle s'est battue pour sa liberté. Elle n'est pas une victime, elle a survécu.
N'essaie pas de l'enchaîner car elle saura comment s'échapper. La femme intelligente sait que sa valeur ne réside pas dans l'apparence de son corps.
Pensez-y deux fois avant de la juger pour son âge, sa taille, son volume ou son comportement sexuel, car c'est de la violence émotionnelle et elle le sait.
Donc avant de dire que tu souhaites une femme intelligente dans ta vie, demande-toi si tu es vraiment prêt à t'intégrer dans la sienne.
Gabriel Garcia Marquez prix Nobel de littérature 1982
Merci Yvan !
Toute la veine du "réalisme magique" d'Amérique latine, initiée par le mexicain Juan Rulfo avec « Pedro Paramo ». Cette veine, si vivante qui m'a fait rire, rêver et réfléchir… avec un arrière-plan souvent tragique.
De quelle oeuvre est extraite cette citation ? Et existe-t-il un catalogue de ce genre d'homme ? (J'ai honte, enfin, un peu seulement !)
Concernant les écrits que je poste , ceux-ci proviennent d'un compte auquel je me suis abonné sur X ( ex twitter) et je les vérifie sur Google.
Celui-ci après vérification a été attribué à Gabriel Garcia Marquez en majorité mais il paraît que c'est faux .
Je n'ai pas cherché plus loin et il m'a beaucoup plu .
Réflexe professionnel sûrement !
J'ai un principe de base lorsque je publie des textes empruntés à des auteurs, recueillis dans des revues, enfin tout texte ne provenant pas de ma réflexion propre, d'en noter précisément les sources. C'est une question d'éthique et plus que cela, c'est « rendre à césar ce qui est à César » et surtout c'est permettre au lecteur de vérifier et d'avoir confiance dans les informations qu'il reçoit. Cela permet de limiter sa propre instrumentalisation et de se laisser influencer au nom de la Culture. Un Prix Nobel ! c'est un être dont l'oeuvre pèse …
Concernant ce texte …J'ai eu comme une hésitation en le lisant. Le style … Ce n'était pas le style des romans que j'avais lu …mais je ne connaissais pas tous ses romans et puis les phrases prononcées pouvaient avoir été écrites dans quelque article. Alors ? Pourquoi pas ! Et puis le contenu me convenait.
On a tendance à croire ceux qui expriment nos idées et les gravent sur le papier !
Merci, Yvan d'avoir fait cette recherche.
LE SACHIEZ-TU ?
Sean Connery est né dans la pauvreté. À 13 ans, il quitte l'école pour aider sa famille à survivre , livrant du lait avant l'aube, posant des briques, nettoyant des piscines et polissant des cercueils dans un magasin de meubles plongé dans le silence. À 32 ans, il devient James Bond . À 40 ans, il rencontre la femme qui l'aimera pendant 45 ans. Elle n'avait jamais vu un seul de ses films. Elle ne savait même pas qui il était.
Sean Connery naît en 1930 dans un minuscule appartement délabré d'Édimbourg. Son père conduit un camion. Sa mère récurre les sols. Toute la famille dort dans une seule pièce. Très tôt, il comprend que la vie ne lui donnera rien gratuitement.
Dès qu'il est assez grand pour travailler, il enchaîne les petits boulots : tournées de lait dans le froid écossais avant le lever du jour, maçonnerie, conduite de camions, nettoyage de piscines. Et pendant un temps, il polit des cercueils , entouré de silence et du poids des adieux des autres. Pour gagner quelques livres de plus, il pose nu pour des étudiants de l'Edinburgh College of Art.
À 16 ans, il s'engage dans la Royal Navy. Quelques années plus tard, il revient avec des ulcères à l'estomac, une réforme militaire et une envie féroce d'une vie plus grande.
En 1953, sur un simple coup de tête, il participe au concours de Mister Univers. Il termine troisième. Dans les vestiaires, un autre candidat lui parle d'une audition pour une comédie musicale. Sean n'a jamais joué la comédie. Il lit à peine correctement un scénario. Pourtant, il tente sa chance.
Cette décision change tout.
Pendant près de dix ans, il survit grâce à de petits rôles à la télévision et dans des films oubliés. Les directeurs de casting lui répètent que son accent écossais est un problème. Trop brut. Trop populaire. Trop peu élégant.
Mais il s'accroche.
Puis, en 1962, Dr. No cherche un inconnu pour jouer un espion britannique nommé James Bond. Les producteurs hésitent à choisir Connery. Mais la femme du réalisateur le voit marcher dans la rue depuis sa fenêtre et déclare simplement :
« Cet homme a quelque chose. »
Il obtient le rôle. Le film devient un phénomène mondial.
Le petit livreur de lait d'Édimbourg devient l'espion le plus célèbre de la planète.
Mais le moment le plus précieux de sa vie arrive plus tard.
En 1970, lors d'un tournoi de golf au Maroc, il rencontre Micheline Roquebrune, une peintre franco-marocaine. Elle voit avant tout un homme élégant, chaleureux, aux yeux doux. Elle remarque sa présence, sa manière de se tenir. Elle n'a jamais vu un seul de ses films. Elle ignore complètement qu'il est James Bond.
Pour elle, il est simplement Sean.
Et peut-être que, toute sa vie, c'est exactement ce qu'il cherchait.
Ils se marient en 1975 et resteront ensemble pendant 45 ans jusqu'au dernier souffle de Sean en 2020 .
Lorsqu'une commande surprenante de 1 000 livres anciens arrive sur le bureau d'un libraire spécialisé, l'incompréhension est totale. L'acheteur mystérieux ne s'intéresse ni à la valeur des ouvrages, ni à leur rareté, ni même à leur contenu : il veut juste du papier, en quantité industrielle. Flairant une affaire suspecte, le libraire s'associe aux journalistes du média 404 Media et glisse en secret un petit balise Apple AirTag dans l'un des cartons. Mais personne ne savait encore que ce simple traceur GPS allait mettre au jour l'un des secrets les plus sombres de la technologie moderne.
Ce qu'ils allaient découvrir dépassait leurs pires cauchemars.
Pendant des jours, les journalistes ont suivi le signal numérique du carton à travers tout le pays. De ville en ville, la balise a fini par s'arrêter devant un immense entrepôt anonyme d'Amazon, en plein désert du Nevada, à Las Vegas.
En s'infiltrant dans les coulisses de ce bâtiment surprotégé, l'équipe a découvert une véritable usine du massacre littéraire.
Dans cet entrepôt, des tonnes de livres sont alignées sur des tapis roulants industriels. Le spectacle est d'une violence inouïe pour les amoureux de la lecture : des machines massives coupent les reliures à la chaîne, déchirent les couvertures et séparent les pages par milliers.
Les feuillets sont immédiatement numérisés à grande vitesse.
Les textes originaux sont envoyés au pilon.
Les livres sont réduits en poussière.
Une fois les pages scannées et détruites, l'aventure de ces livres s'arrête là, définitivement effacés de la réalité physique.
Interrogé sur cette pratique industrielle, le géant Amazon a fini par confirmer l'effrayante vérité : l'entreprise achète des livres en masse pour faire manger leurs données à ses algorithmes d'intelligence artificielle, détruisant l'oeuvre physique juste après la numérisation.
Acheter. Déchirer. Numériser. Nourrir la machine. Incinérer les preuves.
Grâce à la curiosité d'un libraire et à un petit traceur caché au fond d'un carton, le voile a été levé sur la manière dont les géants de la tech pillent le patrimoine humain pour bâtir leur monde virtuel.
On nous répète souvent que le progrès technologique est là pour préserver notre mémoire et nous faciliter la vie. Mais cette histoire nous rappelle brutalement que dans cette course effrénée vers le futur, certains sont prêts à sacrifier la beauté du passé et l'âme des objets pour nourrir des machines sans coeur.
Un monde qui brûle ses livres pour nourrir des robots a peut-être gagné de la vitesse, mais il a définitivement perdu son humanité.
Otto Dafé
Pensons à l'Apocalypse,
pensons à la fin du monde de l'An Mil
De l'an 2000
Pensons à la Bombe atomique - Hiroshima 1945 - Nous sommes là dans le dur, dans le reél
Et maintenant ?
Bonsoir tous.
Cette 5ème fable est ma version de la fable "Le Corbeau et le Renard" d'Ésope reprise dans les Fables de La Fontaine. Aucune des 2 morales me plaisant, je décidais de la réécrire puis d'ajouter une seconde partie. Ma fable a reçu le second prix aux "48 h du polar" (ce n'est pas un polar et j'étais en concurrence avec des écrivains professionnels), elle a été 1ère étoile à Calipso et plusieurs éditeurs m'ont dit que si un jour je voulais la publier, ils la publieraient. Elle l'a finalement été dans la revue Etherval 16 "Fabula".
Mon texte a 2 particularités : il débute dans l'humour cynique et se termine en drame qui fait pleurer (il faut bien tuer ses héros à répétition sinon on ne fait plus que les choisir chaque fois) et il est écrit avec mon style particulier : atteindre les limites autorisées de la grammaire et de la syntaxe pour déclencher chez mon lecteur un ralentissement de sa lecture afin qu'il imagine ce que je suggère.
Il a aussi une autre spécificité : des instituteurs l'ont fait lire à leurs élèves de primaire ♥
"La saga de Rainette"
"Qui donc pourra faire taire les grondements de bête ?" (« Annihilation » - Homo plebis ultimae tour). Hubert-Félix Thiéfaine
La suite :
🐸🐸🐸
Un pont fut construit à l'endroit où sévissait Rainette et elle ne trouva plus de jeunes scorpions candides pour traverser sur son dos. Elle fut licenciée de son travail et décida de retourner à sa mare natale. Privée de drogues, elle se désintoxiqua assez vite de son poison.
**************05- L'ombre noire.**************
Naître corbeau, sur un arbre perché de surcroît,
____________________________________ne prédispose guère à la modestie de mauvais aloi.
Dame Rainette batifolait par petits sauts au pied du saule où se trouvait le corvidé. Elle se souvenait de la gageure avec ses amies : « Tu n'oseras jamais ! » Il s'agaçait de ce manège typique, cadencé par le « on me voit, on ne me voit plus, et on me revoit, hop disparue… » conséquent de l'herbe haute. Incessant, le mouvement prit fin lorsque le batracien avisa l'oiseau sur la branche et s'approcha de sa chaire.
— Coucou Maître Corbeau, coassa la grenouille, vous guettez ?
— Non, Dame Rainette, croassa le freux, j'attends ma fiancée.
— En retard, je suppose ?
— Comme souvent, hélas.
— Est-ce un cadeau ce petit paquet posé, précaire, à votre droite ?
— Oui, pour elle.
— Laissez-moi deviner… à l'effluve… un fromage ?
— Oui, c'est si bon...
— Camembert pasteurisé : quelle faute de goût !
— Elle adore.
— Ça schlingue et pas qu'un peu. Indigne de vous, si distingué, à l'élégance rare et doté d'une intelligence supérieure.
À ces mots, le corbeau ne se sentit pas de joie : son plumage en frétilla ; il se redressa afin d'accentuer son avantage. De sa position privilégiée, il adressa un regard amène à sa minuscule laudatrice. Soudain, il se remémora l'ancienne embrouille avec le renard près de la fontaine : « Elle veut chouraver mon fromage ! » Un coassement le tira de sa rancoeur.
— Admirez ces fleurs au parfum suave ; lorsque vous lui conterez fleurette, elles suggéreront votre dessein… Abandonnez donc ce juchoir et suivez-moi !
— Et si elle arrive ici avant nous ?
— Nous n'allons pas nous éloigner, ça ne nous prendra qu'un instant.
— Et si elle nous surprend ensemble ?
— Ne craignez point le ramage… oups ! Du ravage de la jalouse renaît la flamme de la douce.
Notre curieux couple sautillant partit en vadrouille. La petite lui montra la sauge, il en cueillit quelques, la rose avec laquelle elle lui enleva le relent du cadeau maintenant oublié, et d'autres. Lié à l'aide d'un fétu de paille, le bouquet final s'enrichit de variété, chatoya de couleurs, combina les senteurs. Au retour de la balade, le camembert avait disparu, remplacé par une charmante oiselle toute de noir vêtue, l'air un tantinet énervé sur son perchoir. Le duo éphémère se sépara. Tandis que la rainette rejoignait ses amies, un vif échange opposa les deux amoureux.
— C'est à cette heure-là que tu te pointes ? croassa, stridente, la freux.
— Mais c'est toi qui…
— Et qui est cette grenouille ?
— Rien qu'une amie.
— Et ce cadeau, tu l'as mis où ?
— Je l'avais déposé là, il a dû choir.
— Elle te l'aura chapardé, grand nigaud !
— Mais non, on ne s'est pas quittés.
— Ben voyons !
— Regarde le bouquet…
— Pff ! des fleurs. Et tu cocottes en plus. La prochaine fois, je me la croque ta groupie !
Au bord de la mare, entouré de plusieurs batraciens, reposait le fromage ravi.
— Et tu crois vraiment qu'il va éclore quoi ? coassa l'un. Je ne vois que des vers.
— On parie ? défia Dame Rainette. Avisez donc ces asticots : vous pourrez dans peu de temps savourer une myriade de mouches, les fameuses Piophilæ casei !
🐸🐸🐸
Quelques jours passèrent… Maître Corbeau sous un arbre déchu tenait en sa tête ce langage : « Être ou ne pas être freux ? Ou alors se dénicher un trou, s'y coucher, se couvrir de terre ou d'immondices et se dissimuler au monde ? » Au lieu d'une sérieuse introspection, il se résolut à changer de piédestal ; un noisetier cette fois. Deux petits animaux, un lérot et un écureuil, s'amusaient, se chamaillant au-dessus de lui, à savoir qui irait au bout d'une branche effilée cueillir une ultime noisette. Ils cessèrent quand ils aperçurent l'oiseau noir.
— Tu te souviens de l'arnaque du renard ? chuinta le rat-bayard.
— Bien sûr ! glapit le mignon rouquin, et j'ai assisté à la rapine des batraciens la semaine dernière. Tu as suivi l'affaire ?
— De loin. Rien n'a éclos au final. Et Dame Rainette jura qu'on ne l'y prendrait plus.
— Il a encore acheté un fromage. Qui donc le lui chipera ?
Ils gloussèrent à l'unisson. Oui, il en avait apporté un autre et avait choisi un camembert au lait cru grâce aux conseils de la grenouille. La dulcinée se posa à l'heure, enfin. Son arrivée calma les railleurs.
— Oh ! mon chéri, tu as pensé à moi, sourit-elle d'un tendre bisou.
— Et, cette fois, personne ne me l'a dérobé, se vanta-t-il, très fier d'avoir anticipé les astuces des voleurs : il avait coincé le cadeau entre de solides branches.
— Laisse-moi à l'instant m'enivrer de son fumet. Mais il n'est…
— Le fromager l'a sélectionné pour moi…
— … pas pasteurisé ? Pouah ! Tu connais mes goûts pourtant.
— Il m'a affirmé qu'il serait bien plus savoureux.
— J'en veux pas de ton affiné.
Elle saisit l'objet avec le bec, le jeta au loin et partit sans même dire adieu. Maître Renard qui passait juste sous l'arbre profita de l'aubaine et déguerpit avec son larcin inespéré. Pauvre corvidé plaqué, humilié, incompris, risée du bocage à la prairie, des eaux aux cieux… De son perchoir, il chut au sol, terrassé par le chagrin…
______________________________ Et se tordit la patte.
Il claudiqua vers une haie de roseaux pour se cacher de la cruauté générale. Dans cet abri, Dame Rainette affûtait une libellule et aiguisait sa langue en vue de son gobage. L'irruption du désespéré la troubla et elle rata sa cible.
— Encore vous ! protesta-t-elle.
Devant l'air étiolé du volatile, elle refoula sa rancune. Elle aussi avait été grugée… son précédent fromage avait été ravagé par le dernier raz de mare et les asticots noyés.
Il cria, elle soigna.
______________________________ Il raconta, elle écouta.
______________________________ ______________________________ Il s'épancha, elle absorba.
______________________________ Il pleura, elle étancha.
Il chouina, elle le moucha.
— Je vais vous le chercher, ce camembert. C'est bien Maître Renard qui vous l'a barboté ?
— Oui ! Vous êtes sûre de…
— … Et certaine, par la ruse !
Elle s'éloigna, laissant son compagnon à sa mélancolie. Durant sa courte quête, elle se tracassait surtout du portage de l'objet au retour. Elle avait espéré en vain l'aide de quelques grenouilles. Certaines tentèrent de la dissuader, d'autres la traitèrent de folle, aucune ne la suivit. Déçue, elle continua sa mission, ébranlée toutefois par les incitations à la prudence de ses copines, inquiète au cas où elle devrait affronter seule ce terrifiant adversaire : elle n'aurait que sa malice et son agilité à lui opposer… Vint l'instant du doute. Regrettait-elle déjà la déraison de cette promesse irréfléchie ? Elle fut tentée de rebrousser chemin et de s'excuser auprès de son nouvel ami : la tâche s'avérait au-dessus de ses petites forces, elle s'était montrée trop présomptueuse. Bien sûr, dès demain matin, il porterait plainte et elle courrait lui en procurer un autre. Elle imagina la déception : « Si vous aussi, vous m'abandonnez… » Irait-il lui-même se faire justice ? Elle ou lui, le combat serait perdu d'avance. Et elle se sentait si coupable !
Elle décida de continuer et débusqua son Graal dans un sous-bois. Le coquin avait entamé son butin. Elle envoya d'abord des pierres espérant ainsi le distraire de son festin ; puis tâtonna le cri canin, jappa vaguement, glapit à grand peine, entonna un confus « Waaaaah » ; elle bredouilla même un dernier « Haro ! » ouï de la bouche d'un pêcheur. Aucun effet sur le canidé ; alors elle sautilla tout autour de lui afin de détourner son attention. Ce manège effronté fonctionna mieux que prévu, le renard la poursuivit… Par deux fois elle échappa à sa morsure ; hélas, elle se fatiguait et paniquait. Le prédateur réussit à la coincer ; pour éviter le troisième coup de crocs, elle effectua un saut de côté et retomba sur une pierre saillante. Elle ne se releva pas, étourdie par le choc ; le goupil s'apprêtait à la dévorer lorsqu'une ombre noire plongea sur lui. Le corvidé volait à son secours ; son attaque en piqué causa des dégâts près des yeux du carnassier qui abandonna sa proie. Les coups de rostre dissuadèrent le maraudeur de terminer son repas et il s'enfuit pantois.
Le corbeau posa sur son dos l'aventurière, un peu sonnée par l'agression, saisit en son bec le fromage et s'envola. L'oiseau atterrit près des roseaux et constata alors que Dame Rainette s'était assoupie. Il la déposa avec précaution sur un nénuphar tout juste échoué. Il s'aperçut que son plumage dorsal était taché de rouge. Inquiet, il examina la grenouille et trouva une minuscule plaie au ventre qui saignait beaucoup. Elle se réveilla.
— Alors, vous l'avez mangé ?
— Non, pas encore. Mais vous êtes blessée.
— Une égratignure, ce n'est rien, ça ne saigne déjà plus, vous voyez.
Les derniers mots furent prononcés dans un souffle. Elle toussa puis se reprit.
— Dégustez-le donc, ce mets.
— Oui… il est exquis… Vous voulez goûter ?
— Non, merci, je ne mange pas de laitages… et je n'ai guère faim. Régalez-vous !
Il picora sans enthousiasme, davantage pour faire plaisir à son héroïne. Elle somnolait en le regardant puis s'endormit et se mit à trembler. Le freux se coucha sur le dos, installa la petite bête sur son poitrail et rabattit son aile sur elle. Les frissons cessèrent, elle semblait heureuse de cette douce chaleur et souriait.
Dans la nuit, il sommeillait à demi lorsqu'il crut entendre crier son amie :
— Pas les vers ! Aide-moi.
Il ouvrit les yeux ; elle affichait toujours son sourire et dormait ou… Elle avait juste cessé de respirer. Un croassement pathétique déchira l'obscurité.
🐸🐸🐸
Au matin, les riverains de la mare découvrirent le corps sans vie de la rainette déposé sur un nid de brindilles et de paille mêlées, et une épaisse couche de plumes noires. Ses pattes avant ramenées sur sa poitrine tenaient une rose rouge. Deux silex étaient appuyés au pied de ce monticule. Personne ne revit jamais le freux, mais dans les temps qui suivirent, nombre de renards devinrent borgnes ou aveugles, et l'ombre noire hanta longtemps les alentours.
FIN de la saga de Rainette.
J'ai découvert de nouveaux mots dont Piophilæ casei , laudatrice !
Lors de ma lecture j'ai remarqué que le mot amène n'avait pas d'accent aigu à la fin , est - ce voulu ?
La phrase était :
Il adressa un regard amène à sa minuscule laudatrice.
Mes textes ont souvent peu de fautes au départ parce que j'ai ma méthode pour écrire : pas de premier jet, je corrige et améliore de suite et quand je reprends l'écriture, je relis les paragraphes précédents. J'élimine aussi les répétitions de suite grâce au merveilleux outils le CRISCO.
Un avantage est de pas donner un texte trop imparfait à ceux qui relisent : 2 bêta-lecteurs écrivains publiés et avant un envoi à un concours mon conjoint, agrégé de français jette un regard aussi... et les 3 connaissent mon style à part et le respectent.
Enfin chez les vrais éditeurs, ceux qui vous payent (et non l'inverse) il y a un travail éditorial entre l'auteur et un correcteur. Et ce travail est fait même avec les plus grands auteurs. Mais ce n'est pas pour corriger les fautes bien sûr☺.
je n'ai jamais évoqué les mot faute, erreur ou coquille dans mon propos ,je demandais juste une explication.
C'était donc une figure de style soutenu.
Je pense aussi que lorsque vous écrivez dans votre réponse :* non un des orthographes du verne amener conjugué...* vous faites référence à Jules ou autre figure de style ;)
Vos écrits montrent vraiment que vous êtes une personne affable .
Amen .
J'espère ne pas provoquer l'arrêt net de cette rubrique , ce qui serait à freux !
Cordialement.
ELLE TENAIT SA TÊTE HORS DE L'EAU, ELLE TENAIT SON CŒUR HORS DU DÉSESPOIR:
Le sable devenait un piège, le vent hurlait, la mer montait.
Et au milieu de ce chaos, un cheval, pris au piège, s'enfonçait doucement, englouti par la boue, condamné à disparaître.
Tout le monde aurait pu tourner les talons.
Abandonner.
Mais pas elle.
Graham ne voyait pas une bête condamnée.
Elle voyait un compagnon qui comptait sur elle, une vie qui refusait de s'éteindre sans qu'on tente tout.
Alors elle s'est jetée dans la vase.
À genoux, les bras entourant son cheval, elle a tenu sa tête hors de l'eau, hors du désespoir.
Pendant trois heures.
Trois heures où le temps n'avait plus d'importance.
Elle murmurait à son oreille, le caressait, le rassurait comme une mère berce un enfant effrayé.
Le regard fixé sur lui, refusant de céder à la fatigue, au froid, ou à la peur.
Refusant de lâcher.
Refusant d'abandonner.
Et quand enfin l'aide est arrivée, quand les cordes ont libéré les pattes du cheval, il était encore là.
Parce qu'elle était restée .
Le monde littéraire
Mais comment en est-on arrivé là ? Nous avons cessé de dire NON !
Aujourd'hui, les choses sont ainsi : les parents ne veulent plus être des parents. Ils veulent être les amis de leurs enfants. Si tu dis non, tu traumatises. Si tu imposes une limite, tu es autoritaire. Si tu demandes du respect, tu es rigide. Alors on recule, on négocie tout, on évite le conflit. Et pendant ce temps, les enfants grandissent sans repères, sans les outils nécessaires pour accepter un NON lorsqu'il arrive vraiment.
Et pendant que la famille recule, quelqu'un d'autre prend la place : les réseaux sociaux. Toujours allumés, toujours présents. Toujours là pour dire : réagis, exagère, fais-toi remarquer. Un flux continu qui récompense l'excès, la réaction, l'humiliation. Où celui qui crie le plus fort gagne. Où l'autre n'est plus une personne mais un contenu. Une cible.
La vérité, c'est que nous sommes en train de cesser d'éduquer. Éduquer, ce n'est pas protéger de tout. C'est enseigner la limite, la responsabilité ; c'est apprendre que l'autre existe. Et que tout n'est pas permis. C'est savoir dire NON quand tout le monde dit oui.
Umberto Galimberti
CITATION :
Quand les missionnaires sont venus en Afrique, ils avaient la Bible et nous avions la terre. Ils nous ont dit 'Prions'. Nous avons fermé les yeux. Quand nous les avons rouverts, nous avions la Bible et ils avaient la terre.
- Jomo Kenyatta (v. 1897 – 1978) est le père fondateur et le tout premier président de la République du Kenya.
CC,
Umberto Galimberti était philosophe et psychanalyste contemporain.
La citation que nous lisons ci-dessus n'est qu'un des éléments du pb. Seules l'éducation, la famille
ne peuvent porter le fardeau...
Comment dire non quand on a faim, quand on a rien, quand on est menacé ?
Le dernier train .
Dans un coin retiré d'une gare, sous la neige persistante d'un hiver impitoyable, Nikolái observait la locomotive disparaître à l'horizon. Dans ce train s'éloignait toute sa vie.
Il avait rencontré Elena il y a deux ans, lors d'une rencontre chez un ami commun. Elle était une femme discrète, avec des yeux qui cachaient des tempêtes et des sourires qui promettaient des étés infinis. Dès le premier échange de regards, Nikolái sut qu'il était perdu. Son amour pour elle grandit vite, presque sans qu'il ne s'en rende compte, et avant même que l'hiver ne se termine, il lui avait demandé sa main.
Cependant, leur relation n'avait jamais été facile. Nikolái, un homme simple, portait le poids des souvenirs d'une enfance difficile et d'un esprit marqué par la mélancolie. Elena, quant à elle, semblait toujours distante, comme si son âme appartenait à un autre monde. Il y avait des moments de passion, des nuits remplies de promesses, mais aussi des silences interminables, comme si leurs coeurs battaient à des rythmes opposés.
Une nuit, tandis que la neige s'amassait derrière les fenêtres de leur modeste appartement, Nikolái la trouva assise près de la table, ses valises prêtes.
- Je ne peux plus, Kolia, murmura-t-elle, la voix brisée.
- Qu'est-ce que tu ne peux pas ? demanda-t-il, bien qu'il connaissait déjà la réponse.
- Je ne peux pas rester ici, avec toi.
Elena expliqua qu'elle avait reçu une lettre d'un ancien amour vivant à Moscou, un homme avec qui elle avait rêvé d'un avenir avant de rencontrer Nikolái. La lettre était un rappel de tout ce qu'elle avait laissé derrière elle, de toutes les promesses non tenues.
Nikolái ne tenta pas de la retenir. Comment retenir quelqu'un qui a déjà décidé de partir ? Au matin, il l'accompagna à la gare, où elle monta dans le train avec une étrange mélancolie mêlée de détermination. Avant que les portes ne se ferment, Elena se tourna et murmura :
- Je t'aimerai toujours, à ma manière.
Nikolái resta sur le quai, regardant le train disparaître dans la neige. Il ressentit le froid pénétrer ses os, mais ce qui le tourmentait le plus, c'était le vide qui se creusait dans sa poitrine.
Quelques jours plus tard, tandis qu'il se promenait dans le parc où ils avaient l'habitude de marcher ensemble, il trouva un banc recouvert de givre. Il s'assit et, pour la première fois depuis longtemps, laissa les larmes couler. Il comprit que l'amour, aussi profond soit-il, ne suffisait pas toujours à retenir ceux qui désirent partir.
Cette histoire fut publiée dans le journal An-Nahar de Saint-Pétersbourg, par
Dostoïevski.
Le monde littéraire
Le problème n'est pas que vous n'ayez pas été éduqué. Le problème est que vous avez été éduqué juste assez pour croire ce qu'on vous a enseigné, mais pas assez pour remettre en cause tout ce qu'on vous a dit.
Edgar Morin , La Méthode
Il y aura toujours dans la foule un crétin qui, sous prétexte qu'il ne comprend pas, décrétera qu'il n'y a rien à comprendre.
Amélie Nothomb, Péplum.
Écrire, c'est tenter de sauver quelque chose du temps qui passe, même si l'on sait que tout, un jour, nous échappera.
Marguerite Duras, Écrire
L'éducation, c'est la famille qui la donne ; l'instruction, c'est l'Etat qui la doit.
Victor Hugo
Laisse de côté tous les chiffres non indispensables à ta survie. Ceci inclut l'âge, le poids, la taille.
Que cela préoccupe seulement le médecin, il est payé pour ça.
Fréquente de préférence des amis joyeux, les pessimistes ne te conviennent pas.
Continue de t'instruire.
Apprends sur les ordinateurs, l'artisanat, le jardinage, etc . . .
Ne laisse pas ton cerveau inoccupé, un mental inutilisé est l'officine du diable.
Et le nom du diable est Alzheimer !
Ris le plus souvent possible, et surtout de toi-même !
Quand viennent les larmes, accepte, souffre et continue d'avancer.
Accueille chaque jour qui se lève comme une opportunité, et pour cela, ose entreprendre.
Laisse tomber la routine, préfère les nouvelles routes aux chemins mille fois empruntés !
Efface le gris de ta vie et allume les couleurs que tu possèdes à l'intérieur.
Exprime tes sentiments pour ne jamais rien perdre des beautés qui t'entourent.
Que ta joie rejaillisse sur ton entourage et abats les frontières personnelles que le passé t'a imposées.
Mais, rappelle-toi : l'unique personne qui t'accompagne toute la vie, c'est toi-même.
Sois vivant dans tout ce que tu fais !
Entoure-toi de tout ce que tu aimes : famille, animaux, souvenirs, musique, plantes, un hobby, tout ce que tu veux.
Ton foyer est ton refuge, mais n'en deviens pas prisonnier.
Ton meilleur capital, la santé. Profites-en, si elle est bonne ne la détruis pas, si elle ne l'est pas, ne l'abîme pas davantage.
Sors dans la rue, visite une ville ou un pays étranger, mais ne t'attarde pas sur les mauvais souvenirs.
Il y a des êtres qui font d'un soleil une simple tache jaune, mais il y en a aussi qui font d'une simple tache jaune, un véritable soleil.
Pablo Picasso , La recette du bonheur.
Marguerite Duras
Une réalisatrice
Un Film
Une chanson et son interprète dont la voix est très associée pour moi à Marguerite Duras
Et un lien :
Consulter le lien externe
India Song - Jeanne Moreau
On est capable d'envoyer des avions supersoniques et des fusées dans l'espace, d'identifier un criminel à partir d'un cheveu ou d'une minuscule particule de peau, de créer une tomate qui reste trois semaines au réfrigérateur sans prendre une ride, de faire tenir dans une puce microscopique des milliards d'informations. On est capable de laisser mourir des gens dans la rue.
Delphine de Vigan
il faut savoir quitter la table, lorsque l'amour est desservi, sans s'accrocher l'air pitoyable et partir sans faire de bruit. Il faut savoir cacher sa peine, sous le masque de tous les jours et retenir les cris de haine qui sont les derniers mots d'amour. Il faut savoir rester de glace et taire un coeur qui meurt déjà. Il faut savoir garder la face ...
Charles Aznavour
Les paroles d'une chanson peuvent-elles avoir autant de valeur littéraire qu'un poème ?
Dolly Parton « La poupée de l'Amérique » du Tenessee, de la Country
J'aime cette chanson par laquelle débute l'émission que vous pouvez écouter en suivant le lien suivant :
Consulter le lien externe
Au-delà de sa musique, de sa voix elle parle aussi de cette Amérique qui en est arrivée là !
Ecoutez, comme un témoignage musical.
Clin d'oeil ; en ce moment une autre américaine canadienne envahit nos médias. Avez-vous deviné son Nom ?
Je sais que je vivrai moins que ce que j'ai déjà vécu.
Je me sens comme un enfant qui a reçu une boîte de chocolats. Il savoure le plaisir de les manger et, en voyant qu'il n'en reste plus beaucoup, il commence à les déguster avec une saveur particulière.
Je n'ai pas de temps pour des conférences interminables sur le droit public, rien ne changera.
Et je ne veux pas discuter avec des idiots qui ne se comportent pas selon leur âge.
Et il n'y a pas de temps pour se battre avec le gris. Je ne participe pas à des réunions où les egos sont gonflés et je ne peux pas tolérer les manipulateurs.
Je suis agacé par les personnes envieuses qui essaient de diffamer les plus talentueux, ceux qui leur enlèvent leurs emplois, leurs talents et leurs réussites.
J'ai très peu de temps pour débattre des titres :
Mon âme est pressée.
Il ne reste que peu de bonbons dans la boîte.
Je m'intéresse aux êtres humains. Les personnes qui rient de leurs erreurs sont celles qui réussissent, celles qui comprennent leur métier et qui ne fuient pas leurs responsabilités.
Celles qui défendent la dignité humaine et qui veulent prendre le parti de la vérité, de la justice, de l'équité, de la justice.
La vie est là pour ça.
Je veux être entouré de personnes qui savent toucher le coeur des autres. La personne qui sait se relever grâce aux coups du destin et préserver la douceur de l'âme.
Oui, j'ai hâte, j'ai hâte de vivre avec l'intensité que seule la maturité peut donner.
Je vais manger tous les bonbons qui restent, ils seront plus délicieux que ceux que j'ai mangés auparavant.
Mon but est d'atteindre la fin en harmonie avec moi-même, mes proches et ma conscience.
Je pensais avoir deux vies, mais il n'y en a qu'une et il faut la vivre avec honneur.
Anthony Hopkins.
L'Homme déboula sur la Terre,
Zigouilla les bêtes,
Fissionna l'atome,
Traficota le gène,
Modifia les organismes,
Acidifia les sols,
Plastifia les mers
Et barbouilla l'atmosphère.
Tout cela en si peu de temps : quel talent !
Puis il nomma "nuisibles" ceux
qui ne participaient pas à l'entreprise.
Sylvain Tesson
En suivant le chemin qui s'appelle plus tard, nous arrivons sur la place qui s'appelle jamais.
Sénèque
Il y a des silences qui tuent plus sûrement que des coups, et des absences qui font plus de mal que les trahisons.
Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements
Il ya des clartés qui aveuglent plus que des noirceurs.
Jean-Michel Ecrivin
L'animal aime presque autant que nous le bonheur. Une crise de larmes l'inquiète, il imite parfois le sanglot, il réfléchit passagèrement notre tristesse.
Colette
La grande erreur de notre temps, cela a été de pencher, je dis même de courber l'esprit des hommes vers la recherche du bien matériel. Il faut relever l'esprit de l'homme, le tourner vers la conscience, le beau, le juste et le vrai, le désintéressé et le grand. C'est là et seulement là, que vous trouverez la paix de l'homme avec lui-même et par conséquent avec la société.
Victor Hugo
Ce mensonge constant n'a pas pour but de faire croire au peuple un mensonge, mais de s'assurer que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus distinguer la vérité du mensonge ne peut pas distinguer le bien du mal. Et un tel peuple, privé du pouvoir de penser et de juger, est, sans le savoir et sans le vouloir, complètement soumis à la règle
de mensonges. Avec un tel peuple, tu peux faire ce que tu veux.
Hannah Arendt
(14 octobre 1906 – 4 décembre 1975) historienne et philosophe.
"Dans chaque histoire d'amour fou il y a un tournant ; cela peut venir plus ou moins vite mais en général cela vient assez vite ; la plupart des couples ratent le tournant, dérapent, font un tonneau et vont s'écrabouiller contre le mur, les quatre roues en l'air.
La raison en est simple : contrairement à ce qu'on avait cru pendant les premières heures, les premiers jours, tout au plus les premiers mois de l'enchantement, l'autre ne vous a pas métamorphosé. Le mur contre lequel on s'écrase après le tournant, c'est le mur de soi. Soi-même : aussi méchant, mesquin et médiocre qu'auparavant. La guérison magique n'a pas eu lieu. Les plaies sont toujours là, les cauchemars recommencent. Et l'on en veut à l'autre de ce qu'on n'ait pas été refait à neuf ; de ce que l'amour n'ait pas résolu tous les problèmes de l'existence ; de ce que l'on ne se trouve pas en fin de compte au Paradis, mais bel et bien, comme d'habitude, sur Terre."
Nancy Huston, L'Empreinte de l'ange.
Lors des procès de Nuremberg, Hermann Göring, assis en prison, a accordé une interview dans laquelle il a déclaré entre autres :
« Les gens ne désirent pas la guerre par nature.
Quel fermier voudrait risquer sa vie, alors que son plus grand rêve est de rentrer paisiblement chez lui, à sa ferme, en un seul morceau ?
Personne ne veut la guerre, ni en Allemagne, ni en Russie, en Angleterre ou en Amérique.
C'est clair.
Mais en fin de compte, ce sont les dirigeants qui prennent les décisions. Et convaincre la société de les suivre n'est pas du tout difficile.
Peu importe s'il s'agit d'une démocratie, d'une monarchie, du communisme ou d'une dictature ».
À la remarque du journaliste
qu'en démocratie, les gens ont le droit de vote et peuvent influencer les décisions par l'intermédiaire de leurs représentants,
Göring répondit calmement :
« Cela peut être vrai, mais en réalité, on peut toujours faire en sorte que la société fasse ce qu'on attend d'elle.
Il suffit de leur faire croire qu'ils sont menacés, et d'accuser ceux qui appellent à la paix de manque de patriotisme et de nuire au pays.
Ce mécanisme fonctionne toujours ».
(18 avril 1946, extrait de l'interview cité dans le livre *« Journal de Nuremberg »*)
Ça vous semble familier ?
Ne vous rappelle-t-il pas certains schémas contemporains ?
Bożena Gadomska.
- Arrête de donner de ton amour à ceux qui ne sont pas prêt à t'aimer.
Laisse partir de ta vie les gens qui ne sont pas prêt à t'aimer.
La vérité, c'est que tu n'es pas tout le monde. Et que tout le monde n'est pas pour Toi.
C'est ce qui rend ce monde si spécial, quand tu trouves les quelques personnes avec qui tu as une amitié, un amour ou une relation authentique.
Tu sauras à quel point c'est précieux.
Parce que tu as expérimenté ce qui ne l'est pas.
Mais plus tu passes de temps à essayer de te faire aimer de quelqu'un qui n'en est pas capable.
Plus tu perds de temps à te priver de cette même connexion.
Ce n'est pas de l'amour. C'est de l'attachement. C'est vouloir donner une chance à qui n'en veut pas !
La chose la plus précieuse et la plus importante que tu as dans ta vie, c'est ton énergie.
Ce n'est pas que ton temps puisqu'il est limité... C'est ton énergie !
Ce que tu donnes chaque jour est ce qui se créera de plus en plus dans ta vie.
Quand tu te rends compte de ça, tu commences à comprendre pourquoi tu es si impatiente quand tu passes ton temps avec des gens qui ne te conviennent pas, et dans des activités, des lieux, des situations qui ne te conviennent pas.
Tu commenceras à réaliser que la chose la plus importante que tu peux faire pour ta vie, pour toi-même et pour tous ceux que tu connais, c'est protéger ton énergie plus farouchement que n'importe quoi d'autre.
Fais de ta vie un refuge sûr, dans lequel seules les personnes "compatibles" avec toi sont autorisées.
Décide que tu mérites une amitié réelle, un engagement véritable et un amour complet avec les personnes qui sont saines et prospères.
Puis attends, juste pour un moment.
Et regarde à quel point tout commence à changer.
Anthony Hopkins
Je pense arrêter ce sujet sur le forum car très peu de suivi et d'interaction.
Si vous avez des idées pour continuer , merci de me l'écrire en utilisant la touche commenter.
Cela me permettra de savoir qui sont les personnes qui suivent ;)
Cordialement
Yvan
N'arrêtes pas car tes deux sujets sont soit des moments de réflexion soit des moments de rires et sourires
Amitiés.
Ce sujet est l'un des rares que je suis avec grand plaisir et qui me fait sourire ou réfléchir.
Je me sentirais alors un peu orpheline sniff...
Je suis ce sujet, j'ai plein de trucs en réserve que je voudrais partager, mais je n'ai pas assez le temps d'une part et tout comme vous je me demande si cela intéresse.
En réalité nous n'avons aucune idée du nombre de personnes qui lisent ce sujet. C'était la même chose pour d'autres sujets disparus et regrettés.
CES PAROLES :
Il me semble assez clair que ces textes sont choisis où écrits par des gens qui ont vécus et qui ont lus.
Ce qui touche les lecteurs (me semble-t-il) c'est de lire en quelques phrases, quelques mots, des émotions ressenties au cours d'expériences de vie communes à Tous.
Il me semble encore que les commenter demande du temps et aussi de l'audace, c'est un peu se confronter à des « Monuments ».
En lisant tous ces textes, nous pensons souvent :
« Ok ! rien à dire de plus ! »
« Et ça fait réfléchir ! »
« Oui on peut voir les choses comme lui »,
« Et moi ? j'aurais fait quoi à sa place ?
A VOUS LECTEURS ,
CES TEXTES TRANSMETTENT DES SAVOIRS, DES EXPERIENCES SUR LESQUELS NOUS CONSTRUISONS NOTRE SOCIETE, NOTRE VIE COMMUNE ET SAVOIRS-VIVRE. ILS NOUS INCITENT A REFLECHIR, A FAIRE UN RETOUR SUR SOI.
Et… et… et… CEUX qui viennent sur le site, viennent ici avant tout (me semble-t-il !) pour échapper aux problèmes existentiels
Je dis à tous qui lisent ce sujet : « OSEZ ! » Enrichissez, commentez, encouragez… poliment !
Par vos Encouragements, vous faites oeuvre utile.
Je m'adresse à toi aussi Yvan,
NOUS DEVRIONS NOUS ORGANSER MIEUX, NOUS RASSEMBLER POUR ANIMER MIEUX :
- Nous pourrions peut-être pour prendre des relais.
-La richesse et le contenu souvent dense des textes impliquent que leur publication peut être espacée dans le temps. (Trouver un rythme par ex : deux fois par semaine : le mardi et le vendredi par ex) ? Dans le genre Lundi c'est Ravioli Jeudi c'est Yvan etc
-La présentation pourrait aussi s'inspirer de celle des news pour hiérarchiser les interventions ?
MAIS RIEN de possible sans vous, Monsieur l'administrateur. Allez ! j'ose ! Sans vous, Simon !
Je comprends bien que ce sujet n'appartient pas à vos urgences du moment.
Mais, nous sommes là !
Encouragez Yvan et les joueurs à publier dans cette rubrique.
Dites-nous qu'il y a sur ce site UNE PLACE POUR NOUS QUI AIMONS JOUER et nous RENCONTRER AUSSI autour de sujets qui permettent de mieux s'apprécier.
Aidez la partie culturelle du site à continuer ici, alors que partout elle est appauvrie et cantonnée. (Lire le post de Mémoire).
La notion d'AMI semble importante pour le site, QU'EST-CE UN AMI POUR LE SITE ? Entendez-nous !
Enfin,
Trop occupée en ce moment …mais :
Hier, j'ai fait une nouvelle visite de la maison de Colette à Saint-Sauveur. Dans un prochain post …
L'amitié … Colette et Marguerite Moreno …Mais tant d'autres aussi.
Bonne journée à toutes et tous
Tu veux bien corriger mes fautes...j'en ai vu des grosses ...cherche STP.
Merci, et ne mange pas trop de caramels au beurre salé
Tu me lâches !!!! et tu veux ne veux pas me "corriger" ?
Je vais être obliger de convoquer "Claude", l'IA qu'est pas ma copine !!!
Et p'i elle sait pas faire grand chose,
Pas même foutue de repérer les fuites d'eau partout ...
ça coule sur la route, ça descend la côte et y-a plus d'eau au robinet !
Maintenant y-a un creux sur la route (pourquoi un X à la fin de creux ?).
Et hier de nouveau la GRANDE coupure ... canalisation pétée du côté de S.
L'IA a rien vu...
En plus faudrait qu'on l'informe ! faudrait qu'on la nourrisse !!!
Bonne journée,
J'aurais écrit : je n'ai pas assez de temps.
Je suis un grand lecteur mais mes livres préférés sont pour moi des occasions d''onirisme tel la nuit des temps de Barjavel.ainsi qu'apprendre inanité de la vengeance dans le Comte de Monte-Cristo.
Ecrire ? Oui, c'est un sacré travail ... qui trouve son origine dans la cervelle des humains on ne sait pourquoi ?
Est un sacré travail !
Merci d'avoir répondu...
J'ai lu Barjavel ....ça se passait sous terre ... et maintenant les nouveaux mondes sont dans l'espace intersidéral ...je crois !
Ce domaine n'est pas mon truc ...trop désincarné
Mes publications ne seront plus quotidiennes , mais grâce au suivi , on sera averti de chaque nouveauté.
De plus je vis en Côte d'Ivoire et la 4G se transforme souvent en H +.
Ici les coupures de courant et de wifi sont fréquents, à cela ajouter les bugs du site en pleine rénovation nécessaire et oh combien réjouissante .
Bref on continue mais ensemble !
Merci à Mémoire 88 , pour ses jolies publications fabuleuses et aussi aux voyeurs ;)
- Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d'imbéciles qui, avant, ne parlaient qu'au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite alors qu'aujourd'hui ils ont le même droit de parole qu'un prix Nobel. C'est l'invasion des imbéciles.
Umberto Eco
Si votre salaire ne suffit qu'à manger et dormir, ce n'est pas un travail ; autrefois, on appelait cela de l'esclavage.
George Orwell
Si les gens ne savent pas bien écrire, ils ne sauront pas bien penser, et s'ils ne savent pas bien penser, d'autres penseront à leur place.
George Orwell
"esprit d'ouverture" : " Nous sommes dans un moment Orwellien .."
Ecoutez pourquoi.
Ceci est une bonne idée Yvan,
Merci d'apporter " une continuité " à ce fil de partage. La constance ...c'est difficile ...
